Tout commence lorsque l'écrivain Pierre-Marie Sotto envoie un e-mail à une lectrice, Adeline Parmelan, en réponse à une lettre que celle-ci lui a envoyée précédemment. En effet, Adeline lui a adressé une enveloppe au contenu mystérieux ; croyant à tort qu'il s'agit d'un manuscrit, Pierre-Marie annonce la couleur : il ne lit jamais les textes envoyés par ses lecteurs. Adeline s'empresse de lui répondre qu'il ne s'agit nullement d'un texte mais lui propose néanmoins de lui retourner le paquet sans l'ouvrir. Sur ce malentendu initial débute alors un échange de mails vifs et addictifs entre l'auteur à succès et la lectrice anonyme aux motivations obscures...

et je danse aussi

 

J'avais bien besoin d'une lecture rafraîchissante (au figuré bien sûr) et ce petit livre, offert par Nath il y a deux ans, m'a apporté le réconfort dont j'avais besoin.

Les mails de nos deux héros sont à la fois concis et pleins d'esprit ; on a hâte de les connaître un peu mieux et bien sûr, il y a le fameux colis dont l'ombre plane... L'un comme l'autre font montre de beaucoup d'autodérision, une qualité appréciable qui fait du lecteur un spectateur un peu voyeur en même temps qu'un confident de première ligne. Durant la majeure partie du roman, j'ai pris plaisir à voir les deux personnages se dévoiler peu à peu. J'avais envie de poursuivre, plus encore pour la sympathie qu'ils m'inspiraient que pour le mystère qui peu à peu prend de l'ampleur. Lorsque Pierre-Marie commence à comprendre qu'il y a anguille sous roche, il cherche à en savoir plus, ce qui donne lieu à des échanges tout aussi savoureux avec d'autres personnages. Tous ces mails croisés font aussi monter la tension et les pages se tournent de plus en plus vite... Les autres personnages, dont nous découvrons la vie par bribes, ont un franc-parler savoureux et un parfum d’authenticité en plus. Ajoutons à cela des mots qui sonnent juste et des commentaires qui font mouche. Un roman épistolaire (par mail donc, à l'heure du numérique) très réussi qui en plus de réunir deux inconnus offre une belle intrigue. Si vous ne l'avez pas encore lu, n'hésitez pas car vous passerez un moment... et je danse aussi 2

J'avais déjà adoré L'aube sera grandiose d'Anne-Laure Bondoux ; là, je rencontre Jean-Claude Mourlevat. Je compte bien suivre ces deux auteurs avec intérêt !

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Réflexion sur la création et la page blanche :

p. 22 « Vous avez choisi d'être écrivain, non ? Alors, assumez ! Soyez écrivain dans le silence et le désarroi, soyez écrivain sans un mot, sans une virgule. Vivez cette souffrance avec autant d'intensité que les instants grisants qui vous manquent : c'est le prix à payer ! »

Une remarque amusante :

p. 20 « Les ados peuvent se comporter en épouvantables petits fascistes quand ils s'y mettent. »