« Tous les bébés ressemblent à Winston Churchill, aimait répéter son père. » (p. 135)

 Un peu de recul

Une fois encore, je retrouve avec plaisir l'univers édimbourgeois raffiné d'Isabel Dalhousie. Mariée à un musicien plus jeune qu'elle et désormais mère de deux garçons, Isabel mène toujours une vie paisible entre la direction de sa revue d'éthique appliquée, les coups de main qu'elle donne à l'épicerie fine de sa nièce Cat, sans parler de l'aide discrète qu'elle apporte aux personnes qui lui en font la demande. Ici, il s'agit de savoir si une de ses relations, qui s'est mise en tête de jouer les entremetteuses, ne s'est pas fourvoyée en proposant un homme peu recommandable...

La vie suit son cours à Edimbourg ; Isabel est cependant moins sereine que d'habitude au début du récit, ce qui paraît naturel avec l'arrivée d'un nouveau bébé. Elle y gagne ainsi en naturel. Sa relation avec Jamie semble franchir un cap également. Le si parfait Jamie laisse voir pour la première fois une (petite) fêlure.

Les années ont passé depuis le tome 1, les technologies évoluent à grands pas ; c'est un régal de voir les personnages s'interroger sur de nouveaux moyens de communication qu'ils ont du mal à apprivoiser. « Notre époque est narcissique, dit Isabel. Mais je ne comprends absolument pas l'intérêt de vivre sa vie en public. Alors que tout le monde passe son temps à afficher le moindre détail de sa vie sur les réseaux sociaux, photos à l'appui. "Moi, en train d'attendre le train." "Moi, en train de faire des sandwiches." Et ainsi de suite. » (p. 138).

Les petites digressions chères à l'auteur sont toujours au rendez-vous : sur la différence entre les sociopathes et les psychopathes, sur l'importance de connaître la latitude à laquelle on vit (n'est-ce pas ?!) ou encore sur la perspective de lire l'Enéide au lit...

Si l'intrigue, comme toujours, s'installe tranquillement, quelques péripéties, cependant, concernant la vie personnelle de Jamie et de Cat relancent l'intérêt du lecteur pour la suite des événements.

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p. 123 « Parfois, il y a des petites choses qui valent la peine d'être faites, même si leur effet est minuscule. »