Meurtre à oxford

 

Oxford, 1780. Le récit s'ouvre sur la mort brutale du Comte Crick au manoir de Boughton Fall. L'enquête, rapidement menée, conclut à une mort naturelle. Mais Lydia, la soeur du comte, n'est pas de cet avis et se rend à Londres pour solliciter les services du Dr. Silkstone, un jeune anatomiste réputé, afin qu'il examine le défunt et détermine les causes précises de sa mort. Et de fait, les suspects ne manquent pas à Boughton Fall. Malgré les exemples, Thomas Silkstone va tout mettre en oeuvre pour découvrir le fin mot de l'histoire.

Voilà une enquête qui s'annonce sous les meilleurs auspices : une mort suspecte, les prémices de la médecine légale et un cadre qui fait rêver. Enthousiasmée par la lecture du Livre perdu des sortilèges qui se déroule en partie à Oxford et en particulier à la célèbre Bodleian Library, j'étais ravie de retrouver cette cité universitaire anglaise. Cependant, le cadre n'est presque qu'un prétexte ; la ville est peu décrite ; le Dr. Silkstone va et vient entre Londres et Oxford en un clin d'oeil, ce qui fait que le récit n'est finalement pas ancré dans un lieu précis. En tout cas, je n'ai pas eu l'impression de me promener à Oxford.

Le personnage du Dr. Silkstone fait penser à Ichabod Crane dans l'adaptation ciné de Sleepy Hollow par Tim Burton : un jeune homme intègre qui pense pouvoir résoudre les crimes grâce à l'étude des organes. Il faut reconnaître que le travail de l'anatomiste est bien décrit et là, pour le coup, les détails ne manquent pas. Le jeune comte Crick qui meurt dès les premières pages, subit une autopsie plusieurs jours après sa mort ; je vous laisse imaginer la suite. Ames sensibles s'abstenir ! Les descriptions sont réalistes, mais non dénuées d'une certaine élégance cependant.

Les personnages sont un peu lisses et manichéens ; le Dr. Silkstone, à la fois sérieux et sensible, est attachant ; les autres personnages masculins se disputent le podium du plus manipulateur, sans aucune nuance. Quant à Lydia, l'un des rares personnages féminins, on ne peut que compatir à son triste destin mais elle est assez transparente. A sa décharge, on peut lui accorder qu'à cette époque-là, les femmes n'avaient pas voix au chapitre.

Enfin, le rythme est assez lent ; même si au final, la solution est inattendue, la tension n'est pas à son comble et je me suis fait violence pour terminer...

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p. 190 "Il dévoila à son public les arcanes de la rate, évoqua le réseau de tubules et de canaux qu'un souffleur de verre aurait pu réaliser, parla des fantaisies du péritoine."

p. 195 "Moins d'un mois plus tôt, l'organe se nichait encore entre la rate et le foie où, l'orifice largement ouvert, il recevait la nourriture ingurgitée par son propriétaire, telle une grosse bête logée dans son abdomen."