La bibliothèque de Northanger

13 juin 2017

Pas de pot pour la jardinière, M.C. Beaton

Elle est égoïste, tricheuse, grossière. Qu'est-ce qui fait qu'on l'aime quand même, Agatha Raisin ?!

 

Pas de pot pour la jardinière

 

Agatha Raisin est de retour à Carsely après un long voyage à travers le monde, destiné à lui permettre d'oublier le séduisant James Lacey, son voisin. Mais le choc est rude lorsqu'elle regagne ses Cotswolds d'adoption : James semble en effet avoir succombé au charme d'une nouvelle venue, l'élégante Mary Fortune. D'abord franchement hostile à Mary, Agatha finit cependant par se lier d'amitié avec elle, tout en remarquant que sous un masque de bonhomie, se cachent parfois des remarques venimeuses. Et lorsque Mary est retrouvée « plantée » dans son propre jardin d'hiver, Agatha et James vont reformer leur duo pour découvrir l'assassin...

Moins de peps peut-être, au début de ce troisième volume, l'intrigue se mettant en place lentement. Mais c'est un plaisir renouvelé de voir nos deux enquêteurs à l’œuvre pour découvrir le fin mot de l'histoire. Mary était-elle vraiment cette charmante quarantenaire à la mise toujours impeccable, aux talents de cuisinière et de jardinière hors pair ? Ce sera l'occasion, au passage, de découvrir les divers petits secrets des habitants de Carsely.

Agatha reste égale à elle-même (et c'est ce qu'on aime) : elle ne pense qu'à elle et ne tire jamais leçon de ses erreurs. Mais curieusement, lorsqu'elle est détrônée par Mary qui elle, parvient à gagner le cœur de James, on est frustré pour elle. Heureusement, elle sait rebondir et commence à comprendre qu'elle aura plus de chances de le séduire en se montrant naturelle – avec ses défauts – qu'à jouer la femme fatale… C'est un plaisir aussi de découvrir James sous un jour nouveau, avec ses petites imperfections...

Chez Lou et Cryssilda

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01 juin 2017

Le mois anglais commence aujourd'hui !

Chez Lou et Cryssilda, une foule de rendez-vous passionnants au programme :

1er juin : "Un jour" de David Nicholls avec le Blogoclub de Lecture

  • "Agatha Christie : le chapitre disparu" de Kernel
  • OU Rois, Reines et famille royale d'Angleterre
  • 17 juin : Angela Huth
  • 18 juin : Dimanche gourmand avec Syl
  • 19 juin : Julian Barnes
  • 20 juin : Jonathan Coe
  • 21 juin : Ecoles anglaises (idées : Mathilda, St Trinian’s, Harry Potter…) ou / et Oxford, Cambridge
  • 23 juin : Jane Austen
  • 24 juin : Un polar au choix avec le challenge British Mysteries
  • 25 juin : Dimanche gourmand avec Syl
  • 26 juin : SF anglaise
  • 27 juin : Ian McEwan
  • 29 juin : Ann Granger avec le challenge British Mysteries

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Pas encore d'idées bien définies pour moi mais il est certain qu'Agatha Raisin sera de la partie ! Et vous, avez-vous prévu des lectures british ?

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01 mai 2017

84, Charing Cross Road, Helene Hanff

Dans les années 40, Helene Hanff, une écrivaine new-yorkaise qui écrit aussi des scénarios pour boucler ses fins de mois, ne parvient pas à trouver les livres qu'elle recherche sur place. Aussi finit-elle par envoyer une lettre à une petite librairie londonienne pour obtenir des titres spécifiques. Puis d'autres commandes suivent et de fil en aiguille, c'est une correspondance qui se noue entre Helen, Frank le libraire et même les membres de sa famille, correspondance qui va durer vingt ans.

84, Charing Cross Road

J'ai découvert ce recueil de lettres sans savoir qu'il s'agissait d'une histoire vraie, ce qui aurait peut-être modifié mon point de vue… En effet j'ai été un peu déçue en lisant ce qui est présenté sur la quatrième de couverture comme un grand succès outre-atlantique, mais je suis peut-être un peu dure ?

La quatrième de couverture donc est un peu trompeuse parce qu'elle évoque une correspondance qui deviendrait intimiste, presque amoureuse, ce que je n'ai pas vraiment perçu. En réalité, les échanges tournent court, les livres, pour intéressants qu'ils soient, ne sont pas commentés mais simplement évoqués par Helen (et annotés en bas de page il est vrai), ce qui fait qu'on a l'impression de lire une très longue commande...

Alors oui c’est une correspondance atypique de par sa durée et les échanges qui naissent entre plusieurs personnes pour ce qui n'était au départ qu'une commande, mais je n'ai pas été émue outre mesure. D'autant plus que si Frank affiche toujours un flegme tout britannique, le franc-parler limite agressif d'Helene m'a parfois agacée...

Aujourd'hui nous sommes habitués à communiquer avec d'autres internautes (n'est-ce pas??), des lecteurs qui pour la plupart resteront anonymes… A l'époque, c'était certainement inhabituel de correspondre avec un inconnu, un inconnu qui s'avère être une auteure américaine ! De plus, dans l'Angleterre de l'après-guerre, la vie new yorkaise d'Helen Hanff devait sembler bien exotique aux employés de la librairie de Frank Doel et à sa famille, notamment lorsqu'elle leur envoie en colis des produits qui sont devenus denrées rares. J'arrive donc à comprendre l'engouement des lecteurs pour cette correspondance hors norme lorsqu'elle a été découverte dans les années 70.

Reste que c'est un hymne aux livres bien sûr, et les lettres d'Helene sont émaillées de jolis commentaires sur l'histoire des livres en eux-mêmes et de leur destin. Un livre d'occasion conserve en lui le fantôme de son précédent lecteur en s'ouvrant systématiquement aux pages qu'il a parcourues. Helene ajoute des petits points pour attirer l'attention de celui qui possédera un jour son livre et « qui n'est pas encore né » sur les passages qui l'intéressent. « J'adore les dédicaces sur les pages de garde et les notes dans les marges, j'aime ce sentiment de camaraderie qu'on éprouve à tourner les pages que quelqu'un d'autre a déjà tournées, à lire les passages sur lesquels quelqu'un, disparu depuis longtemps, attire mon attention. » (p. 51)

Pour ma part, ça ne sera probablement pas une lecture marquante, mais je tiens quand même à garder le livre près de moi, au cas où je souhaiterais le relire un jour…

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30 avril 2017

Au Bonheur des Dames, Emile Zola

« C'était la cathédrale du commerce moderne solide et légère, faite pour un peuple de clientes. » (p. 300)

 

Au Bonheur

 Denise, une jeune fille orpheline arrive à Paris avec ses deux frères dans l'espoir de trouver du travail auprès de son oncle Baudu. Mais très vite, elle se rend compte que le petit commerce périclite, aspiré par la présence du tout-puissant Bonheur des Dames. En désespoir de cause, Denise va y trouver un emploi, au grand dam de Baudu, et rencontrer son propriétaire, Octave Mouret.

L'intrigue est relativement ténue dans cet opus. L'étonnante histoire d'amour naissante entre Mouret et Denise constitue le fil rouge de long roman. Comment la jeune fille provinciale et ignorante du système va gravir les échelons et conquériir – sans le vouloir – le cœur d'un patron cupide et cynique ? Mais il s'agit aussi et surtout pour le lecteur de se promener à travers le grand magasin au gré des opérations promotionnelles lancées par Mouret. De découvrir la naissance de la société de consommation. Et d'assister, impuissant, à la mort des petits commerces.

C'est un récit d'une surprenante modernité. On s'aperçoit que les grandes chaînes contemporaines n'ont pas inventé grand-chose au final. Le Bonheur est tour à tour la maison des clientes, leur lieu de perdition et une chapelle dédiée au culte de l'argent. Mouret, personnage de papier, et sans doute aussi les personnes en chair et en os de l'époque dirigeant le Louvre et le Bon Marché, ont bien compris que le client aime se sentir chez lui quand il fait des achats : la salle de lecture du Bonheur m'a fait penser à une célèbre chaîne suédoise qui joue elle aussi sur la proximité et le bien-être du client ; les ballons offerts au nom du magasin, le rayon enfant, le concept « satisfait ou remboursé », tout y est… Et on s'étonne de découvrir déjà la fièvre consumériste, les opérations de marketing mais aussi la précarité de la situation des employés : « Etait-ce humain, était-ce juste, cette consommation effroyable de chair que les grands magasins faisaient chaque année ? » (p. 430). Heureusement, émerge peu à peu l'idée de protection sociale et de formation au Bon Marché, ainsi que l'expliquent plusieurs notes.

Mais surtout, quel plaisir de lire ces différentes « poème[s] de l'activité moderne » ! Déjà du temps de mes études, Zola était mon classique préféré, et il n'est pas prêt de redescendre de son piédestal ! Les descriptions qu'il offre des différents tissus et produits sont vivantes, animées d'un souffle poétique tangible : les étoffes sont couleurs, lumière, bijoux, formes mouvantes. Quel plaisir de savourer les mots colorés de même que l'on contemple un tableau aux nuances subtiles. P. 47 « Une exposition de soies, de satins et de velours, y épanouissait, dans une gamme souple et vibrante, les tons les plus délicats des fleurs : au sommet, les velours, d'un noir profond, d'un blanc de lait caillé ; plus bas, les satins, les roses, les bleus, aux cassures vives, se décolorant en pâleurs d'une tendresse infinie ; plus bas encore, les soies, toute l'écharpe de l'arc-en-ciel [...] » Plus que l'histoire, ce que je retiendrai du Bonheur, comme du Ventre de Paris, ce sont ces descriptions qui font rêver.

***

 p. 98 « Cependant, elle n'avait point osé jusque-là, se risquer dans le hall des soieries, dont le haut plafond vitré, les comptoirs luxueux, l'air d’église, lui faisait peur. »

 p. 159 « Des satins clairs et des soies tendres jaillissaient d'abord : les satins à la reine, les satines renaissance, aux tons nacrés d'eau de source ; les soies légères aux transparences de cristal, vert Nil, ciel indien, rose de mai, bleu Danube. »

p. 301 « La grande puissance était surtout la publicité. »

p. 311 « A nu sur le bois, dans des cartons éventrés, hors des casiers trop pleins, une moisson de foulards mettait le rouge vif des géraniums, le blanc laiteux des pétunias, le jaune d'or des chrysanthèmes, le bleu céleste des verveines [...] »

 p. 390 « Jamais il n'avait aimé ainsi, avec ce charme puissant dans la souffrance. »

 Les Rougon-Macquart, le score : 14/20 !

 Il me reste à lire :

 Son excellence Eugène Rougon

Une page d'amour

Nana

La terre

L'Argent

La débâcle

 Si vous êtes tentés par une LC, n'hésitez pas à me le dire !

Challenge des 12 thèmes chez A little-bit-dramatic : "Plume d'oie et cire à cacheter", un classique de la littérature.

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29 avril 2017

Kamakura Diary, volume 1, Akimi Yoshida

Premier tome d'une série de mangas adaptés récemment au cinéma sous le titre Notre petite soeur.

Kamakura Diary

 Elles sont trois soeurs à vivre dans une jolie maison traditionnelle de Kamakura : Sachi, l'aînée, infirmière ; Chika, la gourmande et Yoshino, qui a pour habitude de changer régulièrement de travail et de choisir les mauvais garçons. Lorsqu'elles apprennent le décès de leur père, qui a quitté sa famille longtemps auparavant pour aller refaire sa vie, elles se rendent bon gré mal gré aux funérailles. Là, elles rencontrent Suzu, la petite soeur adolescente, qui a bien involontairement causé le départ de leur père. Sachi, qui n'a pourtant pas pardonné à son père, propose sur une impulsion à Suzu de venir vivre avec elles...

 J'ai découvert cette série par le biais du film à l'automne dernier. Rien de plus naturel donc que de me tourner vers le manga. Pour autant, même si l'adaptation est fidèle et que l'on prend rapidement ses marques en feuilletant les pages, j'ai été moins séduite au premier abord par le livre. J'ai eu du mal à me faire aux graphismes qui sont parfois stylisés pour rendre les émotions plus palpables. Il faut reconnaître que j'étais encore sous l'emprise de Jirô Taniguchi avec la lecture de Quartier lointain, un genre complètement différent. Mais petit à petit, je me suis laissé convaincre et j'ai apprécié les pérégrinations affectives et tragi-comiques de ces quatre personnages, au caractère bien typé. De cette jolie galerie de personnages, la plus attachante à mon sens est Yoshino, qui accumule les mésaventures et semble être vulnérable.

Bref, j'ai aimé plonger dans cet univers féminin et douillet, quoique la vie ne soit pas facile. J'ai un petit faible en général pour les fratries, d'autant plus lorsqu'elles vivent dans la maison familiale et perpétuent les traditions (je pense à la boisson aux prunes). On se doute cependant que les autres focaliseront aussi l'attention sur elles dans les volumes suivants. C'est le premier tome, il y a beaucoup de possibilités en germe (dont on a un aperçu dans le film). Je n'exclus donc pas de lire un jour la suite maintenant que je suis rompue au sens de lecture du manga !!

 Un mois au Japon organisé par Lou et Hilde

Le mois japonais

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19 avril 2017

Quartier lointain, Jirô Taniguchi, 2006

Quartier lointain

Première rencontre avec Jirô Taniguchi, disparu il y a quelques mois.

Hiroshi, 48 ans, marié et père de deux filles, est un bourreau de travail et a tendance à abuser de l'alcool. Un jour, par inadvertance - à moins ce que ce soit un signe du destin-, il se trompe de train. Au lieu de rentrer à Tokyo, il se trouve à bord du train à destination de Kurayoshi, sa ville natale. Une fois sur place, il en profite pour parcourir les lieux, en particulier le cimetière où repose sa mère, disparue prématurément vingt auparavant. Et c'est là que l'impensable se produit : après un léger étourdissement, sous l'égide d'un papillon, il se retrouve en 1963, l'année de ses quatorze ans… Après l'étonnement et l'incompréhension, Hiroshi, se glisse à nouveau dans la peau de celui qu'il état adolescent, mais fort de son expérience d'homme mûr, modifie sans le vouloir le déroulement des menus événements de son quotidien ; il comprend alors qu'il pourrait modifier sa vie future, notamment en empêchant la fugue de son père, qui est parti un jour d'été pour ne plus jamais revenir…

J'ai été bouleversée par ce manga alors que je ne lis jamais de bandes dessinées. Le premier album se place d'emblée sous le signe de la nostalgie, un sentiment qui me parle particulièrement ; le personnage s'absorbe dans le travail, regrette la disparition de sa mère et se demande si elle a été heureuse. C'est un personnage mélancolique en plein questionnement et tout cela se perçoit en quelques vignettes à peine.

On se met inévitablement à la place d'Hiroshi, retournant en classe comme un ado ordinaire. Pas sûre d'être aussi douée que lui en anglais ou en sport après une aussi longue interruption...

Le dessin est sûr, minutieux, réaliste et les cases se succèdent avec naturel et fluidité. Nombreuses sont les vignettes panoramiques qui permettent au regard d'appréhender le cadre. L'incrédulité bien compréhensible d'Hiroshi, lorsqu'il commence à comprendre qu'il a voyagé dans le temps, est rendue avec finesse : la perception de l'espace et du temps, les sensations physiques… On l'accompagne avec avidité dans cette réappropriation de son quotidien, tout en se demandant s'il va pouvoir changer le cours des événements.

Le même soin des détails est prêté aux personnages secondaires qui peuplent l'univers d'Hiroshi adolescent ; une voix narrative nous dévoile le caractère de chacun, et bien sûr, son avenir, ce qui leur donne de l'épaisseur. La petite sœur, Kyoko, est attachante, toute en spontanéité.

C'est finalement une réflexion sur le sens de la vie, à l'heure du bilan : [on a une action limitée sur les autres ; on ne peut pas éviter certains événements tragiques (même avec un voyage dans le temps…). Il ne reste plus qu'à accepter sa vie telle qu'elle est, prendre ses responsabilités et en redécouvrir les richesses.]

 J'espère bien découvrir les autres albums de cet artiste...

Un mois au Japon organisé par Lou et Hilde

Le mois japonais

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18 avril 2017

Tristes revanches, Yoko Ogawa, 1998

Un recueil de nouvelles de l'auteure japonaise Yoko Ogawa qui s'avère une rencontre surprenante.

 

Tristes revanches

Une atmosphère étrange baigne le recueil ; des sentiments souvent borderline, des tranches de vie troublantes, parfois dérangeantes.

Un après-midi à la pâtisserie met en scène une jeune femme qui vient acheter un gâteau d'anniversaire pour son petit garçon décédé. C'est à la fois triste et émouvant, bien sûr, mais aussi sobre et pudique. « Un océan de mort s'étalait à mes pieds. Un océan écrasant qui n'était ni liquide, ni paysage, ni souvenir, ni mots. Nulle part il n'y avait de chemin pour le traverser, on n'y voyait aucun petit oiseau s'y reposer, seules les vagues noires arrivaient sans relâche de l’extrémité de l'infini. »

Dans Jus de fruit, une adolescente fait la connaissance de son père en compagnie d'un garçon de sa classe, le narrateur. Lorsqu'elle croque dans un kiwi, faisant jaillir son jus, c'est comme des larmes muettes qui coulent.

Dans La vieille femme J., une romancière noue une relation singulière avec sa propriétaire qui lui donne régulièrement des légumes du jardin. Jusqu'au jour où elle lui donne de curieuses carottes, à la forme inquiétante. C'est cette même romancière qui est enterrée dans L'esprit du sommeil, où le narrateur se rappelle les bons moments passés avec sa « maman pendant deux ans », la deuxième épouse de son père.

Blouses blanches, ou une liaison adultère qui tourne mal. Faufilage de cœur n'a rien à envier à Edgar Poe qui ouvre la voie au malaise persistant dans Bienvenue au pays des supplices. Les dernières nouvelles comportent aussi leur part de bizarrerie, culminant avec Herbes vénéneuses qui sème habilement le doute dans l'esprit du lecteur.

J'ai souvent plus de mal à me plonger dans un recueil de nouvelles que dans un roman, puisque tout est à reconstruire à chaque début de récit. Mais ici, un fil rouge tisse un lien d'une nouvelle à l'autre, créer un écho, une résonance, qui finissent par devenir presque ludiques. Une petite allusion à un personnage, à un événement, suffit à créer un univers complet et cohérent.

Je me suis senti plus d'affinités avec les deux premières nouvelles, intimistes, alors qu'avec La vieille femme J., on commence à basculer dans une tonalité différente, sanglante, à la frontière du fantastique. Le plus perturbant, c'est certainement la relation de confiance qui se tisse entre le narrateur – ou la narratrice – de chaque nouvelle, relation qui est ensuite trahie par une action pour le moins incongrue (comme dans Faufilage de cœur ou Bienvenue au pays des supplices).

J'ai dévoré ce recueil avec curiosité, heureuse de sortir de ma zone de confort. Mais malgré le ton particulier du recueil, son originalité et son architecture recherchée, je ne suis pas totalement convaincue. Je pense lire d'autres œuvres de cette auteure pour me faire mon idée...

Un mois au Japon organisé par Lou et Hilde

Le mois japonais

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11 avril 2017

La fleur de l''illusion, Keigo Higashino, 2016

 Ce roman a la particularité de s'ouvrir sur deux prologues, l'un violent, l'autre plus léger. Ensuite, le lecteur fait la connaissance de Lino qui vient de perdre son cousin. Ancienne championne de natation, elle entretient une relation particulière avec son grand-père, auquel elle rend souvent visite. Elle l'encourage même à créer un blog afin de partager sa passion pour la botanique. Mais un jour, ce dernier est retrouvé assassiné après avoir réussi la floraison d'une ipomée jaune, une fleur qui n'existe plus depuis longtemps… Persuadée qu'il existe un lien entre cette fleur et le meurtre, Lino décide de mener l'enquête. Elle va bientôt faire la connaissance de Gamo Sota, un étudiant qui va l'aider dans ses démarches.

La fleur de l'illusion

 

Comme vous peut-être, je passe Un mois au Japon en ce moment. Et le temps passe bien agréablement quand on se plonge dans ce roman. Si on atteint rapidement la vitesse de croisière, il y a en tout cas quelque chose dans l'atmosphère qui donne envie de poursuivre la lecture, de cheminer page à page en compagnie des personnages pour lever le voile du mystère : comment une simple fleur aurait pu provoquer l'assassinat d'un homme ?

Le titre ne trouve son explication que dans les toutes dernières pages tandis que le dénouement explique la raison d'être des deux prologues, qui bien qu'apparemment sans rapport avec l'intrigue (notamment le premier) sont en réalité étroitement liés à celle-ci. Alors que le roman en lui-même semble assez linéaire à première vue, il est habilement construit et la clé du mystère est aussi recherchée qu'inattendue.

Lino et Sota constituent un duo attendrissant, l'une cachant une blessure qui l'a amenée à renoncer aux Jeux Olympiques, l'autre encore imprégné de son premier amour si fugace, tous deux fort sympathiques. Deux jeunes tout juste adultes qui se cherchent encore et qui trouveront leur voie en dénouant les fils de cette intrigue enchevêtrée.

 

Conclusion ? Les autres romans de Keigo Higashino sont déjà dans ma wish-list ! Je pense que cet été je vais osciller entre polars suédois (voir mon billet sur Le Prédicateur !) et japonais !

***

Le festival d'ipomées d'Iriya

« La foule se pressait aux abords du sanctuaire de Kishimojin qui était décoré de lanternes de papier. »

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« Cette fête, qui a lieu la septième nuit du septième mois, célèbre le seul jour de l'année où deux amants représentés par deux étoiles se rencontrent. »

« Et un jour il m’a dit que je pouvais cultiver toutes les fleurs que je voulais, mais que je ne devais en aucun cas essayer de produire des ipomées jaunes. Quand je lui ai demandé pourquoi, il m’a répondu que l’ipomée jaune, c’est la fleur de l’illusion. »

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Le Skytree, tour de radiodiffusion à Tokyo, 2ème plus haute structure autoportante du monde, évoquée dans le roman.

Un mois au Japon organisé par Lou et Hilde

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08 avril 2017

20 ans avec mon chat, INABA Mayumi

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Inaba Mayumi, femme de lettres japonaise (1950-2014) raconte comment deux décennies passées avec Mî ont influencé le cours de sa vie. C'est tendre et émouvant.

En 1977, la narratrice rencontre celle qui va devenir Mï, une chatonne découverte par hasard suspendue à un grillage près d'un collège. Elle se porte au secours de ce petit animal vulnérable et très vite, Mî trouve sa place à la maison, et pour longtemps. Sans le vouloir, le petit animal va façonner les événements de la vie de sa maîtresse. En effet, il est difficile à Tokyo – du moins à l'époque -, de louer un appartement qui accepte les animaux. Mayumi va donc être obligée, entre autres, d'investir dans l’achat d'un appartement dans un autre arrondissement, pour pouvoir continuer à vivre avec son chat.

C'est le récit d'une relation particulière qui ravira les amis des chats, mais c'est aussi une ode à la nature. Comme dans les haïkus, on retrouve cette sensibilité à la nature, aux éléments, même en pleine ville ! Tous les sens du lecteur sont sollicités, ce qui fait que nous aussi, on a l'impression de sentir ce vent léger du printemps 1977, d'effleurer le pelage cotonneux du chaton et d'entendre ses petits miaulements de détresse.

C'est aussi la chronique d'une époque, celle des années 80, avec la banalisation des prêts à la consommation et leurs conséquences, l'explosion des jeux vidéos et le taux de chômage en augmentation. Et c'est tout simplement aussi – et ô combien passionnante -, une immersion dans la vie japonaise : fouler du pied les tatamis, faire coulisser les shoji, observer les polders depuis la fenêtre de l'immeuble de Shinagawa et prendre le Shinkansen.

La dernier partie est particulièrement triste, comme on peut s'y attendre, puisqu'y sont racontées les dernières années de Mî et son déclin. Ceux qui ont eu des chats en fin de vie comprendront…

Les vingt années racontées s'écoulent rapidement – à peine deux cents pages -, c'est avant tout une rétrospective poétique centrée sur la figure attachante d'un fidèle animal de compagnie.

***

p. 11 « Au début du printemps, les fleurs blanches et roses des cornouillers fleurissaient dans tout le quartier, et un peu partout dans les bosquets, les sophoras emplissaient l'air de leurs fleurs toutes blanches. »

 p. 38 Une maison traditionnelle

« C'était une vieille construction japonaise de plain-pied avec une galerie extérieure orientée au sud et, devant, le bois de cryptomères d'un sanctuaire. L'allée qui conduisait à l'oratoire principal était en graviers, on ne l'avait pas bitumée. Le jardinet avait peut-être une quinzaine de mètres carrés. Il y avait un petit bac à sable, on avait planté un pêcher, un cognassier, des rhodeas aux feuilles charnues, des boutons d'or, et un mur d'une hauteur raisonnable le séparait du sanctuaire. »

 p. 122 « Quand N. a su que j'écrivais des poèmes autrefois, elle a déclaré : « Les mots l'emportent toujours sur les couleurs. Je déteste les poètes. Parce que je n'aurai jamais la victoire. »

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***

Un mois au Japon organisé par Lou et Hilde

Le mois japonais

Challenge animaux du monde

Challenge animaux du monde

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03 avril 2017

Le mois japonais a commencé !

Un mois au Japon organisé par Lou et Hilde

Le mois japonais

Un petit rappel du principe


- Se faire plaisir : vous participez quand vous voulez, à votre rythme (une participation ou 30 !), rejoignez le challenge à tout moment.

- Participer selon ses envies : les billets communs n'ont aucun caractère obligatoire, vous participez si le sujet vous tente et vous pouvez parler d'une autre thématique les jours de billets communs.

- Penser à ajouter le logo du mois au Japon à vos billets et si vous y pensez, le lien url des blogs des gentilles organisatrices

- Ne pas hésiter à laisser un petit commentaire sur les blogs des participants, ça fait toujours plaisir ! Vous pouvez aussi venir papoter sur le Groupe Facebook.

- Nous signaler vos billets : • Le jour même ou à tout moment sur le billet recap des blogs des organisatrices • Le jour même : sur le recap quotidien des billets sur le groupe facebook (par contre, si vous actualisez un recap quotidien plusieurs jours après, on risque de ne pas s'en apercevoir ; il vaut mieux dans ce cas passer directement par nos blogs - suite à notre expérience sur les mois thématiques)

Les billets thématiques

Samedi 1er avril : Les premiers passagers à destination du Japon embarquent, avec un billet sur la thématique de leur choix.

Dimanche 2 avril : Petits plats et délices japonais avec les gourmandises du dimanche. Pour ceux qui cuisinent peu mais veulent participer autour d'une thématique culinaire, tous les billets sont permis : lectures, séries, beau livre de cuisine, dégustations au restaurant ou pour les plus chanceux, au Japon.

Lundi 3 avril : Les plumes féminines à l'honneur (Yoko Ogawa, Hiromi Kawakami, Aki Shimazaki, Banana Yoshimoto...)

Mercredi 5 avril : Manga avec le challenge BD du Mercredi

Vendredi 7 avril : La séance ciné du vendredi. Thématique suggérée (mais pas obligatoire) - une série japonaise.

Samedi 8 avril : Album jeunesse au choix avec le challenge Je Lis aussi des Albums

Dimanche 9 avril : Petits plats et délices japonais avec les gourmandises du dimanche. (voir dimanche 2)

Mardi 11 avril : Un roman policier / thriller

Mercredi 12 avril : Le Japon historique, en roman, film, série, manga, documentaire & plus

Jeudi 13 avril : Haruki Murakami

Vendredi 14 avril : La séance ciné du vendredi. Thématique suggérée (mais pas obligatoire)
- film d'horreur (c'est aussi l'occasion de parler de romans d'épouvante si cela vous dit).

Samedi 15 avril : Album jeunesse au choix avec le challenge Je Lis aussi des Albums

Dimanche 16 avril : Petits plats et délices japonais avec les gourmandises du dimanche. (voir dimanche 2)

Lundi 17 avril : Yoko Ogawa

Mardi 18 avril : Hommage à Kyoto (des idées par là...)

Mercredi 19 avril : Hommage à Jirô Taniguchi avec le challenge BD du Mercredi

Jeudi 20 avril : Ichikawa Takuji, roman au choix ("Je reviendrai avec la pluie...")

Vendredi 21 avril : La séance ciné du vendredi. Thématique suggérée (mais pas obligatoire) - Film contemporain

Samedi 22 avril : Album jeunesse au choix avec le challenge Je Lis aussi des Albums

Dimanche 23 avril :Petits plats et délices japonais avec les gourmandises du dimanche. (voir dimanche 2)

Lundi 24 avril : Hommage à Tokyo (films, romans dont celui de Mo Hayder, mangas, photos...)

Mardi 25 avril : “Le démon de l’île Solitaire” d’Edogawa Ranpo

Mercredi 26 avril : Hiroshima (romans, documentaires, film d'animation, manga type Le Pays des Cerisiers, chanson Enola Gay, "Hiroshima fleur d'été", "Le poids des secrets"...)

Jeudi 27 avril : "Le poids des secrets" d'Aki Shimazaki, tome au choix

Vendredi 28 avril : La séance ciné du vendredi. Thématique suggérée (mais pas obligatoire) -Film des studios Ghibli (Mon voisin Totoro; Ponyo; Le conte de la Princesse Kaguya...)

Samedi 29 avril : Album jeunesse au choix avec le challenge Je Lis aussi des Albums

Dimanche 30 avril : Derniers billets et bilan

***

Quelques idées par ici :

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Et aujourd'hui, je commence 20 ans avec mon chat d'Inaba Mayumi !

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