La bibliothèque de Northanger

28 janvier 2018

Persuasion, Jane Austen

Un roman très court qui concentre tout ce que j'aime chez la romancière : les méandres du sentiment amoureux, la peinture sociale et parfois satirique d'un milieu favorisé et le portrait d'un homme séduisant.

 

Jane Austen persuasion

Anne Elliot n'est pas gâtée par le destin. Jolie et d'une grande douceur, elle a connu une passion partagée avec Frederick Wentworth. Mais sa voisine et amie Lady Russel ainsi que son père, ne l'ayant pas trouvé assez fortuné, elle a dû l'éconduire. Huit ans après, sir Walter, le père d'Anne, loue son domaine à l'amiral Croft pendant son séjour à Bath. Or, l'amiral a épousé la sœur du capitaine Wentworth. Anne va donc le revoir, bien malgré elle. Mais ce dernier est en quête d'une épouse et ne lui manifeste, au mieux, qu'une indifférence polie…

***

Anne Elliot m'a paru d'emblée sympathique parce qu'elle est rejetée par les autres alors qu'elle est parée de toutes les qualités que l'on peut souhaiter pour une fille, une sœur ou une amie : gentille, conciliante, à l'écoute et altruiste. Son amour malheureux avec le capitaine Wentworth la rend d'autant plus attachante parce qu'elle a sacrifié son bonheur – et celui de Frederick – à la piété familiale. On se demande comment elle peut réussir cet exploit, faire taire son cœur pendant si longtemps, pour mener une vie affective aussi aride : p. 70 « Combien il était absurde de ressentir encore une agitation que le temps aurait dû effacer ! Que de changements en huit ans pouvaient apporter ! Tous résumés en un mot : oubli du passé. C'était presque le tiers de sa propre vie. Hélas, il fallait bien le reconnaître, pour des sentiments emprisonnés, ce temps n'est rien. »

Les autres personnages féminins en revanche, ne sont guère à leur avantage ; les sœurs d'Anne, Elizabeth et Mary, sont, l'une, une coquette, l'autre une hypocondriaque égocentrique. Lady Russell, l'amie de la famille, semble en revanche assez maternelle et bienveillante, quoique ses conseils aient été mal avisés en ce qui concerne le capitaine Wentworth. Les autres jeunes filles fréquentées par Anne sont agréables mais assez superficielles.

On se promène à Bath, aux thermes, au Royal Crescent (que j'ai eu la chance de visiter ado lors d'un voyage scolaire), au bord de la mer, à Lyme. On sent l'air marin dans les salons cossus ; il y a un souffle d'exotisme dans cet ultime opus de Jane Austen.

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Mais la critique sociale n'est jamais bien loin et il y a quelques coups de griffes pour les privilégiés snobinards ; certains personnages, en revanche, sont conscients des avantages de leur situation : p. 32 « En réalité, les avantages physiques n'appartiennent qu'à ceux qui ne sont pas forcés d'avoir un état ; qui vivent sur leur propriété, employant le temps à leur guise, sans se tourmenter pour acquérir. A ceux-là seuls sont réservés les dons de la santé et les plus grands avantages physiques. »

C'est le premier roman de Jane Austen que je lis sans en connaître les personnages. J'ai aimé me laisser agréablement surprendre, non pas par l'intrigue, mais par la finesse de l'évocation du sentiment amoureux. Malgré sa brièveté, je l'ai trouvé profond et abouti, émaillé de réflexions intéressantes : p. 46 « Il n'y a presque point de défaut physique, dit Anne, que des manières agréables ne puissent faire oublier. »

Je suis donc à mi-parcours de mon challenge personnel : lire tous les romans de Jane Austen avant de découvrir la première « austenerie » : De Darcy à Wentworth, offerte par Nath à l'occasion du swap Jane Austen !

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Challenge des Douze thèmes : "Silence, ça tourne"

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05 janvier 2018

L'oiseau de mauvais augure, Camille Läckberg

L'oiseau de mauvais augure

Je poursuis avec plaisir la lecture de cette saga ; il s'agit du quatrième tome de la série Erica Falck et Patrik Hedström. 

Patrik accueille une nouvelle recrue au poste, Hannah. Ensemble, ils sont envoyés sur les lieux d'un accident. Une commerçante de Tanumshede, âgée d'une quarantaine d'année, a trouvé la mort en percutant un arbre. Fait curieux, son alcoolémie se révèle très élevée alors qu'elle ne buvait pas une goutte d'alcool au dire de ses proches. Patrik a donc l'intuition qu'il ne s'agit pas d'un simple accident.

Pendant ce temps, la ville s'apprête à recevoir une équipe de tournage pour une émission de téléréalité. Là non plus, les choses ne vont pas se dérouler comme prévu.

Parallèlement, le lecteur découvre le quotidien lointain d'un petit garçon qui semble vivre retranché du monde avec sa sœur et sa maman. On le surnomme l'oiseau de mauvais augure…

 Paru en 2006, ce roman se fait l'écho de ce qui était relativement nouveau à l'époque, la téléréalité, un genre que nous découvrions quelques années plus tôt en France. Même si je me suis complètement détachée de ce type d'émission, je reconnais qu'à l'époque, c'était assez fascinant de penser qu'il suffisait d'allumer sa télé pour voir des gens évoluer sous nos yeux presque vingt-quatre heures sur vingt-quatre. C'est donc intéressant de retrouver ce concept transposé dans un roman et de s'apercevoir que le fonctionnement de l'émission est le même à l'autre bout de l'Europe. D'ailleurs, on sent l'auteure assez critique vis-à-vis de l'émission et surtout, de la motivation et de l'éthique de certains participants comme des producteurs. En tout cas, l'univers de cette série suit de près l'évolution du monde contemporain et c'est assez plaisant.

Curieusement, en dépit des événements tragiques qui se multiplient, il émane une chaleur agréable de ce tome, liée à la réconciliation des deux sœurs et à la préparation du mariage d'Erica. Alors que la situation d'Anna était particulièrement horrible dans les premiers tomes, celle-ci parvient enfin à retrouver la sérénité et l'atmosphère du roman se fait plus légère, même si le crime reste toujours présent.

L'épilogue, quant à lui, nous promet de retrouver – enfin – Erica sur le devant de la scène. S'interrogeant depuis longtemps sur la froideur de sa mère, elle décide d'en savoir plus en fouillant dans le grenier de la maison familiale – où elle vit. Elle fait alors une découverte qui va être exploitée dans le tome 5 (qui se trouve déjà sur ma table de nuit…) et qui promet de lier histoire familiale et histoire tout court.

 ***

Une pensée pour Nath, avec qui je partage habituellement la lecture de cette série. Mille excuses, je n'ai pas pu résister à l'envie de poursuivre !!

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03 janvier 2018

2018, l'année de la lecture !

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Une nouvelle année commence, c'est le moment de faire de bonnes résolutions (ou pas). En ce qui me concerne, je me suis concocté un petit programme de livres à lire, parce qu'ils attendent depuis quelque temps ou tout simplement parce qu'ils me font envie. N'hésitez pas à me rejoindre si nous en avons en commun.

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Outlander, tome 2, Le Talisman, Diana Gabaldon : parce que j'ai été un peu déçue par la série télé, j'ai envie de découvrir la suite grâce aux livres

 

Le Viking qui voulait épouser la fille de soie, Katarina Mazetti

 

La justice de l'inconscient, Frank Tallis : un meurtre à Vienne à l'époque de la psychanalyse...

 

Northanger Abbey, Val McDermid

 

Mma Ramotswe détective, Alexander McCall Smith : j'adore la série Isabel Dalhousie, j'ai maintenant envie de commencer celle-ci...

 

Un parfum d'encre de et liberté, Sarah McCoy : par l'auteure d'Un Goût de cannelle et d'espoir...

 

L'envol du héron, Katarina Hagena : j'ai beaucoup aimé Le Goût des pépins de pomme, lu il y a quelques années

 

Persuasion, Jane Austen : un roman que je ne connais pas du tout, pas même le nom des personnages !

 

Avant la tourmente, Anne Perry : une saga qui m'a été chaudement recommandée par Nath

 

Prodigieuses créatures, Tracy Chevalier : j'en ai lu beaucoup de chroniques positives sur la blogosphère

 

Chroniques de San Francisco, Armistead Maupin : après une tentative malheureuse il y a quelques années, je retente ma chance

 

La vie, la mort, la vie, Erik Orsenna : sur Pasteur

 

L'enfant de Bruges, Gilbert Sinoué : un roman historique dans le monde de la peinture

 

Et le ciel sera bleu, Tamara McKinley : une saga qui me tente depuis un moment

 

Dans les coulisses du musée, Kate Atkinson

 

L'amant de Patagonie, Isabelle Autissier : amour et dépaysement

 

Le philosophe qui n'était pas sage, Laurent Gounelle : un feel good pour affronter l'hiver

 

La frontière du loup, Sarah Hall : parce qu'à Northanger, nous adorons les loups...

 

Le parfum des fraises sauvages, Angela Thirkell : offert par Nath au cours du swap de l'Avent

 

Jane Austen et le révérend, Stephanie Barron : offert par Nath à l'occasion du swap sur Jane Austen !

 

Une année en Provence, Peter Mayle : chaleur, lavande et olives parfumées...

 

Vert, Michel Pastoureau : parce que j'adore tout ce qui a trait à l'histoire et à la symbolique des couleurs

 

Passé imparfait, Julian Fellowes : par le créateur de Downton Abbey

 

Le Chant du Rossignol, Kristin Hannah : un roman historique qui se déroule pendant la seconde guerre mondiale

 

Quand j'étais Jane Eyre, Sheila Kohler : un récit qui a eu beaucoup de succès

 

La Dame à la lampe, Gilbert Sinoué : une biographie de Florence Nightingale

 

Du fond de mon coeur, Jane Austen : lettres de Jane Austen à ses nièces

 

Comment j'ai appris à lire, Agnès Desarthe

 

Charlotte Collins, Jennifer Becton : la vie de Charlotte Lucas, l'amie d'Elizabeth Bennet, après son mariage avec Mr. Collins

 

Teacher Man, Un jeune prof à New York, Frank McCourt : parce que tout ce qui concerne l'enseignement m'intéresse...

 

Mille jours à Venise, Marlena de Blasi : le tome qui précède Mille jours en Toscane que j'avais beaucoup aimé.

 

Crème anglaise, Kate Clanchy : ambiance british en vue

 

L'Enfant allemand, Camille Läckberg : je lis maintenant la saga dans l'ordre

 

La Pâtissière de Long Island, Sylvia Lott : après Un Goût de cannelle et d'espoir et Noël à la petite boulangerie de Jenny

Colgan, cette lecture s'impose !

***

Bon, maintenant, ne reste plus qu'à savoir par lequel commencer... Que me conseillez-vous les copinautes ?!

 

 

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17 décembre 2017

Un goût de cannelle et d'espoir, Sarah McCoy

« Pendant les périodes de guerre, Noël signifie moins de cadeaux sous le sapin, mais plus de cadeaux du cœur. »

(p. 253)

Un goût de cannelle

Allemagne, Noël 1944. Elsie, âgée de dix-sept ans, traverse la guerre en travaillant dans la boulangerie de ses parents. Elle est courtisée par Josef, un officier nazi, dont elle ne partage pas les sentiments. Quant à sa sœur aînée, Hazel, elle s'est portée volontaire au Lebensborn pour afin de concevoir des bébés aryens.

De nos jours, au Texas, Reba, une jeune journaliste hantée par le suicide de son père survenu dans son enfance, a du mal à s'engager avec Rikki. Celui-ci, en tant que garde-frontière, se doit de renvoyer au Mexique les familles entrées illégalement sur le territoire. Lorsqu'elle est chargée d'écrire un article sur les traditions de Noël en Allemagne, Reba se tourne tout naturellement vers Elsie et sa pâtisserie allemande, elle qui s'est installée aux Etats-Unis depuis plusieurs décennies. Mais la vieille dame n'est pas encore décidée à livrer tous ses secrets...

D'une lecture fluide, ce roman présente une construction intéressante. J'aime beaucoup, de manière générale, le va-et-vient entre passé et présent, d'autant plus lorsque l'un fait écho à l'autre, ce qui est le cas ici. En effet, à soixante ans d'intervalle, les cas de conscience de Josef, qui s'interroge parfois sur la légitimité de sa mission, entrent en résonance avec ceux de Rikki, qui réalise peu à peu qu'il ne croit pas à la sienne. Le parallèle entre les deux époques montre que l'histoire est un perpétuel recommencement. Le rejet de l'autre est malheureusement une constante.

Ce qui est curieux, c'est que ce roman s'apparente par moments à un feel good tout en effleurant des réalités terribles : viols, meurtres, sort réservé aux bébés du Lebensborn… Il y a un équilibre réussi entre réalité historique et dimension romanesque.

Il est amusant de côtoyer Elsie à deux époques si différentes de sa vie ; la jeune fille déterminée mais soumise aux aléas de la guerre est devenue, au soir de sa vie, une vieille dame facétieuse, au franc-parler réjouissant. Une pointe d'humour qui vient rehausser une lecture émouvante.

Et bien sûr, ce qui porte le récit, c'est ce parfum de cannelle qui imprègne les pages du début à la fin. D'ailleurs, il y a un carnet de recettes qui donne bien envie de réaliser les fameux Brötchen dont il est si souvent question. Mais on voit aussi sur le présentoir de la petite boulangerie du reisbrer à la cannelle, des christollen, des lebkuchen, des pumpernickel, du bauernbrot, du kuchen aux raisins, des kreppel, des matschbrötchen...

… ça me fait penser que j'ai un moule à springerle acheté l'an dernier en Alsace au marché de Noël mais je ne l'ai pas encore utilisé… Affaire à suivre…

***

p. 11 « Dans la cuisine, des boules de pâte aussi rondes et blanches que des bébés s'alignaient sur le plan de travail et embaumaient l'air de lait, de miel et de la promesse de lendemains meilleurs. »

p. 95 « Des Lebkuchen au gingembre en forme de cœur étaient posés sur la table en bois, leur glaçage se durcissant pour former des enjolivures et des petits points nets. Papa en avait préparé cinq : pour Max, Luana, Hazel, Elsie et Julius. La tradition voulait qu'il se lève avant eux afin d'accrocher les cœurs sur la plus haute branche du sapin de Noël. »

 

Pour le challenge de Noël   Chicky Poo et Samarian

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Challenge des douze thèmes, "Noël" chez A little-bit-dramatic !

 

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D'autres chroniques enthousiastes par ici : Soukee, Un chocolat dans mon roman, Samarian, Capucine, Austen Gabaldon and co

05 décembre 2017

Le Noël des masques, Kate Sedley

 

« La lumière des chandelles luisait aux fenêtres, les étoiles scintillaient au firmament et je me sentis soudain heureux, en paix avec le monde entier. » (p. 20)

 

Le Noël des masques

Il s'agit du 22ème tome de la saga de Kate Sedley alias Brenda Margaret Lilian Honeyman Clarke née en 1926 à Bristol.

1483. Les festivités de Noël approchent à Bristol et Roger le colporteur s'en réjouit, d'autant plus qu'une troupe de théâtre va donner plusieurs représentations. Confortablement installé avec femme et enfants dans une belle demeure que certains lui envient, Roger ne s'attend pas à la série de meurtres qui va s'abattre sur la ville et perturber quelque peu le bon déroulement des fêtes. Mais comme toujours, de son propre aveu, il va s'en mêler pour tenter de découvrir le coupable…

Roger est le narrateur de cette enquête agréable – en dépit des meurtres macabres qui la ponctuent-, un narrateur chaleureux qui nous convie à partager son quotidien en lui présentant les protagonistes et en les ancrant dans un contexte bien précis. Il n'hésite pas à à nous faire part des petits tracas de la vie quotidienne et ne rechigne pas à raconter ses chamailleries avec son épouse Adela, chamailleries qui, comme il se plaît à le souligner, trouvent souvent leur résolution sur l'oreiller… Une connivence s'établit donc rapidement entre narrateur et lecteur… De plus, Roger, Adela et leurs enfants respectifs forment une famille recomposée aux résonances résolument contemporaines.

Bien sûr, le charme de ce roman opère aussi grâce aux nombreuses références folkloriques. A cette époque-là, les fêtes de Noël proprement dites, loin de s'arrêter au 25 décembre au soir, duraient jusqu'à l'épiphanie… Et de fait, le récit n'est pas avare de descriptions réjouissantes ou tout simplement, intéressantes : la décoration, les bûches de Yule, les rites anciens comme les libations au pied des pommiers le jour de l'épiphanie afin de s'assurer une bonne récolte…

C'est la première fois que j'enquête en compagnie de Roger le Colporteur, mais j'ai bien l'attention de suivre ses aventures en reprenant depuis le début avec le tome 1, Le Colporteur et la mort.

 ***

p. 21 « Adela et Elizabeth avaient tressé une magnifique couronne pour s'embrasser sous le gui. Les différents feuillages avaient été passés avec dextérité dans une forme en bouleau, précieusement conservée d'une année sur l'autre et ressortie chaque Noël. Elles avaient agrémenté cette verdure en y fixant des noeudss rouges – j'avais remarqué le matin même que ma réserve de rubans avait singulièrement diminué -, ainsi que des sachets de noix et de pétales de rose confits. De petites pommes, choisies parmi les provisions pour l'hiver, étaient piquées sur des brindilles ; des farandoles de silhouettes, découpées dans du papier chiffon et du linge empesé puis enfilées sur des cordons, entouraient le tout. On pouvait même reconnaître une étoile, une mangeoire et un joli mouton. »

Pour le challenge de Noël   Chicky Poo et Samarian

Noel 2


03 décembre 2017

Il était cinq fois Noël chez Chicky Poo et Samarian

C'est parti, mes bagages sont faits, je pars rejoindre le chalet enneigé de Chicky Poo et Samarian pour le challenge de Noël ! 

Noel 2

 

Noël

N'hésitez pas à vous laisser tenter et à vous inscrire ! Pour ma part, je viens de lire un récit de Noël, Le Noël des masques de Kate Sedley, un polar médiéval fort sympathique qui fait la part belle aux traditions de Noël. Je suis maintenant plongée dans Un goût de cannelle et d'espoir de Sarah McCoy. Et puis chaque jour, j'ouvre un petit paquet du calendrier de l'avent, un swap organisé sur Livraddict. Nath m'a gâtée ! Si vous voulez en savoir plus, vous pouvez aller jeter un oeil sur Instagram où je poste une photo par jour...

Voici également le programme des festivités concocté par nos deux hôtesses...

Noël calendrier

 Alors, êtes-vous déjà installées au chalet ?

 

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02 novembre 2017

David Bowie n'est pas mort, Sonia David

 

Attention, cette chronique n'a rien d'original ! Il n'y a pas beaucoup de place pour la créativité sur ce blog mais j'écris toujours mes billets avec le cœur…

Le 23 mai 2015, Hélène, la narratrice, perd brutalement sa mère. Un an plus tard, c'est le tour de son père. Entre ces deux disparitions, il y a aussi eu celle de David Bowie. Trois décès, trois récits qui sont l'occasion de faire émerger les souvenirs, parfois enfouis, d'une jeunesse compliquée, entre une mère abusive et un père parti refaire sa vie ailleurs. Et comme trait d'union, le chanteur qui va permettre à Hélène de mieux comprendre sa sœur aînée.

La narratrice nous fait partager deux « journées », deux longues journées qui sont en réalité bien plus que cela, unités de temps subjectif qui rassemblent plusieurs jours liés à deux événéments marquants s'il en est dans la vie : la mort des parents.

On pourrait croire qu'il s'agit d'un hommage façon Le livre de ma mère d'Albert Cohen, un moyen de ressusciter ce qui n'est plus, de rattraper le temps perdu, de réparer, d'être pardonné. En réalité, il n'en est rien. On comprend très rapidement qu'Hélène – qui se plaît à répéter en public « Ma connasse de mère » et ses sœurs entretenaient des relations difficiles avec leur mère. Alors dans ce cas, de quoi s'agit-il ? Difficile à dire. La singularité d'une expérience : les mille et uns gestes à accomplir après un décès, la difficulté à trier les affaires du disparu et surtout, les différentes facettes du défunt. Le disparu était naturellement perçu de différentes manières par son entourage et sa mort est l'occasion de toutes les réunir. « Racontée par eux, elle a l'air extra, cette femme » (p. 70).

A travers un récit au présent qui s'apparente à un long monologue intérieur et épouse les soubresauts de la pensée tout en suivant un fil conducteur, le lecteur suit Hélène au cours de ces deux journées étranges comme un spectateur discret. La tristesse qui aurait pu imprégner le récit laisse place à la complexité du portait maternel qui se dessine au fil des pages : « Son rugissant orgueil, sa farouche intelligence, son ostentatoire culture, son rire dévastateur, son mépris de ce qu'elle ne sait pas, impossible de passer à côté » (p. 56) Par moments, quand même, un chagrin discret affleure lorsqu'il s'agit de vider l'appartement de Maman : « C'est désolant, tout de même, autant d'effritement visible à présent que sa tonitruance s'est tue » (p. 37)

La partie consacrée à « Papa », en revanche, traduit toute l'affection qu'une fille peut ressentir pour son père. On y sent une certaine piété filiale teintée d'humour et de distance.

Lorsqu'il a fallu retenir trois titres pour participer à la rentrée littéraire de Priceminister, c'est bien sûr celui-ci qui m'a attirée en premier lieu du fait de son originalité. Pourtant, il faut de la patience pour voir apparaître le nom du chanteur dans le roman. Malgré tout, j'ai apprécié cette lecture, qui n'est pas aussi triste que ma chronique peut le laisser paraître. Le style est addictif, calqué, comme je l'ai dit, sur le rythme de la pensée et des souvenirs. Enfin, il y a une liberté de ton, loin des convenances et du conformisme, qui m'a beaucoup parlé. Une rencontre bénéfique donc avec ce David Bowie n'est pas mort...

Merci à Priceminister pour cette découverte : #MRL17

David Bowie

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26 octobre 2017

Le Restaurant de l'amour retrouvé, Ito Ogawa

« Mon restaurant, je voulais en faire un endroit à part, comme un lieu déjà croisé mais jamais exploré. Comme une grotte secrète où les gens, rassérénés, renoueraient avec leur vrai moi. »

Le restaurant de l'amour retrouvé

 Suite à une rupture, la narratrice perd sa voix et revient s'installer dans le village montagnard de sa mère avec laquelle elle n'a pas d'affinités particulières. Les retrouvailles ne sont pas très chaleureuses mais la jeune femme a dans l'idée d'ouvrir un restaurant  s'inspirant de la cuisine de sa grand-mère, qui constitue autant un héritage culinaire qu'affectif.

« Le kimpira de pétasite du Japon aux prunes séchées, la bardane mijotée avec une bonne dose de vinaigre, le barazushi de riz vinaigré aux petits légumes, le flan salé chawan-mushi au bouillon fondant et goûteux, le flan au lait aux blancs en neige, les gâteaux à la poudre de soja grillés cuits à la vapeur et bien d'autres recettes encore, héritées de ma grand-mère, étaient vivantes en moi. »

C'est un restaurant unique au monde, où l'on ne sert qu'un ou deux clients à la fois, pour une occasion particulière. En cela le roman porte bien son nom.

J'ai aimé cuisiner avec la narratrice, sentir les épices, manipuler les légumes et épier les réactions des clients. Les recettes sont non seulement originales mais ont pour vocation de raviver des sentiments qui se sont dénoués au fil du temps chez les clients.

C'est donc un récit poétique ; les ingrédients ne sont pas simplement destinés à être consommés, ils sont le reflet du monde, une vision sublimée du quotidien. « J'ai tendu la main et effleuré une figue du bout des doigts, elle était bien ferme, tel le dos d'un enfant roulé en boule, les genoux serrés entre ses bras. »

Il y a des longueurs cependant (l'installation du restaurant par exemple) et un rythme très lent. Et surtout, la dernière partie est gâchée – à mes yeux - par la scène du cochon (ceux qui l'ont lu sauront de quoi je parle : il est évident que si on n'est pas végétarien, tuer un animal pour se nourrir est indispensable. Mais le cochon est tellement anthropomorphisé (la truie porte un nom, la narratrice la considère comme sa « sœur » et dort avec elle ; lorsqu'elle commence à la cuisiner elle insiste lourdement sur les différentes parties du corps qu'elle tranche « son beau visage » que c'en est insoutenable... pour moi petite nature !)

 ***

« Le ciel était voilé de nuages fins et translucides, comme une pellicule d'oignon plaquée contre le firmament. »

 « Dans les rizières en terrasses, les plants de riz ployaient sous le poids des épis dorés tandis que dans la vallée, on récoltait tellement de légumes qu'il y avait même de quoi nourrir les animaux. »

« L'idée qui m'était venue, à force de me creuser la tête, c'était de traduire l'éventail des émotions avec des plats très sucrés ou très épicés, un menu aux saveurs contrastées, stimulantes. »

« […] je suivais toujours le même rituel. J'approchais mon visage, mon nez, des aliments, j'écoutais leurs « voix ». Je les humais, les soupesais, leur demandaient comment ils voulaient être cuisinés. Alors ils m'apprenaient eux-mêmes la meilleure façon de les accommoder. »

 « Cuisiner était, dans mon existence, comme un arc-en-ciel fragile qui flotterait dans la pénombre. »

Challenge des douze thèmes, "Rose" chez A little-bit-dramatic !

 

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22 octobre 2017

L'Espoir des Neshov, Anne B. Ragde

Quel plaisir de retrouver les Neshov après quatre années de séparation !

 

L'espoir des neshov

 Le tome 3 laissait le lecteur sur sa faim, séparant à nouveau Torunn de ses oncles - fraîchement rencontrés - mais contenant plein de promesses en germes.

La vie a suivi son cours : Erlend et Krumme sont devenus les heureux papas de trois charmants bambins, Margido est toujours célibataire mais rompt de temps en temps avec son quotidien très monastique en s'autorisant des promenades à la campagne ou des séances dans son jaccuzy. Torunn, quant à elle, vit depuis quelques années avec Christer, un courtier en bourse dont la passion est le mushing, mais leur relation touche à sa fin.

Ce qui m'a toujours plu dans cette saga, c'est le contraste entre les différents personnages, les personnages sont aussi différents les uns des autres que peuvent l'être les membres d'une famille de chair et d'os. La vie d'Erlend et Krumme a beaucoup changé, mais les deux hommes restent égaux à eux-mêmes et ont su conserver une relation équilibrée et solide. Torunn, elle, a eu beaucoup moins de chance avec Christer qui s'est révélé égoïste et surtout, infidèle. A quarante ans, elle se retrouve seule et sans emploi. Mais c'est Margido finalement, qui s'avère le plus touchant à mes yeux dans ce roman car il fend enfin l'armure et fait de son mieux pour venir en aide à Torunn.

 Des retours en arrière permettent de combler les blancs et de mesurer le chemin parcouru par chacun. Grâce à une multitude de petits détails, le lecteur entre dans l'intimité des personnages. C'est même parfois assez cru, mais c'est une manière de donner corps concrètement à leurs inquiétudes et questionnements. Et ce c'est qui rend leur psychologie crédible. En partageant pour quelques jours leur quotidien, on a l'impression de les côtoyer, de les connaître, de faire partie de l'histoire.

Ce n'est certes pas le meilleur tome de la série, la tension dramatique étant retombée. Il manque à mon sens une confrontation familiale qui aurait pu permettre de dénouer – ou pas – les tensions accumulées dans L'héritage impossible. Les tranches de vie, si plaisantes dans La Terre des mensonges, où nous découvrions les personnages, prenaient tout leur sens lorsque la famille était réunie. Ici, on a l'impression de lire deux romans différents réunis en un seul : Erlend et Krumme d'un côté, Torunn, Margido et le "vieux" de l'autre, ce qui crée une sensation un peu bancale. Les interactions entre les différents personnages manquent un peu, à moins que ce soit pour le tome 5 ?! De la même façon, la ferme familiale, au coeur des préoccupation dans les volumes précédents, n'apparaît que peu, même si elle a encore un rôle important à jouer. Si c'est le dernier tome, il est un peu frustrant parce que de nombreuses possibilités n'ont pas été exploitées. Mais qui sait ?

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11 octobre 2017

La maison où je suis mort autrefois, Keigo Higashino

Coup de cœur pour ce roman à suspense sur fond de secrets de famille.

La maison où je suis mort autrefois

Le narrateur, un jeune universitaire spécialisé dans les sciences physiques, reçoit une demande étrange de Sayaka Kurahashi, son ancienne petite amie. Sayaka, qui vient de perdre son père, a retrouvé dans ses affaires une clé étrange, à l'effigie d'un lion, accompagnée d'un plan. Elle s'est alors rappelé que son père partait souvent pour quelques jours, sous prétexte d'aller à la pêche, mais elle le soupçonne d'avoir mené une double vie. N'ayant elle-même aucun souvenir de sa petite enfance avant l'entrée à l'école primaire, elle souhaiterait en apprendre plus sur l'histoire de sa famille. Elle décide donc de découvrir cette mystérieuse maison qui pourrait répondre à ses interrogations. Et pour cela, elle a besoin du soutien du narrateur…

En ce moment, je fais un marathon thriller pour me changer les idées. Et il faut dire que cela fonctionne à merveille.

La maison où je suis mort autrefois est un court roman (254 pages) très prenant, que l'on referme à regret seulement quand on y est obligé. La narration à la première personne pique immédiatement la curiosité du lecteur et l'invite à poursuivre. Un prologue envoûtant place la maison au cœur de l'histoire, comme le suggère le titre. « Démolition », « nostalgie » et « horreur » en sont les maîtres mots.

C'est une enquête singulière et passionnante ; Shayaka et le narrateur, dans un presque huis-clos, vont explorer une maison étrange, abandonnée, sinistre par certains côtés, dans l'espoir qu'elle finisse par révéler l'histoire – tragique - de ses habitants. La demeure, une maison à l'occidentale, est nimbée de mystère. Personne, dans les alentours, ne sait à qui elle appartient. Quasiment murée de l'intérieur, elle n'est accessible que par la cave. Les habitants semblent l'avoir quittée brutalement et toutes les pendules se sont arrêtées à onze heures dix… Autant de curiosités qui font hésiter le lecteur entre plusieurs hypothèses, de la plus plausible au surnaturel.

Les liens familiaux sont infiniment plus retors qu'on ne l'aurait imaginé, et Sayaka n'est pas la seule à mettre le doigt sur une réalité douloureuse. La maison où je suis mort autrefois est tout autant sa quête identitaire à elle que l'écho des souvenirs de son compagnon. Le personnage de Sayaka est troublant ; d'abord touchante, elle se révèle ensuite dérangeante. Même si on arrive par la suite à comprendre l'origine de ses troubles, on n'arrive pas pour autant à lui pardonner. C'est donc une relation complexe qui s'établit avec le lecteur qui est obligé de maintenir son empathie à distance.

Une lecture marquante que je vais conseiller à mes proches !

Posté par Myrtille lit à 20:12 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
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