« La civilisation ne tient qu'à un fil, capitaine Reavley, un fil désespérément ténu, une fine couche de vernis, mais elle représente tout ce qui nous sépare des ténèbres. » (p. 233)

Avant la tourmente

Juin 1914, entre Londres et Cambridge. Joseph, pasteur enseignant les langues bibliques à l'université Saint-John et Matthew, agent des services secrets, apprennent que leurs parents viennent de se tuer dans un accident de voiture. Matthew révèle à Joseph que leur père détenait un document secret, susceptible de bouleverser l'Europe entière. Sa mort est-elle liée à ce document ou bien le vieil homme avait-il perdu l'esprit ?

Cela faisait un moment que je voulais commencer cette saga dont Nath m'a dit le plus grand bien. Mais il faut reconnaître qu'après l'enthousiasme du début, j'ai eu un petit moment de lassitude arrivée à mi-parcours car je ne voyais pas bien où on allait. La mort suspecte des parents, naturellement au centre des préoccupations des deux frères, est bientôt suivie du meurtre d'un étudiant à l'université, meurtre qui accapare ensuite l'attention de Joseph. Mais il lui faut encore du temps avant de se décider à enquêter... Le rythme est donc assez lent. Ensuite, je m'attendais à ce que le contexte historique soit davantage exploité puisqu'on se doute que le choix du mois de juin 1914 pour situer le début de l'action est loin d'être anecdotique. Mais les événements historiques sont présents essentiellement en toile de fond car les deux frères sont trop absorbés par leur chagrin pour y prêter attention. On finit cependant par comprendre que les événements de cette période trouble ont joué un rôle déterminant dans le destin des parents Reavley.

Mais malgré ces petites réserves, j'ai bien envie de lire le tome 2. J'aime la façon dont Anne Perry donne vie à ses personnages ; en effet, ils nous deviennent tous familiers très rapidement et on n'a aucun mal à se les représenter grâce à une multitude de détails précis mais glissés naturellement dans le récit (style vestimentaire, apparence, description des intérieurs), y compris les personnages que nous ne faisons que croiser. J'aime bien retrouver ce trait de plume d'une série à l'autre.

Et bien sûr, l'histoire de la famille Reavley ne s'arrête pas là : nous n'avons fait qu'apercevoir Hannah ; quant au personnage de Judith, il me semble tout à fait prometteur ! Son caractère affirmé et son anti-conformisme laissent supposer qu'elle va s'engager d'une manière ou d'une autre lors de la guerre. Et je me suis attachée au personnage de Joseph qui me rappelle Sidney Chambers par bien des côtés ! Je suppose que ce premier tome met en place les éléments essentiels qui vont être développés par la suite. Donc, c'est décidé, je lirai la suite d'ici quelques mois !

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p. 80 « Il était épuisé à la fin de la journée et ravi, après le dîner, de quitter le réfectoire, avec ses fenêtres à vitraux, ornées des armoiries des bienfaiteurs remontant au début du XVIème siècle, son magnifique plafond en bois, aux solives dorées, ses murs lambrissés de chêne, sculptés en draperie et, surtout, ses personnes bavardes, bien intentionnées. »