XIXème siècle. Juste après la guerre franco-prusse, le narrateur, Paul Clément, séjourne dans les Caraïbes où il assiste à une scène vaudoue terrifiante. De retour à Paris, il devient l'assistant de Duchenne puis de Charcot à la Salpêtrière. A la mort de Duchenne, il décide de poursuivre les expériences de ce dernier sur la réanimation par choc électrique dans l'espoir de montrer que l'âme survit à la mort physique. Exalté par le récit des patients ayant vécu une expérience de mort imminente, il décide de vivre l'aventure par lui-même. Mais on ne joue pas impunément avec la mort...

Les portes de l'interdit

Depuis l'automne dernier, j'ai une passion pour les Carnets viennois de Max Lieberman du même auteur, mais j'avais déjà lu auparavant un autre thriller fantastique, La chambre des âmes qui avait été un gros coup de cœur. Là, mon ressenti est un peu différent.

Comme dans La chambre des âmes, le lecteur suit le parcours d'un narrateur d'abord assez impersonnel qui va être confronté à des événements pour le moins étranges. Le fait que ce personnage soit un psychiatre donne d'autant plus de crédit à son histoire. Qui plus est, Paul Clément côtoie des personnages historiques : Guillaume Duchenne, dont les expériences décrites dans le livre ont réellement été menées ; Jean Martin Charcot, le père de la neurologie moderne. On retrouve donc le côté histoire de la médecine qui m'avait intéressée dans le roman dont je parlais plus haut, et qui sert aussi de caution. Le roman est habilement construit : après le prologue, une première partie assez courte mène le narrateur à faire l'expérience qui va changer sa vie ; les deux parties suivantes sont construites en miroir, atteignant chacune le paroxysme de l'horreur – une lecture de saison donc. L'auteur a eu le bon goût de laisser le lecteur reprendre son souffle avec un début de troisième partie un peu plus serein, heureusement pour moi !

Dans un premier temps, j'ai donc plongé avec plaisir dans la France du 19ème siècle avec ses codes, ses mondanités et ses hôpitaux. Cependant, comme souvent dans les histoires de ce genre, il y a des scènes extrêmement dérangeantes, d'ordre sexuel, qui m'avaient déjà gênée à la lecture de La maison des damnés de Richard Matheson lors d'un Halloween passé. En-dehors de ce détail – qui concerne quand même toute la première partie -, j'ai fini par apprécier l'atmosphère surnaturelle qui plane sur le roman. Frank Tallis explique à la fin qu'il a voulu recréer une atmosphère décadente à la Huysmans, pari réussi !

Une lecture en demi-teinte donc : si vous aimez les histoires de possession, jetez-vous à l'eau ; si vous êtes sensible comme moi, passez votre chemin !

Copinautes sorcières Lou et Hilde, êtes-vous tentées par cette aventure étrange ?^^