Ceux qui me suivent un peu savent que je nourris une passion particulière pour le Titanic (j'ai même un onglet consacré à cette thématique dans le menu horizontal). J'avais donc hâte de savoir ce que me réservait La petite couturière du Titanic, un roman de Kate Alcott paru en avril dernier en France.

Couturière

Avril 1912, la jeune anglaise Tess Collins renonce à sa place de femme de chambre à Cherbourg pour tenter sa chance en Amérique. Sur le quai d'embarquement, elle fait la connaissance de la célèbre créatrice de mode Lucile Duff Gordon et parvient à se faire engager, mettant en avant ses propres capacités de couturière. Mais bien sûr, le navire sombre dans des conditions dramatiques, la probité de Lucile lors de cette fameuse nuit va être mise en cause, et Tess va devoir choisir son camp.

Naturellement, le roman mêle fiction et réalité. Si Tess est le fruit de l'imagination de l'auteure, Lucile Duff Gordon, Ismay, les Astor et Mr. Hoffman, alias Michel Navratil (cf. Les enfants du Titanic d'Elizabeth Navratil) ont bel et bien existé et ont vu leur vie bouleversée par le naufrage, comme tant d'autres. Fiction ou réalité concernant le caractère de Lucile ? Difficile à dire. Dans le récit en tout cas, elle paraît franchement antipathique malgré quelques brèves manifestations de vulnérabilité.

Tess a un caractère bien trempé. Elle est bien décidée à gravir les échelons de la société et à montrer l'étendue de ses talents. En revanche, la romance m'a moins séduite. Voir l'héroïne tiraillée entre le beau quadragénaire fortuné et le jeune homme humble mais rassurant et plein de bon sens m'a semblé convenu. Finalement, celle qui mériterait un roman à elle toute seule, c'est la journaliste Pinky Wade (personnage a priori fictif). Indépendante et féministe, je lui ai trouvé plus de charisme et d'intérêt.

 Le danger avec ce genre de récit, c'est la possible redondance avec tout ce qui a déjà été écrit sur le sujet. Heureusement, la traversée sur le Titanic est racontée avec suffisamment de précision pour que le lecteur parvienne à se sentir à bord, mais sans être répétitif par rapport aux autres romans que j'ai lus. Et le récit nous mène bien après le naufrage, aux auditions de l'enquête diligentée à New York pour faire le point sur les circonstances du naufrage et éclaircir l'attitude de certains passagers dans les canots de sauvetage. L'auteure a même retranscrit certains éléments des procès-verbaux que je ne connaissais pas.

Un roman qui ne va pas forcément me marquer dans le temps mais que j'ai pris beaucoup de plaisir à lire.

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"Elle souleva le couvercle de la malle dont elle tira précautionneusement des vêtements, frissonnant au contact des tissus soyeux et aériens de l'occupante de la cabine A220. Elle avait le sentiment de plonger la main dans une crème mousseuse. Des étoffes inconnues, aussi délicates que des toiles d'araignée, de couleur argentée, dorée, bleu océan, toutes savamment drapées et arrangées."