« Quatre hommes, quatre amis. Un mort. Quel était le point commun entre eux? » (p. 217)

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La Sirène est à la fois le sixième tome de la saga Erica Falck et Patrik Hedström mais aussi le titre du premier roman publié par Christian Thydell, bibliothécaire de Fjällbacka et ami d'Erica, par un curieux jeu de mise en abyme.

Lorsque commence la campagne promotionnelle de l'ouvrage, Christian est déstabilisé par la réception d'une lettre de menace. Et il n'est pas le seul : deux comptables de la ville, Erik et son collègue Kenneth en reçoivent également. Erica ne va pas pouvoir résister à la curiosité et commence à mener l'enquête en toute discrétion. De son côté, Patrik Hedström est préoccupé par la disparition de Magnus Kjellner, un père de famille paisible dont le corps est bientôt retrouvé figé dans la glace...

Alors que le roman s'ouvre comme souvent sur un prologue à glacer le sang s'ensuit une jolie scène de complicité entre Erica et sa sœur Anna, qui sont toutes deux enceintes. Erica attend des jumeaux tandis qu'Anna va avoir son troisième enfant avec Dan, après avoir échappé à un mari violent. Et c'est un moment de plaisir rare car les couples heureux ne sont pas légions dans ce récit. Louise est trompée par Erik depuis des années ; Sanna est tenue à distance par un époux secret ; Kenneth essaie d'adoucir les dernières semaines de sa femme atteinte d'un cancer ; Cia est dans l'expectative depuis que son mari est porté disparu... J'avoue, j'ai trouvé ce récit vraiment très sombre, avec son lot d'épouses injustement traitées, de noirceur et de maltraitances diverses. Et sans trop en dire, j'ai vraiment été partagée entre horreur et compassion pour le coupable.

Quelques passages plus légers m'ont fait sourire, ceux où le commissaire Mellberg, à l'incompétence notoire au poste de police, se rachète une conduite en s'adonnant aux joies du baby-sitting et devient un grand-père de substitution pour Leo, le petit-fils de sa compagne Rita. « Il alla dans le salon, posa Leo sur le canapé et après avoir fait quelques tours de scotch autour de la couche, il contempla son œuvre avec satisfaction » (p. 90). C'est sans doute le plus grand plaisir que je retire de la lecture de cette série : suivre l'évolution des personnages secondaires, voir les relations s'étoffer, se complexifier, les collègues de travail de Patrik devenir parents tour à tour. Les séquences qui leur sont consacrées sont même presque trop peu fréquentes, au profit des tribulations de personnages peu recommandables comme Erick qui m'a profondément agacée. Mais là, c'est mon côté fleur bleue qui ressort : je n'aime pas les personnages masculins cyniques et égoïstes.

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Comme j'ai découvert cette saga par le tome suivant, Le gardien de phare, je pourrai donc aller directement au suivant d'ici peu : La faiseuse d'anges. Pour l'heure, je vais me consacrer au mois anglais qui bat son plein chez Lou et Titine.

Ma copinaute Nath a, je crois, été intriguée par la fin dramatique de ce tome et a déjà emprunté les deux suivants. Merci Nath, pour cette lecture commune !