Il s'agit du roman le plus connu de cette auteure britannique, paru en 1938.

 

Rebecca

 

Un récit envoûtant par son atmosphère tendue, lourde de non-dits, son cadre tour à tour enchanteur et inquiétant, ses personnages complexes et nimbés de mystère... 

« C'était Manderley, notre Manderley secret et silencieux comme toujours avec ses pierres grises luisant au clair de lune de mon rêve, les petits carreaux des fenêtres reflétant les pelouses vertes et la terrasse. Le temps n'avait pas pu détruire la parfaite symétrie de cette architecture, ni sa situation qui était celle d'un bijou au creux d'une paume. » (p. 6)

Le titre est trompeur ; là où l’on s’attend à découvrir Rebecca, on découvre le récit à la première personne d’une jeune femme (dont on ignore le prénom, sauf oubli de ma part), dame de compagnie de la tyrannique et ridicule Mrs Hopper à Monte-Carlo. Cette jeune femme, qui est, d’après ses propres dires, inintéressante et insignifiante, va faire la connaissance de Maxim de Winter, un riche Anglais de quarante-trois ans, séduisant mais mystérieux et empreint de tristesse. Contre toute attente, ce dernier la demande en mariage. La narratrice va alors découvrir une vie oisive au domaine de Manderley, sur lequel plane le fantôme de Rebecca, l’épouse défunte de Maxim, apparemment auréolée de toutes les qualités imaginables. Mais elle va très vite être en butte à l’hostilité sourde de Mrs Danvers, la femme de charge et éprouver bien des difficultés à trouver sa place dans cet univers si différent du sien, organisé par et pour Rebecca, objet d’admiration, voire d’adoration, de tous ceux qui l’ont connue. « Ses pas résonnaient dans le corridor, son parfum traînait dans l'escalier. Les domestiques continuaient à suivre ses ordres, les plats que nous mangions étaient les plats qu'elle aimait. Ses fleurs préférées remplissaient les chambres. Rebecca était toujours maîtresse de Manderley. Rebecca était toujours Mme de Winter. » (p. 226)

La grande originalité de ce récit réside dans l’absence du personnage éponyme puisque Rebecca est décédée depuis un an au début du récit. Pourtant sa présence est obsédante et son portrait s’esquisse peu à peu en creux, à travers ses objets, ses connaissances et les habitudes qu'elle a imprimées à la maisonnée. D’une lecture très fluide, ce roman nous projette dans les méandres des réflexions de la narratrice, une jeune femme timide et complexée qui ne cesse de se comparer à Rebecca, accentuant ainsi la sensation de malaise qui émane de la plus grande partie du roman. Ce livre est pour tous ceux qui, comme moi, sont friands de demeures anciennes, de secrets, de mystère et de folie...

Si je n'ai pas été vraiment surprise par le dénouement puisque j'ai vu il y a quelques années l'adaptation très fidèle d'Hitchcock, je pense cependant qu'il saura dérouter ceux qui l'ignorent. J'ai passé un très bon moment à Manderley et je vous en conseille vivement la lecture.^^ J'avais commencé et lâchement abandonné il y a quelques années La maison sur le rivage du même auteur ; je n'avais pas réussi à entrer dans son univers. Ça vaut peut-être le coup de retenter l'aventure ?!

Voici ma première lecture commune avec C'era una volta, dont je vais de ce pas lire le billet^^

Ci-dessous, un extrait du film (en VO), pour vous plonger un peu dans l'atmosphère inquiétante du roman...