Dans le premier tome, le lecteur faisait connaissance avec Hadrien, un jeune homme un peu perdu qui s'ennuyait dans le domaine familial en Haute-Loire. Jusqu'au jour où il dénichait un journal ayant appartenu à Colombe, une jeune fille de seize ans, employée dans ce même domaine, en 1896. Mais Hadrien découvrait avec effroi qu'un tueur en série sévissait à ce moment-là, et que Colombe était vouée à mourir sous ses coups...

 

Etrangers du temps

 

Dans le tome 2, Hadrien se réveille sans comprendre dans la chambre de Colombe, en 1896. Il rencontre enfin la jeune fille qui le hantait à travers ses écrits. Il tente de s'adapter à son nouvel univers, avec difficultés car c'est une vie tout autre qui s'offre à lui, rude, austère, nettement différente de ce qu'on pourrait imaginer. Le contraste entre le monde contemporain, d'où vient Hadrien, et la vie au XIXème siècle est violent. Nul ne s'étonnait de voir des filles très jeunes se prostituer, des enfants travailler comme domestiques, des scènes de crime souillées et des enquêtes bâclées quand la victime n'appartenait pas à la bonne société. Ce qui est intéressant aussi, c'est d'assister aux premières velléités de méthodes scientifiques dans la résolution des crimes : autopsie, relevé d'empreintes... Méthodes qui avaient peu d'adeptes à ce moment-là.

Les époques se croisent et se rencontrent parfois. Parallèlement aux mésaventures d'Hadrien, le lecteur assiste aux expériences étranges du marquis Di Belmonte ce qui instille une touche d'ésotérisme supplémentaire à l'ensemble. Enfin, à notre époque sévit un tueur en série qui semble s'inspirer des crimes commis il y a de cela un siècle..

 

Je ressors enchantée de ce tome 2, plus sombre, plus complexe que le premier, où les divers éléments de l'intrigue commencent à s'assembler sans pour autant livrer tous leurs secrets...

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p. 111 « Ce n'était pas beau, c'était dantesque. Plus il avançait et plus il lui semblait pénétrer dans un livre d'images duquel il était en train de prendre possession des pages. »

p. 214 « Qui était donc ce meurtrier qui reproduisait à s'y méprendre, et à l'identique, des homicides commis plus de cent ans auparavant ? »

p. 404 « Coutumes ancestrales... comme celles de ne pas couper les ongles d'un bébé avant un an afin qu'il ne devienne pas un voleur, de ne pas le mettre devant un miroir afin qu'il ne voie pas des fantômes, d'enterrer le cordon d'un garçon au pied d'un rosier afin qu'il se porte bien ou de garder celui d'une fille afin qu'elle le coupe en morceaux et devienne adroite de ses mains. »

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Nouvelle participation au challenge de Sharon, Thriller et Polar !

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