Tiré à quatre épingles est le dernier roman de Pascal Marmet, paru en mai 2015.

Tiré à 4 épingles

Paris, de nos jours. L'ex-femme d'un préfet est retrouvée assassinée dans sa belle demeure, entourée de la collection d'art africain de son époux. Or, ce dernier a lui-même trouvé la mort quelques mois auparavant. Coïncidence ? C'est au commandant Chanel, assisté de deux jeunes commissaires-stagiaires et encouragé par les bons petits plats de sa nouvelle amie Salomé, qu'il incombe de découvrir la vérité, tout en se documentant sur les rituels africains...

 Le point fort de Pascal Marmet, donner corps à des personnages bien dessinés, palpitants de vie, conscients de leurs faiblesses et de leurs forces, en quelques lignes. Des personnages attachants et souvent solitaires, auxquels on s'identifie facilement. On ne peut qu'apprécier le duo détonant composé du taciturne commandant Chanel et d'une jeune marginale qui a le verbe haut.

C'est aussi une plongée dans l'univers parisien dans toute sa diversité : de la vie secrète qui anime la gare de Lyon au déroulement d'une enquête à la P.J (la procédure, la formation des commissaires-stagiaires, les relations professionnelles) en passant par le marché de l'art. Un univers sombre, mais crédible.

Les développements consacrés à l'art africain m'ont particulièrement intéressée : j'ai apprécié que l'intrigue ne ferme pas la porte à la spiritualité mais laisse planer le doute quant à une possible permanence de rites magiques ancestraux que l'on pourrait croire évanouis. « La sorcellerie n'a pas disparu, monsieur le commandant, elle s'est juste adaptée au progrès économique et politique. » On sent une documentation solide et des recherches pointues dans ce domaine.

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 « Quel lien pouvait réunir un ex-préfet collectionneur, une épouse aussi belle que vénale, un expert homosexuel affairiste en art primitif, un scultpeur copiste et des fétiches auxquels on prêtait un pouvoir démoniaque ? »

 « Le monde invisible est peuplé de sorciers, magiciens, féticheurs, marabouts, guérisseurs, sangomas, ngangas et autres ndokis, qui sont une donnée incontournable de la vie privée et publique de ce continent. » p. 136

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Merci à l'auteur pour ce bon moment de lecture !

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Première participation au challenge de Sharon, Thriller et Polar !

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