đ·đJournal printanier đ±đž
Jâavais intitulĂ© cet article journal de mars mais⊠inutile de dire que je suis lĂ©gĂšrement en retard⊠Je publie donc ce billet de lectures « printaniĂšres » tout en me prĂ©parant au « Mois British » qui va bientĂŽt arriver sur nos blogs.
Source : Getty Image via Météo France
Meurtre en coulisse, Faith Martin
Trudy est sollicitĂ©e par une amie dâenfance pour enquĂȘter sur ce qui est, selon elle, un meurtre et non une mort accidentelle, encore moins un suicide. Une amie Ă elle, une jeune femme ambitieuse qui participait Ă un concours de beautĂ© (« Miss Miel »), a en effet Ă©tĂ© retrouvĂ©e morte aprĂšs avoir ingurgitĂ© des baies dâif quâelle aurait utilisĂ©es dans la concoction dâun produit de beautĂ© maison. Par la force des choses, aprĂšs en avoir discutĂ© avec son ami le Dr Ryder, Trudy est chargĂ©e dâune mission dâinfiltration : elle va elle-mĂȘme participer au concours afin de recueillir des tĂ©moignages et dĂ©couvrir si oui ou non, les autres participantes sont en danger⊠Jâai trouvĂ© ce tome bien divertissant, notamment quand on voit Trudy qui, bon grĂ© mal grĂ©, se voit obligĂ©e de jouer le jeu et de prĂ©parer un numĂ©ro Ă prĂ©senter aux juges, elle qui est bien Ă©loignĂ©e de ce genre de prĂ©occupations. Quant au coroner, il pourrait bien voir ses problĂšmes mĂ©dicaux dĂ©couverts⊠Lâintrigue est bien ficelĂ©e puisquâon ne comprend que dans les derniĂšres pages qui se cache derriĂšre tout ça.
Le Secret de Briarâs Hall
PĂąques 1961. Une chasse aux Ćufs tourne au drame au manoir de Briarâs Hall. Le jeune Eddie Proctor, un enfant de onze ans, est portĂ© disparu avant dâĂȘtre retrouvĂ© au fonds dâun puits du domaine par Trudy Loveday, policiĂšre stagiaire. Convaincu quâil ne sâagit pas dâun accident, le coroner Clement Ryder, dĂ©cide de mener lâenquĂȘte et pour la quatriĂšme fois, requiert lâassistance de Trudy. Trudy, quant Ă elle, aprĂšs la dĂ©couverte quâelle a faite dans le tome 3, se demande si elle doit demander Ă son ami sâil a des problĂšmes de santĂ© qui pourraient compromettre sa carriĂšreâŠ
Les pages se tournent toutes seules, je suis avec plaisir ce binĂŽme complĂ©mentaire dont la relation sâapprofondit au fil des enquĂȘtes. On voit cependant que Trudy commence Ă mĂ»rir professionnellement parlant et quâelle cherche Ă sâimposer en tant que rĂ©fĂ©rente de lâenquĂȘte, mĂȘme si les personnes Ă qui elle a affaire prĂ©fĂšrent considĂ©rer le docteur Ryder comme le responsable, puisque câest un homme â Ă une Ă©poque oĂč la notion de paritĂ© nâexiste mĂȘme pas.
Une lecture agrĂ©able donc, et il faut le reconnaĂźtre, les jolies couvertures colorĂ©es donnent une furieuse envie de collectionner tous les tomes, mais je vais tout de mĂȘme faire une pause dans cette sĂ©rie car jâaime bien varier mes lectures:).
Lu derniĂšrement :
La Villa aux étoffes, Anna Jacob

Marie est embauchĂ©e comme aide-cuisiniĂšre dans une belle demeure, celle des Melzer. Monsieur est un industriel qui a prospĂ©rĂ© dans la confection textile tandis que Madame est issue de la noblesse. Pourtant, lâarrivĂ©e de Marie ne semble pas due au hasard. On dĂ©couvre peu Ă peu son passĂ© tandis quâelle sâacclimate Ă son nouveau lieu de vie et sâattache bientĂŽt lâaffection de la fille cadette de la maisonnĂ©e. Avec sa rage de vaincre et ses talents divers, on suit son ascension irrĂ©sistible.
Le bandeau de lâĂ©dition de poche Ă©voquait Downton Abbey, jâai ensuite vu Bianca en parler avec enthousiasme pour son blog, il ne mâen a donc pas fallu plus pour franchir le pas et acheter ce premier tome. Ce qui fait clairement penser Ă cette sĂ©rie anglaise que jâadore, câest lâalternance upstairs/downstairs ; on sâintĂ©resse autant Ă la vie de la famillequâĂ celle des diffĂ©rents domestiques. Sans parler du fait que la relation des deux sĆurs nâa rien Ă envier Ă Mary et Edith, cĂŽtĂ© rancoeur et coups bas ! Et par certains cĂŽtĂ©s, le cĂŽtĂ© artiste et indĂ©pendant de la sĆur cadette mâa rappelĂ© Sybil. LâĂ©poque choisie rappelle Ă©trangement la sĂ©rie aussi puisque lâhistoire dĂ©bute Ă la veille de la PremiĂšre Guerre mondiale.
Je nâaurais pas forcĂ©ment lu la suite car ce premier tome fait dĂ©jĂ plus de six cents pages et mâa donc occupĂ©e pendant un petit moment, mais les avis sont plus Ă©logieux sur le deuxiĂšme oĂč petite et grande histoire se mĂȘlent. A suivre doncâŠ
La mélancolie du kangourou, Laure Manel
Paris, de nos jours. Antoine devient papa et veuf le mĂȘme jour suite Ă une complication aussi foudroyante quâimprĂ©visible lors de lâaccouchement. DĂ©sespĂ©rĂ©, il refuse de crĂ©er des liens avec son bĂ©bĂ©, quâil tient dâune certaine façon pour responsable du dĂ©cĂšs de son Ă©pouse. Il engage alors Rose, une jeune femme qui rĂȘve dâintĂ©grer une Ă©cole de danse Ă Londres. Rose va progressivement rĂ©ussir Ă redonner goĂ»t Ă la vie Ă son patron tout en sâoccupant avec un extrĂȘme dĂ©vouement de la petite Lou.
Le synopsis me rappelle une comĂ©die des annĂ©es 90, Jack et Sarah, qui raconte exactement la mĂȘme histoire, si ce nâest que le roman a lâavantage de se dĂ©rouler sur plusieurs annĂ©es, mĂȘme il sâagit Ă peu de chose prĂšs de la mĂȘme ligne directrice. Ce nâest pas pour autant une critique de ma part car Laure Manel a su apporter Ă cette histoire tragique sa touche personnelle, Ă travers ses mots et ses personnages secondaires.
Jâai juste une petite rĂ©serve quant au personnage de Rose qui est lumineux et attachant, mais un peu idĂ©alisĂ© selon moi : elle est trĂšs jeune mais sait malgrĂ© tout sâoccuper dâun bĂ©bĂ© Ă la perfection, ne semble jamais douter ni se fatiguer malgrĂ© le temps quâelle consacre au nouveau-nĂ©. Elle nâhĂ©site pas non plus Ă mettre en stand-bye sa carriĂšre professionnelle, ce qui mâa semblĂ© Ă©tonnant.
Le style est fluide et agrĂ©able et jâai bien aimĂ© le personnage dâHermance, la grand-mĂšre bienveillante nichĂ©e dans un chalet alpin. Il existe une suite qui sâintitule Le sourire des fĂ©es.
Jâalterne petits meurtres Ă lâanglaise et voyage au temps de Touthmosis Ier, aux cĂŽtĂ©s dâHatchepsout, souveraine de la 18Ăšme dynastie dans La dame du Nil, premier roman de Pauline Gedge paru en 1977 (Child of the morning). DĂšs lâenfance, Hatchepsout manifeste un fort tempĂ©rament et allie curiositĂ© intellectuelle et courage. De fait, devenue adulte et pharaon, elle nâhĂ©sitera pas Ă partir Ă la guerre. Contrainte dâĂ©pouser son frĂšre Touthmosis, elle bĂ©nĂ©ficie du dĂ©sintĂ©rĂȘt de celui-ci pour tenir les rĂȘnes du pouvoir pendant de nombreuses annĂ©es. 
Son histoire dâamour trĂšs touchante avec Senmout, un paysan devenu prĂȘtre puis haut-fonctionnaire, mâa habitĂ©e pendant plusieurs jours.
Si on compare la trajectoire dâHatchepsout dans le rĂ©cit et dans la rĂ©alitĂ©, on constate que La Dame du Nil est en grande partie romancĂ©e, mais cela ne lâempĂȘche pas dâĂȘtre crĂ©dible et de rĂ©vĂ©ler quelques rĂ©alitĂ©s dĂ©rangeantes (lâexĂ©cution des ouvriers aprĂšs lâĂ©dification dâune tombe royale par exemple, pour les empĂȘcher dâen rĂ©vĂ©ler lâemplacement). Les faits saillants du rĂšgne dâHatchepsout sâappuient en tout cas sur des faits historiques et des preuves archĂ©ologiques. En tout cas, jâai trĂšs envie de lire une biographie de ce personnage fascinant maintenant !
A SUIVRE : ma PAL pour le mois british et mon billet sur Les morts ont du souci Ă se faire, tome 4 des MystĂšres de Honeychurch d'Hannah Dennison :)


