Première incursion pour moi dans l'univers d'Anne Perry, reine du polar victorien.

Buckhingham palace gardens

Une soirée organisée par le Prince de Galles tourne mal. Une prostituée est retrouvée mutilée dans un placard à linge de la résidence royale londonienne. Pitt et Narraway, inspecteurs de la « Special Branch » doivent mener l'enquête en toute discrétion afin d'éviter le scandale. Pour ce faire, Gracie, la bonne de Pitt, est recrutée au palais afin d'ouvrir l’œil. Mais elle doit aussi apprendre à se plier à une étiquette rigide et assimiler en peu de temps les mille et une subtilités du métier. Comment servir à table ? Comment nettoyer une cheminée en marbre ? Comment s'intégrer au corps des domestiques sans se faire d'ennemis ?

C'est un plaisir de se promener dans les couloirs de Buckingham, même s'il ne s'agit « que » de l'aile des invités et que la reine Victoria prend l'air à Osborne. Un plaisir aussi d'entrer en catimini dans la chambre des belles dames d'antan. « La chambre de Mrs Quase respirait la féminité. Il y avait beaucoup de parfums et de peignes décoratifs, de ravissants mouchoirs, des brosses d'argent et des flacons de crèmes et d'onguents en cristal. » (p. 84)

Mais au-delà des belles parures et des dentelles, c'est surtout l'évocation d'un univers sordide où une épouse ne doit pas s'étonner, encore moins s'indigner que son mari s'offre les services d'une courtisane. Et si je n'ai pas trouvé l'intrigue haletante (mais il faut dire que je suis difficile en ce moment...), l'atmosphère est agréable. Anne Perry nous livre un huis-clos surprenant dans un décor de rêve, une belle manière de terminer le mois anglais !

« Les murs étaient tendus de brocarts d'un jaune vif en complète harmonie avec les sofas et les élégants fauteuils à dossier droit, ainsi qu'avec les rideaux des énormes fenêtres qui atteignaient presque le plafond ouvragé bleu et blanc. A chaque extrêmité du manteau blanc de la cheminée, une grande lampe de couleur bleue donnait à la pièce une charmante impression d'ensoleillement. Le tapis était brun-roux et bleu pâle. » (p. 42)

The Love Letter, Joseph Frederic Soulacroix

Nouvelle participation au mois anglais !

Le mois anglais