Depuis plusieurs années déjà, je suis les Chroniques d'Edimbourg d'Alexander McCall Smith. J'ai eu envie de découvrir leurs « grandes sœurs », écrites par Armistead Maupin à partir des années 1970 et parues dans le San Francisco Chronicle. Hilde, de son côté, avait envie de relire la première saison, c'est donc avec plaisir que j'ai partagé cette lecture avec elle !

chroniques de san francisco

Le fil rouge de ces chroniques est la découverte de la ville et de ses opportunités par la jeune Mary Ann, fraîchement installée dans la pension d'Anna Madrigal. Le lecteur suit les péripéties de son adaptation à un mode de vie différent de ce qu'elle a connu jusque-là. Guidée par son amie Connie puis par Mona et Michael, ses voisins, elle découvre de nouvelles façons de faire des rencontres et de nouer des relations. D'autres personnages, liés de près ou de loin à l'immeuble de Barbary Lane, apparaissent dans les chroniques : Edgar Halcyon, le patron de Mary Ann et Mona, Beauchamp, son gendre volage et Dede, son épouse superficielle mais finalement touchante.

Le découpage du récit en épisodes courts, inhérent au genre puisque les chroniques paraissaient à l'origine dans le journal, comme les feuilletons du XIXème siècle, a quelque chose d'addictif. On va d'un personnage à l'autre, d'une situation à l'autre, sans s'arrêter. Si les premières pages m'ont semblé un peu monotones, une fois tous les personnages rencontrés, on suit avec intérêt leur parcours et leurs déceptions. Mon personnage préféré est bien sûr Anna Madrigal – on aimerait tous avoir une propriétaire aussi chaleureuse et ouverte d'esprit ! -, d'autant plus qu'il y a un mystère qui plane autour d'elle et qui n'est pas résolu dans ce tome...

Le traitement du temps est cependant un peu particulier ; certaines anecdotes sont réparties sur plusieurs chroniques, ce qui fait monter le suspense. Parfois au contraire, il y a des ellipses un peu surprenantes (je pense au travail de Mary Ann, par exemple ; on assiste à son entretien d'embauche et ensuite, on a l'impression que plusieurs semaines se sont écoulées puisqu'elle a déjà trouvé ses marques ; le déménagement de Mona aussi, m'a surprise, comme s'il manquait quelques étapes).

Pour l'instant, je garde cependant une nette préférence pour les Chroniques d'Edimbourg ; elles sont certes plus gentillettes, plus lisses peut-être, mais les thèmes abordés y sont plus larges (poésie, peinture, civilisation, éducation...). Et j'aime beaucoup me flâner dans les rues d'Edimbourg avec les personnages, une sensation que je n'ai pas forcément retrouvée ici...

Ceci dit, c'est une lecture bien agréable pour cette période de vacances, donc rendez-vous est pris pour l'été 2019 avec Hilde pour la saison 2 !