La femme à la fenêtre, A. J. Finn
« Une leçon de français aujourd'hui et Les Diaboliques ce soir. Un mari retors, sa « petite ruine » de femme, une maîtresse, un meurtre, un cadavre qui disparaît. Peut-on faire mieux en matière de suspense qu'un cadavre disparu ? »
La femme à la fenêtre est un thriller addictif de A. J. Finn, que j'ai eu la chance de recevoir à Noël.
Depuis qu'elle a subi un traumatisme, Anna est devenue agoraphobe. Ses journées s'écoulent lentement, rythmées par l'espionnage de ses voisins, le visionnage de classiques du polar et les coups de fil de son mari, dont elle est séparée depuis peu. Il faut aussi ajouter les bouteilles d'alcool vidées quotidiennement et l'absorption d'anxiolytiques. Bref, on découvre très rapidement qu'Anna est une protagoniste un peu dark et néanmoins sympathique. Ironie du sort, Anna est psychiatre et tente d'apporter son aide à d'autres patients atteints du même trouble sur un forum. Mais bientôt, sa routine va être bouleversée lorsqu'elle croit assister à un meurtre dans l'immeuble d'en face, chez les Russell…
Rien qu'en lisant la quatrième de couverture, on pense immédiatement à Fenêtre sur cour (qui est d'ailleurs cité dans le roman) mais aussi à La fille du train. Ce récit se transforme très vite en page turner alors même qu'il ne se passe rien puisque le meurtre – ou supposé meurtre – se produit environ au premier tiers du livre. Et pourtant, quelque chose dans la manière dont la narratrice nous introduit au cœur de son quotidien, ordonne au lecteur de poursuivre : la manière dont elle délivre des bribes de son passé, la tonalité intimiste et bien sûr le voyeurisme qui sommeille en chacun de nous. Les 100 chapitres qui composent le roman sont ordonnés selon une logique précise : le présent alterne avec des flash-backs et les indices avec les fausses pistes.
Sans les références cinématographiques, j'aurais peut-être trouvé ce récit trop glauque au premier abord, mais comme j'adore les vieux films, je me suis prise au jeu. D'ailleurs, j'aurais apprécié qu'ils soient listés en fin de volume pour tenter de tous les (re)voir car je n'ai pas pris le temps de les noter. J'ai trouvé cette mise en abyme habile, d'autant plus que l'auteure maîtrise le sujet.
En résumé, un suspense vraiment bien orchestré qui change les idées !

