« Nous sommes peut-être venus pour coloniser cette planète encore primitive habitée par des êtres grossiers au niveau de conscience balbutiant. » (p. 275)

DEmain les chats

Bastet, une minette au pelage noir et blanc, vit avec sa « servante », Nathalie. Grâce aux bons offices de son voisin Pythagore, un vieux siamois, elle découvre progressivement le monde qui l'entoure. En effet, celui-ci est doté d'un « Troisième Oeil », un port USB qui lui permet d'acquérir et de stocker un grand nombre de connaissances sur les civilisations et le mode de vie humains. Mais le contexte tourne bientôt à l'apocalypse ; au terrorisme fait suite une guerre civile où même les proches de Nathalie deviennent ses ennemis. C'est bientôt une lutte pour la survie qui s'engage. Le monde animal lui-même finit par être complètement bouleversé, un peu comme dans la série Zoo, où animaux sauvages et domestiques communiquent pour s'entraider, où la proie dévore son prédateur.

 L'originalité de ce roman réside dans le fait que l'action est appréhendée à travers le regard de Bastet ; l'univers des humains, d'abord étrange et traduit naïvement dans son langage, est peu à peu apprivoisé. Il y a quelques touches d'humour, parfois teinté de vérité d'ailleurs, les chats étant persuadés que les humains sont à leur service et non l'inverse. Et quand je vois mes chats, je me dis que c'est vrai...

Mais même si le point de vue est original, j'ai préféré Les Fourmis – bien que j'aie plus d'affinités avec les chats évidemment. Dans Les Fourmis, on a l'impression de découvrir la civilisation des insectes. C'est tout un pan de vie microscopique et cachée qui nous est révélé avec un regard scientifique. Ici, il y a quelques longueurs puisque naturellement, le lecteur n'est pas particulièrement surpris par les découvertes de Bastet dans un premier temps (l'eau qui s'écoule des yeux, le grand monolithe lumineux fixé au mur qui diffuse des informations, etc.). Ce qui m'a vraiment passionnée en revanche, c'est l'histoire des chats qui est délivrée par bribes par Pythagore ainsi que des réflexions sur les régimes politiques à travers le temps et l'art.

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p. 109 « Ah, comme il est injuste, le pouvoir des humains, parce qu'ils sont plus grands, bipèdes, et qu'ils ont des mains au bout de leurs bras avec des pouces opposables... »

p. 96 « Les entités qui vivent dans mes entrailles décident de se manifester. »

p. 102 « C'est ma maison et c'est ma servante. »

p. 183 « Ainsi les humains ont découvert l'importance de l'art, commente-t-il. Cela ne sert à rien. Ni à manger, ni à dormir, ni à conquérir des territoires. L'art est une activité inutile et pourtant c'est leur force. »

Challenge animaux du monde