J’ai découvert Wild par hasard, parce que c’était la lecture du Book Club de juillet sur Livraddict et je me suis laissé tenter. Et j’ai bien fait ! C’est la lecture qui m’a le plus enchantée cet été.

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Dans les années 90, à vingt-six ans, Cheryl Strayed, qui se trouve dans une mauvaise passe – deuil brutal, divorce, solitude, drogue -, se lance un pari fou : randonner seule à travers le Pacific Crest Trail, le chemin des crêtes qui traverse les Etats-Unis. Sans aucune expérience. Pour redonner du sens à son existence et prendre un nouveau départ. Trois mois de marche dans des conditions extrêmes, du désert des Mojaves aux cimes enneigées de la Sierra Nevada au Pont des Dieux en passant par Crater Lake pour ne citer que quelques noms.

S’il y a quelques longueurs à mon goût – notamment des détails sur la vie privée de l’auteur dont je me serais passée -, elles contribuent cependant à expliquer la genèse de son projet. Le style, assez simple, est traversé ici et là de jolies formules. Cheryl est sensible à la beauté de la nature et parvient à transmettre ses émotions. La facilité avec laquelle elle parle d’elle-même, son auto-dérision permettent d’établir rapidement un lien de confiance avec le lecteur. J’ai apprécié cette connivence et me suis retrouvée dans certaines situations, à ceci près que je n’aurais jamais le cran d’entreprendre une randonnée toute seule bien évidemment, notamment un périple de cette ampleur.

On découvre à travers la plume de Cheryl de magnifiques paysages, des animaux et des espèces végétales insoupçonnés – pour moi en tout cas ! Mais aussi les difficultés et les dangers qui guettent le randonneur : le manque d’eau, le poids des provisions, le risque de se perdre, la solitude au cœur d’une nature pas toujours accueillante… J’ai pris plaisir aussi à découvrir des astuces : le purificateur d’eau, la poche d’eau, etc. Enfin, l’authenticité qui traverse le récit, dans les réussites comme dans la souffrance, donne l’impression de randonner aux côtés de l’auteure – dans des conditions optimales bien sûr…

Ce récit m’a fait voyager bien sûr, souvent rire, il m’a émue aussi. Je vous le conseille chaudement ainsi que le film avec Reese Witherspoon…

***

« Comment pourrais-je porter un sac sur plus de mille cinq cents kilomètres, à travers des montagnes accidentées et des déserts arides, si je ne parvenais même pas à le déplacer d’un millimètre dans une chambre climatisée ? »

« Je me sentais horriblement mal, mais peut-être que c’était ça, être un randonneur. »                           

« Je me suis dit que c’était le moment rêvé pour prendre une photo, mais, pour récupérer mon appareil, il aurait fallu que je détache tellement de tendeurs et d’objets que je n’avais même pas le courage d’essayer. »

« En fait, ça avait nettement plus de rapport avec l’enfer qu’avec la marche à pied. »

« Malgré la torture que j’endurais, je remarquais par moments la beauté du paysage, je m’émerveillais des petites choses comme des grandes : la couleur d’une fleur du désert au bord du chemin, l’immense étendue du ciel où le soleil descendait derrière les montagnes. »

« Je me trouvais à une altitude de mille deux cents mètres, comme suspendue en plein ciel. A l’ouest, le soleil descendait sur le paysage vallonné dans un camaïeu de rose et d’orange : à l’est, la vallée désertique s’étendait à l’infini. »

« Le chagrin n’a pas de visage. »

« Airelles, myrtilles, framboises jaunes et mûres poussaient à profusion au bord du chemin. »

Cheryl Strayed sur le PCT

Wild

 

Reese Witherspoon dans le rôle de Cheryl en 2015

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Crater Lake dans l'Oregon

Le pont des dieux

 

 

 

Nouvelle participation au challenge de Sofynet, 50 états, 50 billets : Pennsylvanie.

Participation au mois américain chez Titine

Mois américain (+ projet 50 états)