« Monet aurait adoré ma table sur la terrasse, avec son gros bouquet de coquelicots et de lavande, et ses bougies fichées dans d'anciennes lanternes de bateau. » (p. 82)

 Afficher l'image d'origine

Mille jours en Toscane est une œuvre en partie autobiographique. Marlena de Blasi, auteure de trois récits et de deux livres de cuisine, raconte des bribes de son histoire, tout en évoquant des personnages ficitfs inspirés de son entourage.

Un beau jour, Marlena et son époux Fernando décident de changer de vie du tout au tout. Ils quittent alors Venise pour s'installer dans un petit village toscan où ils sont accueillis à bras ouverts par la commmunauté. Commence alors une année d'échanges riches et authentiques, où la gastronomie typique et l'amitié occupent une place de choix. Promenades dans la nature, vendanges, récolte des olives… « Le déjeuner et le dîner représentent ici une forme de messe qui serait dite deux fois par jour. » (p. 178)

C'est un pur régal d'évoluer dans la campagne toscane et de goûter aux spécialités culinaires de San Casciano même si ce n'est qu'à travers mots. Plaisir des mots qui peut facilement se décliner en plaisir des papilles puisque tous les chapitres ou presque s'achèvent par une recette, sans parler de toutes celles qui sont évoquées au fil des pages et qui mettent l'eau à la bouche !

Marlena et Fernando adoptent un mode de vie quasiment ancestral et renouent avec les plaisirs simples.Et je les envie… « Je crois que j'apprends ici à vivre agréablement, peu importe si j'ai peu ou beaucoup à ma disposition. L'approche est essentiellement la même. Ce qu'il faut, c'est redéfinir la notion d'abondance, qui peut être un litre d'huile fraîchement pressée. » (p. 180)

Ici, ce n'est pas l'intrigue qui prime mais la douce atmosphère villageoise et le parfum de la cuisine d'antan… Marlena s'exprime volontiers en italien et la présence de cette belle langue chantante ajoute encore au charme du récit.

La cuisine comme thérapie, j'applaudis : « Et toujours comme vous, elle a cru qu'une bonne miche de pain, confectionnée de ses mains, aidait à résoudre bien des problèmes. »

En vrac, pour les gourmands : de la marmelade de poires et du gingembre confit, crostini, bruschette, pici, prosciutto et salami, polpettone, faraona, panna cotta, beignerts de fleurs de courgette, caffè corretto...

Une pensée pour Nath qui, comme moi, apprécie les livres gourmands !

***

p. 95 « La vendemmia est l'événement le plus important de l'année pour un fermier toscan. La culture de la vigne est la plus ancienne de toutes, en Italie, et s'y mêlent des rites païens et chrétiens. »

p. 99 « On y a disposé de grosses miches de pain, des roues entières de pécorino et un énorme salami typiquement toscan, parfumé au fenouil sauvage. »

p. 109 « Les conserves, c'est comme les baisers, on ne sait jamais où ça peut vous mener. »

p. 220 « Tous deux m'ont transfusé leur douleur. »

p. 222 « Dans la vie, à peu près rien n'arrive par accident. »

San-Casciano-Tuscany-Italy