Vendredi 31 décembre

Dernière mise à jour de l'année avec une lecture de saison qui débute à la Saint-Sylvestre :). L'Amour en minuscules de Francesc Miralles. 

« Prédire l’avenir, c’est comme jouer aux échecs. Un joueur modeste peut arriver à prévoir les deux ou trois coups qui vont se produire, tandis qu’un bon joueur parvient à en prévoir beaucoup plus. C’est une question de logique et de cohérence (p. 102)

 Samuel est professeur d’allemand à l’université de Barcelone. Il aime sa tranquillité et la musique classique. Mais un jour, un chat s’introduit dans son appartement. Samuel tente d’abord de s’en débarrasser par divers moyens (le mettre dehors, déposer une annonce dans le journal) avant de faire contre mauvaise fortune bon coeur et de le garder, tout en le baptisant au hasard Mishima (en balayant du regard sa bibliothèque). De fil en aiguille, Mishima va conduire Samuel à rencontrer un curieux voisin, Titus, qui compile des textes étonnants, rencontre qui va à son tour remettre Samuel sur le chemin de Gabriela, qui lui a donné son premier « baiser papillon Â» trente ans auparavant…

 Comme d’autres lectrices de Livraddict, je pensais en réalité que Mishima allait occuper une place plus importante dans le récit ; même si c’est sa présence qui conduit Samuel sur le chemin d’une série de péripéties, le félin se fait finalement assez discret ; ce n’est pas lui le principal sujet de l’histoire. Sous des airs de feel good, ce roman évoque le hasard, l’amour, le destin, le bonheur. Il ya de nombreuses références littéraires et philosophiques qui viennent enrichir une histoire qui, sans cela, pourrait être banale : Le Château de Kafka, la pensée de Siddhartha Gautama, pour n’en citer que quelques-unes. J’ai apprécié cette dimension ésotérique.

Et même si au départ, le personnage de Samuel peut sembler antipathique en raison de son cynisme, il finit par devenir attachant, même si sa quête amoureuse est pour le moins surprenante. J’ai adoré le moment où, tenant compte des conseils de Titus, il se met à réagir à l’opposé de ses habitudes et obtient des résultats spectaculaires chez sa sœur et son beau-frère. Ce passage-là m’a particulièrement rappelé les romans de développement personnel que j’ai lus, L’homme qui voulait être heureux en tête et j’ai trouvé cette partie stimulante. 

 Â« - Mishima.

Le chat répondit d’un miaulement sonore, comme s’il acceptait de s’appeler comme l’écrivain japonais qui s’était suicidé en se faisant hara-kiri. Â» (p. 31)

 Â« L’après-midi du jour des Rois, mon cadeau, ce furent les dernières copies des retardataires, qui n’avaient même pas été capables d’orthographier correctement le nom de Werther. Je mis la moyenne à certains par pitié, et à d’autres pour ne plus avoir à les lire en septembre. J’étais devenu pragmatique Â» (p. 62)

 

Vendredi 24 décembre

On y est, je suis toujours bluffée par la vitesse à laquelle passe le mois de décembre, et nostalgique par anticipation de cette période magique. Ensuite, les mois d'hiver me paraissent longs sans les lumières et l'attente, mais bon... Il faut apprendre à savourer l'instant présent...

Vik (Points policiers)

Côté lecture, j'ai lu en quelques jours le tome 5 de la série de Ragnar Jonasson dont je vous parlais dernièrement. J'ai beaucoup aimé cette lecture dépaysante, même si, comme d'habitude, j'ai découvert après coup que je n'avais pas le premier opus entre les mains. 

J'ai acheté ce livre au printemps dernier, attirée par le cadre de l'intrigue et petit plus, la couverture métallisée. Et c'est seulement début décembre, quand je cherchais des lectures hivernales que je suis rendu compte que l'histoire se déroulait à Noël. 

Asta, la trentaine, revient dans le village où elle a passé une partie de son enfance avant qu'un double drame pousse son père à l'envoyer vivre ailleurs, chez une tante : la chute mortelle de sa mère, puis de sa petite soeur, du haut de la falaise où vivait la famille. Son père était en effet gardien de phare sur une presqu'île isolée et particulièrement vertiginieuse, au nord de l'Islande. Mais peu après, Asta est à son tour retrouvée morte au bas de la falaise. Coïncidence tragique ou mort suspecte liée aux deux précédentes ? C'est là que l'inspecteur Ari Thor, futur papa, entre en scène. Accompagné de sa compagne Kristin et de son ancien supérieur Tomas, il va devoir enquêter tout en espérant rentrer chez lui pour passer le réveillon. 

J'ai adoré ce court roman au climat tourmenté, à savourer au coin du feu ou sous la couette. Une fois le cadre posé, l'intrigue est assez linéaire mais la tension narrative est bien présente avec les secrets de famille qui émergent progressivement. Je compte bien lire les tomes précédents pour compléter les blancs.

Les événements rapportés dans ce roman ainsi que les personnages sont fictifs, mais les lieux existent réellement, en particulier le phare de Kalfsharmarsvik et le village en ruine.

Kálfshamarsvík2010

 

Je vous dis à très vite pour une autre lecture qui débute pendant les fêtes, L'Amour en minuscules de Francesc Miralles et j'en profite pour vous souhaiter un très bon réveillon :) ðŸŽ„

Lundi 20 décembre

Je profite de ma première semaine de vacances pour écrire un nouveau type de billet, histoire de pouvoir donner des nouvelles un peu plus régulièrement. Plutôt que d'attendre d'avoir écrit une chronique complète, je ferai le point chaque semaine sur mes avancées lecture/visionnage/crochet (ma nouvelle passion depuis quelques mois).

Et puisque Noël approche, je participe avec plaisir aux challenges de Noël de Mya Rosa (Christmas Time)Chicky Poo & Samarian et aussi cette année au défi Un hiver au chalet qui dure jusqu'au premier mars 2022. 

Et même si le blog est resté muet depuis Halloween, j'ai déjà lu deux livres sur le thème de Noël et de l'hiver et notre sapin est prêt depuis fin novembre ! Cette année nous avons opté pour un joli sapin artificiel qui fait illusion. Comme nous le sortons tôt, le sapin naturel fait déjà grise mine le 24 et nous n'avons pas assez de terrain pour le replanter donc...

 

Première lecture, La fille de l'hiver de Eowyn Ivey. Il y a deux ans, j'ai lu Au bord de la terre glacée que j'avais beaucoup aimé. J'avais donc acheté en prévision La fille de l'hiver. Inspiré d'un conte russe, La fille de neige, ce récit est à la fois une réécriture et une amplification de ce conte très court.

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 Mabel et Jack, la cinquantaine, ont décidé de quitter la côte Est pour aller vivre au coeur de la nature sauvage, en Alaska, dans les années 20. Ils n'ont jamais pu avoir d'enfant et cet exil volontaire leur permet d'échapper à leur chagrin ainsi qu'aux pressions familiales et sociales. Un soir, ils sculptent une petite fille avec de la neige. Le lendemain, ils voient pour la première fois une petite fille errer dans les bois, qui, détail troublant, portent les moufles qui avaient été données à la fille de neige. Peu à peu, Jack et Mabel vont réussir à l'approcher et à nouer une relation avec elle. Noël il était 9 fois Noël

Un pur plaisir, ce roman ! J'étais curieuse de voir comment la romancière pourrait nous tenir en haleine sur plus de quatre cents pages à partir d'une intrigue aussi brève. Et pourtant, on ne s'ennuie pas un instant. D'abord, je suis fascinée par la vie en pleine nature ; Eowyn Ivey, qui s'inspire de son quotidien, a su m'embarquer avec ses descriptions magiques du quotidien en Alaska. Un quotidien fait de travail, de lutte contre les éléments et d'inquiétude pour l'avenir, mais une vie en phase avec la nature et avec le rythme circadien. De temps en temps, le quotidien de Jack et Mabel est égayé par la visite de leurs (lointains) voisins, George, Esther et leurs trois garçons. Mabel, d'abord spectatrice de sa nouvelle vie, éprouvée par le deuil de la maternité, va faire son chemin et prendre sa vie en main. Esther, quant à elle, est plus vraie que nature avec son franc-parler et sa bienveillance. 

"Mabel se tenait souvent à la fenêtre, mais sans la profonde mélancolie qui avait coloré les heures de l'hiver précédent. Elle guettait pleine d'espoir la frêle apparition à la lisière de la forêt en toque de fourrure et bottes indiennes. Les courtes journées de décembre dégageaient une certaine luminosité, un scintillement, pareils au voile de givre étincelant sur les branches nues à l'aube, juste avant de fondre (p. 139).

A bientôt pour ma deuxième lecture d'hiver, Vik de Ragnar Jonasson. 

Vik (Points policiers)

Et chez vous, des lectures de Noël ou sur le thème de l'hiver ?