Michel Pastoureau, déjà « rencontré » à travers la lecture du Petit livre des couleurs, propose de se raconter dans cet ouvrage paru en 2010. Se raconter à travers un biais particulier, celui des couleurs, dont il est l'historien.

Les couleurs

A travers des anecdotes variées, il parvient à balayer un nombre de sujets incroyables : des couleurs considérées comme subversives dans les établissements scolaires des années 50 à l'histoire du jean, de la peur du chat noir aux pigments utilisés par Vermeer en passant par les couleurs de l'héraldique... L'orthographe des adjectifs de couleur, la robe des chevaux, le Petit Chaperon rouge, les bonbons, les couvercles de pots de yaourts, les tee-shirts sur les terrains de sport, le ticket de métro... . Michel Pastoureau n'hésite pas à se dévoiler avec beaucoup d'autodérision, sous l’œil complice et amical du lecteur.

Bien sûr, l'analyse historique prend souvent le pas sur l'anecdotique, mais c'est bien l'objectif. Partir d'un fait isolé, d'un souvenir, pour en étudier la symbolique, la cohérence, l'inconscient parfois qui se cache derrière.

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C'est un livre passionnant, qui se déguste jour après jour… et qui donne envie d’en apprendre plus sur les blasons…

 p. 195 « Les mots ont des pouvoirs chromatiques infinis. N'importe quel adjectif associé à n'importe quel terme de couleur donne à cette couleur une nuance particulière et l'inscrit dans une palette bien plus onirique que tous les nuanciers produits par la science ou par l'industrie. »

p. 173 « Le blason n’emploie de manière courante que six couleurs, qui portent dans la langue française des noms particuliers : or (jaune), argent (blanc), gueules (rouge), sable (noir), azur (bleu) et sinople (vert). »