Premier roman de l'écrivaine suédoise Katarina Bivald, paru en 2015.

Bibliothèque

 Sara Lindqvist, une jeune Suédoise de 28 ans, arrive dans l'Iowa afin d'y rencontrer Amy Harris, avec laquelle elle entretient une correspondance autour d'une passion commune, la lecture. Mais lorsque Sara arrive sur les lieux, elle apprend avec stupéfaction qu'Amy est décédée quelques jours plus tôt. Ebranlée par la nouvelle, elle décide néanmoins de rester deux mois comme prévu, entourée de la sollicitude des habitants de Broken Wheel. Sans attaches, effacée, ayant perdu son emploi à la librairie quelque temps plus tôt, Sara est à la recherche d'un nouveau souffle, qu'elle ne va pas tarder à trouver dans cette petite ville perdue mais pleine de charme, enfin, à sa manière… A fin de se rendre utile, Sara décide d'ouvrir une librairie (à but non lucratif) en puisant dans l'impressionnante bibliothèque d'Amy. Librairie qui va devenir le cœur de la ville et infléchir le destin d'un certain nombre d'habitants.

 C'est un bel hommage à la littérature et à la passion des livres. Sara vit par procuration et considère ses personnages préférés comme des amis, peu importe qu'ils aient existé ou non. P. 16 « Sara n'avait jamais cru qu'il fallait rencontrer les gens pour pouvoir être amis – nombre de ses relations les plus enrichissantes s'étaient nouées avec des personnes qui n'existaient même pas [...] »

J'ai découvert avec plaisir que j'avais vibré avec les mêmes romans que Sara, des titres mondialement connus qui créent une connivence avec le lecteur : p. 29 « D'autres étaient peut-être coincés dans un lycée gris de Haninge, mais elle, elle avait été une geisha au Japon, avait erré en compagnie de la dernière impératrice de Chine dans l'atmosphère oppressante de la Cité interdite, avait grandi avec Anne et les autres dans la maison aux pignons verts, connu son lot de meurtres et perdu des êtres chers avec les classiques. »

Mais les livres ne sont pas importants que sur le plan spirituel. Ils ne permettent pas seulement de s'échapper et de rêver, de rencontrer des amis virtuels, mais ils s'incarnent aussi physiquement avec leur odeur, leur texture, leurs couleurs… P. 400 « Tu sens ? L'odeur des livres neufs. Des aventures pas encore lues. Des amis dont on n'a pas encore fait la connaissance, des heures d'escapade hors de la réalité qui attendent. »

On rencontre aussi des notions intéressantes sur l'histoire du livre, notamment le format poche des éditions Penguin ainsi que sur le concept de feel good, une amusante mise en abîme !

C'est donc tout ce qui a trait au monde des livres qui m'a plu. Pour le reste, je trouve que l'intrigue est un peu trop légère et cousue de fil blanc, même pour un feel good. Bien sûr, les personnages sont attachants (George notamment, l'alcoolique repenti qui se découvre une passion pour Bridget Jones) et l'ensemble est rafraîchissant, mais il manque une petite étincelle… Ce livre me laissera surtout le souvenir d'une joyeuse ode à la lecture. En résumé, un séjour agréable dans l'Iowa, mais sans plus.

 

Littérature suédoise