« Vous croyez que les sardines le rendent heureux ? » (p. 240)

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 Du danger de se mêler des affaires des autres est le douzième tome de la série « Le club des philosophes amateurs » (même si je ne souviens pas avoir assisté à une réunion du club en fait). Je suis cette série avec un enthousiasme jamais déçu.

Isabel Dalhousie, philosophe, éditrice d'une revue d'éthique appliquée, commence à avoir du mal à jongler entre travail et vie de famille. Elle décide donc de recourir aux services conjugués de Claire, une étudiante en philosophie, qui l'aidera à sélectionner les articles qu'elle reçoit quotidiennement pour la revue, et d'Antonia, une jeune fille au pair italienne, tout cela sous le regard soupçonneux de Grace, la gouvernante qu'elle emploie depuis toujours. Je me suis beaucoup retrouvée dans ces questions d'organisation et la culpabilité qui ronge les mamans au quotidien, tiraillées entre travail et enfants.

A cela va s'ajouter un problème délicat : Isabel apprend qu'un camarade de son fils Charlie, n'a pas été reconnu par son papa, musicien à Edimbourg. Il n'en faut pas plus à Isabel pour décider de mener l'enquête… à sa façon. Mais cette fois, elle va sortir de sa zone de confort et flirter avec le danger (comme le titre le suggère) dans le quartier de Leith, pour notre plus grand plaisir !

J'ai adoré ce tome ! Il faut l'avouer, depuis quelque temps, une sorte de routine s'était installée. Je retrouve toujours avec plaisir le petit univers douillet d'Isabel, mais il me semblait que l'on avait atteint un rythme de croisière. Là, il y a de l'action et l'équilibre quotidien de l'héroïne s'en trouve perturbé. L'arrivée de Claire et surtout d'Antonia, n'y est pas pour rien… Et puis jusque-là, la maternité ne semblait pas avoir chamboulé le quotidien d'Isabel ; avec deux jeunes enfants, c'est désormais chose faite, et cela m'a beaucoup amusée de voir surgir des problèmes très concrets, mais évoqués avec la finesse coutumière d'Alexander McCall Smith : « « Antonia insista. Elle poussa pratiquement Isabel pour se frayer un chemin dans la salle de bains, où Magnus était allongé sur sa table allongée. Les conséquences de son indigestion étaient encore visibles, et prolifiques » (p. 222).

Enfin, je me régale toujours des sujets improbables qui font le sel de cette série : la souffrance des homards, est-ce que le pape dîne au restaurant ? Est-ce que la vie sans gâteau au chocolat mérite d'être vécue ? Quels sont nos devoirs envers les robots ? Au-delà de la tonalité humoristique, il y a aussi une vraie réflexion sur les problèmes moraux qui se posent à nous au quotidien, comme le mensonge. « La lecture de Kant lui avait à tout jamais retiré le confort des petits mensonges. Car Kant n'aurait jamais menti. Jamais. » (p. 242)

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« On pense qu'on peut régler les problèmes de sa vie en un coup de baguette magique. Ce n'est pas vrai. La plupart des problèmes ont besoin de tas de petites rustines. Il faut les amadouer, les masser, les envisager sous différentes angles. » (p. 345)

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British Mysteries Month, Lou, angleterre