Je scrute fébrilement et régulièrement les dernières parutions de mon auteur fétiche, Alexander McCall Smith dans l'espoir d'y découvrir le dernier tome de la série Isabel Dalhousie. Et par chance, les éditions des Deux Terres m'ont justement contactée pour me proposer Les voies du bonheur sont imprévisibles, ça ne pouvait pas tomber mieux !

 

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Me voilà donc de retour à Edimbourg, dans la confortable maison victorienne d'Isabel, de son musicien de mari Jamie, et de leur petit Charlie, qui a bien grandi. Pendant quelques jours, j’ai partagé leurs vies et leurs petits tracas. Juste quelques jours, parce que je l’ai dévoré comme les précédents…

Dans ce nouvel opus, Isabel se trouve nez-à-nez, à son grand dam, avec ses « ennemis jurés », alias les professeurs Lettuce et Dove, qui semblent mijoter quelque chose. D'autre part, Isabel est sollicitée pour venir en aide à Kirsten, dont le petit garçon est hanté par des réminiscences d'une vie antérieure. Il n'en faut pas plus pour qu'Isabel prenne les choses en main et décide de retrouver les traces d'une famille ayant vécu dans une maison ancienne sur une île, près d'un phare...

Comme toujours, on s'identifie facilement à Isabel et à ses inquiétudes. Elle a beau être philosophe, elle n'en est pas moins humaine, et c'est amusant de la voir tiraillée entre des sentiments inavouables (envers ses collègues Lettuce et Dove) et sa conscience morale. Sa nièce Cat se fait plus discrète dans ce volume, mais c'est finalement tant mieux car je trouve qu'elle devient franchement antipathique. Enfin, la vie du couple prend un tournant décisif mais je n'en dis pas plus...

Ce qui fait tout le sel de cette série, ce sont les discussions à bâtons rompus sur des sujets variés, qui sont souvent prétextes à de savoureux aphorismes d'un nouveau genre : « Le porridge, ça rapproche. » (p. 15). Ou encore des questions pour le moins surprenantes, toujours teintées d'humour british : « Elle se tourna vers Eddie et faillit lui demander s'il pensait que Dieu préférait les blondes, mais elle s'arrêta à temps. » Tout est support à la réflexion, que ce soient les lions du zoo d'Edimbourg (un lion est-il réellement capable de sympathiser avec un humain?) ou même Babar (l'absence d'empathie chez certains humains).

 La magie des paysages écossais est toujours présente : « La mer du Nord, froide et bleue, qui baigne cette côté déchiquetée évoque irrésistiblement la position stratégique de l'Ecosse, ultime poste-frontière européen dans un paysage de vastes ciels dégagés, balayés d'embruns, où la terre ferme semble passer au second plan. »

 Bref, la formule reste relativement inchangée, mais c’est ce que j’aime, et j’espère pouvoir suivre la petite bulle de bonne humeur de Merchiston pendant longtemps…

 Merci encore aux éditions des Deux Terres pour ce doux moment de lecture !

Et une pensée pour Grignoteuse de pages qui, elle aussi, aime beaucoup cet univers !

Par ici, l'avis de Nahe !

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« L'imagination est une plante délicate qui a besoin, pour pousser, du terreau des contes de l'enfance. » (p. 55)

« Le problème avec le monde des esprits, c'est le manque de précision : on n'obtient que des suggestions obscures, impossibles à vérifier. » (p. 110)

« La quiche semble finalement la clé de beaucoup de choses. » (p. 114)

« Les voies du cœur humain sont d'une opacité parfois byzantine et il est dangereux de sous-estimer sa capacité de ressentiment. » (p. 133)

« Je ne vais pas laisser un moment proustien me priver de ma madeleine. » (p. 186)

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