« Un golem. Un être artificiel. Il a ramassé de la terre sur les rives de la Vltava, a façonné un homme et lui a insufflé la vie après avoir consulté le Séfer yetsirah, le Livre de la Création. Le golem possédait une force surnaturelle et a longtemps protégé les Juifs du ghetto. Selon une autre version, il serait devenu incontrôlable et destructeur » (p. 260)

Les pièges du crépuscule

 Non non, je ne fais pas que lire Frank Tallis en ce moment ! Mais je vous propose quand même le tome 4 de la série « Les carnets viennois »...

Max Lieberman est psychanalyste dans la Vienne impériale. Il prête régulièrement main-forte à son ami et inspecteur Oskar Reinhardt dans le cadre d'enquêtes pour meurtre. Cette fois, les deux comparses vont être confrontés à un personnage légendaire : le Golem. En effet, les meurtres se succèdent à Vienne : on retrouve des corps décapités à côté d'une flaque de boue qui serait la signature de la créature mythique conçue par Rabbi Loew. Sur le plan professionnel, la carrière de Max est mise en péril par l'antisémitisme qui se répand à l'époque ; il va profiter de cette parenthèse inattendue pour découvrir Prague et tenter de percer les secrets du Golem...

Cet polar historique a l'originalité d'évoquer une créature surnaturelle, c'est pourquoi il trouve toute sa place dans le challenge Halloween. Le Golem semble s'être réveillé pour semer la désolation en décapitant à mains nues ses malheureuses – mais antipathiques – victimes. J'ai cependant eu plus de mal à entrer dans ce récit que dans les précédents. La « rencontre » très attendue avec le Golem n'arrive qu'à mi-parcours. Il faut ajouter à cela une multitude de personnages et une alternance incessante de points de vue qui m'a un peu gênée pour m'immerger pleinement dans l'action. Enfin, les atermoiements sentimentaux de Max m'ont un peu agacée ; lui qui est si prompt à répondre à une sollicitation féminine, qu'attend-il pour se déclarer à la véritable élue de son cœur ??

Mais je suis sévère parce qu'on se régale toujours autant à l'évocation des pâtisseries légendaires dont se délectent régulièrement nos personnages. Je note aussi soigneusement les références musicales qui émaillent le récit. La reconstitution historique est toujours soignée avec la mention d'événements précis, de journaux d'époque, de réalités sordides, avec toujours pour toile de fond la montée tragique et implacable de l'antisémitisme en ce début de XXème siècle. L'exploration de Vienne se trouve renouvelée à chaque aventure.

J'ai adoré me promener dans les rues de Prague que je connais bien tandis que je ne suis allée à Vienne qu'une fois, il y a bien longtemps.

p. 236 « La nuit tombait lorsqu'ils approchèrent du pont Charles. Le portail gothique se dressa devant eux, tour en briques sombres surmontées d'une flèche carrée, massive, dont jaillissaient d'innombrables pinacles au sommet doré. »

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En dépit de la lenteur de l'intrigue et du trop grand nombre de personnages – glauques -, le cadre et la culture raffinée de Max et Oskar ont su me convaincre de poursuivre ma lecture de cette saga que je vous recommande vivement !

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Le challenge Halloween bat son plein chez Lou et Hilde !