A la fin des années 1980, l'Anglais Peter Mayle et son épouse partent s'installer en Provence. Pendant un an, Peter fait partager à ses lecteurs les détails de leur installation, l'avancée des travaux de la maison, leur immersion dans un petit village du Lubéron, leur acclimatation à un mode de vie différent.

Une-annee-en-Provence

Lu au mois de mai, au cours d'une période chargée, ce livre m'a fait beaucoup de bien et m'a permis de renouer avec la lecture tout en me procurant un petit avant-goût d'été. Comme son nom l'indique, ce livre raconte une année et est de ce fait découpé en douze chapitres correspondant aux douze mois, ce qui rythme agréablement la lecture.

Dès le mois de janvier donc, le récit est placé sous le signe de la gastronomie et de la bonne humeur : l'auteur porte en effet un regard amusé sur la culture française : « En attendant, nous nous rappelâmes avoir entendu dire que les Français pour leur estomac dépensent une aussi grande part de leurs revenus que les Anglais pour leur voiture et leur chaîne stéréo. Nous n'avions aucun mal à le croire. » (p. 97).

Peter Mayle a un sens de l'observation et de l'anecdote qui fait de n'importe quel désagrément domestique, que ce soit une inondation ou une fuite d'eau spectaculaire, une aventure pittoresque. J'ai beaucoup aimé aussi le récit de la course de chèvres – si si ! , un épisode qui rappelle que nous avons tous dans nos villages des petites traditions folkloriques qui peuvent étonner les non-initiés : « On appela les concurrentes sur la ligne de départ et les conducteurs vérifièrent si les cordes étaient bien attachées autour du cou de leur chèvres. Celles-ci ne semblaient nullement troublées par l'importance de l'événement. Le numéro 6 s'efforçait de brouter la casaque du numéro 7. Le numéro 9, notre outsider Nénette, insistait pour se présenter à reculons sur la ligne de départ. » (p. 182).

Mais ce qui ressort au final, c'est un hommage plein de tendresse pour tous ceux qui ont oeuvré à l'aménagement de la maison et pour les us et coutumes français. Une lecture légère et humoristique que je vous recommande.

Ce livre a été adapté en mini-série en Angleterre. Peter Mayle a également écrit une dizaine de romans dont Un bon cru, qui a été adapté au cinéma par Ridley Scott.

 

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« En France, nous étions devenus des intoxiqués de la panification et c'était un plaisir toujours renouvelé de choisir et d'acheter notre pain quotidien. » (p. 213)

L'huile d'olive : « Ce soir-là, avant le dîner, nous la goûtâmes, versant quelques gouttes sur des tranches de tomate. On avait l'impression de manger du soleil. » (p. 243)

« A part une soirée éprouvante pour le fondement à l'abbaye de Sénanque, pour écouter des chants gréogirens assis sur des bancs d'un inconfort dûment monastique, et un concert organisé dans une ruine éclairée par des projecteurs au-dessus d'oppède, nous ne quittions guère notre cour. » (p. 186)