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Inaba Mayumi, femme de lettres japonaise (1950-2014) raconte comment deux décennies passées avec Mî ont influencé le cours de sa vie. C'est tendre et émouvant.

En 1977, la narratrice rencontre celle qui va devenir Mï, une chatonne découverte par hasard suspendue à un grillage près d'un collège. Elle se porte au secours de ce petit animal vulnérable et très vite, Mî trouve sa place à la maison, et pour longtemps. Sans le vouloir, le petit animal va façonner les événements de la vie de sa maîtresse. En effet, il est difficile à Tokyo – du moins à l'époque -, de louer un appartement qui accepte les animaux. Mayumi va donc être obligée, entre autres, d'investir dans l’achat d'un appartement dans un autre arrondissement, pour pouvoir continuer à vivre avec son chat.

C'est le récit d'une relation particulière qui ravira les amis des chats, mais c'est aussi une ode à la nature. Comme dans les haïkus, on retrouve cette sensibilité à la nature, aux éléments, même en pleine ville ! Tous les sens du lecteur sont sollicités, ce qui fait que nous aussi, on a l'impression de sentir ce vent léger du printemps 1977, d'effleurer le pelage cotonneux du chaton et d'entendre ses petits miaulements de détresse.

C'est aussi la chronique d'une époque, celle des années 80, avec la banalisation des prêts à la consommation et leurs conséquences, l'explosion des jeux vidéos et le taux de chômage en augmentation. Et c'est tout simplement aussi – et ô combien passionnante -, une immersion dans la vie japonaise : fouler du pied les tatamis, faire coulisser les shoji, observer les polders depuis la fenêtre de l'immeuble de Shinagawa et prendre le Shinkansen.

La dernier partie est particulièrement triste, comme on peut s'y attendre, puisqu'y sont racontées les dernières années de Mî et son déclin. Ceux qui ont eu des chats en fin de vie comprendront…

Les vingt années racontées s'écoulent rapidement – à peine deux cents pages -, c'est avant tout une rétrospective poétique centrée sur la figure attachante d'un fidèle animal de compagnie.

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p. 11 « Au début du printemps, les fleurs blanches et roses des cornouillers fleurissaient dans tout le quartier, et un peu partout dans les bosquets, les sophoras emplissaient l'air de leurs fleurs toutes blanches. »

 p. 38 Une maison traditionnelle

« C'était une vieille construction japonaise de plain-pied avec une galerie extérieure orientée au sud et, devant, le bois de cryptomères d'un sanctuaire. L'allée qui conduisait à l'oratoire principal était en graviers, on ne l'avait pas bitumée. Le jardinet avait peut-être une quinzaine de mètres carrés. Il y avait un petit bac à sable, on avait planté un pêcher, un cognassier, des rhodeas aux feuilles charnues, des boutons d'or, et un mur d'une hauteur raisonnable le séparait du sanctuaire. »

 p. 122 « Quand N. a su que j'écrivais des poèmes autrefois, elle a déclaré : « Les mots l'emportent toujours sur les couleurs. Je déteste les poètes. Parce que je n'aurai jamais la victoire. »

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Un mois au Japon organisé par Lou et Hilde

Le mois japonais

Challenge animaux du monde

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