Quel plaisir de retrouver les Neshov après quatre années de séparation !

 

L'espoir des neshov

 Le tome 3 laissait le lecteur sur sa faim, séparant à nouveau Torunn de ses oncles - fraîchement rencontrés - mais contenant plein de promesses en germes.

La vie a suivi son cours : Erlend et Krumme sont devenus les heureux papas de trois charmants bambins, Margido est toujours célibataire mais rompt de temps en temps avec son quotidien très monastique en s'autorisant des promenades à la campagne ou des séances dans son jaccuzy. Torunn, quant à elle, vit depuis quelques années avec Christer, un courtier en bourse dont la passion est le mushing, mais leur relation touche à sa fin.

Ce qui m'a toujours plu dans cette saga, c'est le contraste entre les différents personnages, les personnages sont aussi différents les uns des autres que peuvent l'être les membres d'une famille de chair et d'os. La vie d'Erlend et Krumme a beaucoup changé, mais les deux hommes restent égaux à eux-mêmes et ont su conserver une relation équilibrée et solide. Torunn, elle, a eu beaucoup moins de chance avec Christer qui s'est révélé égoïste et surtout, infidèle. A quarante ans, elle se retrouve seule et sans emploi. Mais c'est Margido finalement, qui s'avère le plus touchant à mes yeux dans ce roman car il fend enfin l'armure et fait de son mieux pour venir en aide à Torunn.

 Des retours en arrière permettent de combler les blancs et de mesurer le chemin parcouru par chacun. Grâce à une multitude de petits détails, le lecteur entre dans l'intimité des personnages. C'est même parfois assez cru, mais c'est une manière de donner corps concrètement à leurs inquiétudes et questionnements. Et ce c'est qui rend leur psychologie crédible. En partageant pour quelques jours leur quotidien, on a l'impression de les côtoyer, de les connaître, de faire partie de l'histoire.

Ce n'est certes pas le meilleur tome de la série, la tension dramatique étant retombée. Il manque à mon sens une confrontation familiale qui aurait pu permettre de dénouer – ou pas – les tensions accumulées dans L'héritage impossible. Les tranches de vie, si plaisantes dans La Terre des mensonges, où nous découvrions les personnages, prenaient tout leur sens lorsque la famille était réunie. Ici, on a l'impression de lire deux romans différents réunis en un seul : Erlend et Krumme d'un côté, Torunn, Margido et le "vieux" de l'autre, ce qui crée une sensation un peu bancale. Les interactions entre les différents personnages manquent un peu, à moins que ce soit pour le tome 5 ?! De la même façon, la ferme familiale, au coeur des préoccupation dans les volumes précédents, n'apparaît que peu, même si elle a encore un rôle important à jouer. Si c'est le dernier tome, il est un peu frustrant parce que de nombreuses possibilités n'ont pas été exploitées. Mais qui sait ?