La bibliothèque de Northanger

26 septembre 2016

Cuisine et correspondance, Andrea Israel et Nancy Garfinkel

Il s'agit d'un roman épistolaire écrit à quatre mains et paru en 2009 aux Etats-Unis.

cuisine

 

En 2000, au décès de sa mère, Val tente de renouer avec Lily, son amie d'enfance. Mais les retrouvailles – virtuelles, par e-mails interposés -, ne sont pas faciles étant donnée la complexité de leur histoire. S'ensuit alors une plongée dans leur passé, au temps de leur complicité enfantine, au travers de leurs lettres et surtout, de leur précieux club de recettes…

Pour moi, littérature et cuisine constituent un duo sacré. J'ai déjà un certain nombre de lectures à mon actif sur ce thème-là, qui me touche particulièrement. Malgré tout, j'ai quelques réserves à l'égard de ce titre.

Le roman est original de par sa forme bien sûr, puisque le genre épistolaire est renouvelé par le recours aux nouvelles technologies. Et surtout, il y a cet échange de recettes qui est fort séduisant parce chaque recette reflète l'état d'âme de la jeune cuisinière (Lasagnes « peine de cœur », Scampi « nuit étoilée », Poivrons farcis du septième ciel, etc.).

Mais je ne suis pas vraiment entrée dans l'histoire. j'ai eu bien du mal à m'intéresser aux courriers de ces deux ados des années 70. Le contenu des premières lettres est enfantin et c'est bien normal, mais donc assez léger et ennuyeux. Ou alors c'est parce que je vieillis.

De plus, les caractères sont déjà bien dessinés au début et évoluent peu. Le personnage de Lily est loin d'être attachant. Même adulte, elle est restée immature, écorchée vive et superficielle. Val est plus intéressante, mais aussi plus effacée, y compris dans ses lettres. Et enfin, l'intrigue est cousue de fil blanc. On devine très rapidement la nature du lien qui unit Val à la famille de Lily. Le suspense et l'émotion ne sont donc pas vraiment au rendez-vous…

Une lecture qui a donc été un peu fastidieuse en ce qui me concerne. Dans la même veine, j'ai préféré Petites recettes de bonheur pour les temps difficiles.

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America

Chez Titine

 

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19 septembre 2016

La dernière fugitive, Tracy Chevalier, 2013

 1850. Honor Bright, à la suite d'une déception amoureuse, traverse l'Atlantique aux côtés de sa sœur Grace, qui doit épouser Adam Cox. Ce dernier, quaker comme les deux sœurs, est parti s'établir dans l'Ohio où il a ouvert un magasin de nouveautés. Mais le voyage est éprouvant pour Honor qui pose le pied sur le sol américain très fatiguée et amaigrie, sachant qu'il lui sera difficile voire impossible de refaire le trajet en sens inverse. Pour ne rien arranger, Grace succombe à la fièvre jaune. Désormais seule et sans espoir de retour, Honor décide de poursuivre la route jusqu'à Faithwell, pour s'installer chez celui qui devait devenir son beau-frère. Mais la cohabitation avec celui-ci, ainsi qu'avec l'épouse de son défunt frère s'annonce compliquée. Si Honor désire rester dans l'Ohio, elle va devoir elle-même trouver un époux et s'habituer à un mode de vie différent à bien des égards.

 

La dernière fugitive

Quel coup de cœur ! La dernière fugitive est désormais le roman que je préfère de Tracy Chevalier...

Ce récit est ancré dans une époque charnière de l'histoire des Etats-Unis, celle qui précède la guerre de Sécession. Naturellement encline, de par ses croyances, à considérer les esclaves comme ses égaux, Honor va se trouver sur l'itinéraire du « chemin de fer clandestin ». Sous des dehors lisses et sages, elle ne manque pas de force de volonté. En dépit des nombreuses difficultés qu'elle rencontre, elle parvient à maintenir le cap et à rester fidèle à ses convictions.

Ce livre a été l'occasion pour moi de découvrir la pensée quaker, que je ne connaissais pas du tout, pensée faite d'humilité, de discrétion et de respect. On dit que les quakers ont été parmi les premiers à se manifester pour l'abolition de l'esclavage aux Etats-Unis.

Honor est une quilteuse de talent, cousant, brodant, rembourrant des courtepointes. Son travail est évoqué avec finesse. Le quilt n'est d'ailleurs pas seulement une couverture, mais aussi un témoin de la vie de tous les jours. Les pièces, récupérées pour la conception, ont des origines variées (achats, dons, vêtements usagés) et ont donc un sens en elles-mêmes. Même le papier utilisé avant la phase de rembourrage a une histoire, puisque ce sont souvent des lettres réutilisées pour l'occasion. J'ai aimé l'histoire intime qui se dessinait, au propre comme au figuré, sur les quilts. Les chapitres qui se succèdent prennent eux-mêmes l'allure de pièces de quilts, cousues ensemble pour former un roman très réussi.

Le lecteur découvre en même temps qu'Honor un pays jeune, en devenir, « où il fallait tailler dans la nature sauvage pour y forger la société [...] ». Honor se sent déracinée, tout lui semble différent, dans les moindres détails, y compris bien sûr la faune et la flore. Elle adopte petit à petit un nouveau rythme de vie, imprimé par le cycle des saisons et de tout ce que cela implique. Moisson, cueillette des mûres, conserves... Ce sens du détail permet au lecteur de s'identifier facilement à elle (moi non plus je n'ai jamais vu de colibri ni d'opossum...) et de s'immerger dans un univers différent.

 Les personnages sont complexes et leurs relations, riches. Belle Mills, la modiste qui vient en aide à Honor est particulièrement attachante ; son frère, Donovan, le chasseur d'esclaves brutal, pourrait prendre une orientation différente. Les Haymaker, enfin, oscillent entre bonté discrète et rudesse. Mais bien sûr, chez Tracy Chevalier, la tragédie n'est jamais loin... C'est très émouvant.

Un roman particulièrement bien documenté, comme en témoigne l'impressionnante bibliographie en fin de volume, mais ni didactique, ni étouffant. Le mode de vie quaker comme le minutieux travail de couture d'Honor deviennent rapidement familiers au lecteur et lui donnent au récit une tonalité originale.

America

Chez Titine

 

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11 septembre 2016

Agatha Raisin enquête, La Quiche fatale, M.C.Beaton

« Et qu'est-ce qu'elle fichait, elle, Agatha Raisin, femme d'affaires brillante, dans un presbytère de province, à manger du cake en s'ennuyant à mort ? » p. 225

 

La quiche fatale

Un beau jour, Agatha Raisin décide de prendre sa retraite anticipée. Alors qu'elle dirigeait d'une main de fer une agence de relations publiques à Londres, elle part s'installer dans un cottage des Cotswolds, dans les Midlands. Déterminée à s'intégrer à la vie du village – mais à sa manière -, elle s'inscrit à un concours de cuisine, elle, la « reine du micro-ondes » ! En jouant bien sûr avec ses propres règles, c'est-à-dire en apportant tout simplement une quiche achetée chez le traiteur… Mais la supercherie est révélée lorsque le juge, Mr. Cummings-Browne, est retrouvé mort chez lui, après avoir ingurgité une part de ladite quiche… Agatha, qui s'ennuie déjà, veut absolument voir dans ce décès un meurtre et résoudre l'énigme…

 Voilà un roman qui saura séduire tous ceux qui, comme moi, aiment les univers "british". 

La quiche fatale est le premier tome d'une longue série de romans aux titres humoristiques, publiés depuis 1992 en VO.

D'ailleurs, de nombreux traits d'humour traversent le récit, que ce soit sur les mœurs villageoises ou le caractère revêche et indépendant de la protagoniste. Car oui, si on l'avait comme voisine, on l'éviterait comme la peste, mais la voir se démener, avec son caractère impossible, son franc-parler voire son impolitesse, c'est vraiment jubilatoire dans un roman !

On a l'impression de déambuler dans les rues de Carsely et de faire connaissance avec ses habitants, charmants ou antipathiques. Et mine de rien, on visite les Cotswolds : le château de Warwick, Bourton-on-the Water...

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Mais ce n'est pas seulement amusant. Il y a un vrai suspense, subtilement dosé. Et pas de temps mort. La mise en abîme qui nous montre Agatha… en train de lire Agatha Christie et en particulier les Miss Marple est du plus bel effet.

Qui a envie de partir en vacances dans le cottage Raisin ? Moi en tout cas, j'embarque pour le second tome, Remède de cheval ! J'attends avec impatience de voir comment les relations d'Agatha vont évoluer avec le jeune inspecteur Bill Wong et le nouveau voisin...

 ***

p. 79 « Elle avait besoin d'un but dans la vie, d'un objectif, se dit-elle. Ne serait-ce pas merveilleux s'il s'avérait que Cummings-Browne avait bel et bien été assassiné ? »

p. 174 « D'immenses guirlandes de glycine festonnaient les portes des cottages, les fleurs d'aubépines tombaient en pluies neigeuses sur le bord des routes, la pierre dorée des maisons flamboyait sous la chaleur du soleil ; Londres paraissait très, très loin. »

p. 63 « Nous venons vous poser des questions sur votre quiche, Madame Raisin, annonça Wilkes. »

 p. 81 « Personne ne prononça le mot « quiche », ni rien d'affreux dans ce goût-là. »

 p. 90 « Ils t'appellent la Borgia des Cotswolds ? »

***

Merci Nath, pour cette découverte !

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04 septembre 2016

Les voleurs de cygnes, Elizabeth Kostova

Andrew Stone psychiatre à Goldengrove, un hôpital Art Déco de la Côte Est, décide, sur les instances d'un collègue, de venir en aide à Robert Oliver, un professeur d'histoire de l'art et peintre renommé, qui a été interné après avoir tenté de lacérer une toile à la National Gallery de Washington. Pourquoi ce peintre à succès décide-t-il soudainement de tout gâcher pour ravager un tableau impressionniste, Léda vaincue par le cygne de Gilbert Thomas ?

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Lui-même peintre, Andrew s'intéresse immédiatement à ce cas et commence à y consacrer son temps libre pour comprendre les agissements de Robert, quitte à faire quelques entorses à la déontologie…

Elizabeth Kostova a du talent pour donner corps à ses personnages, à travers l'évocation de leurs goûts, de leurs petites habitudes, de leur histoire personnelle, de leur apparence physique… On s'identifie à très vite à Andrew et on se prend de passion pour cette enquête psychologique et intimiste.

L'intrigue est complexe mais bien menée et le titre ne prend son sens que dans les dernières lignes du roman. Il y une grande délicatesse dans l'attention portée aux détails, au choix des couleurs évoquées, qui traduisent une bonne connaissance de l'univers pictural dans lequel le récit baigne littéralement puisque tous les personnages ont un lien, de près ou de loin, avec la peinture.

C'est le roman des amours transgressives, hors-normes, et c'est ce qui en fait l'originalité. L'amour n'est pas toujours là où on l'attend.

De toutes les histoires qui nous son racontées – ou du moins les différents points de vue d'une histoire complexe et étirée dans le temps -, c'est celle de Béatrice que j'ai préférée. La vie de cette femme peintre impressionniste du bois de Boulogne nous est délivrée par bribes, à travers des lettres et des chapitres à la troisième personne. Humble, discrète, émouvante, mariée à un homme très occupé, elle va trouver l'amour bien malgré elle avec une personne tout à fait inattendue. Et curieusement, bien que les faits se déroulent en 1879, c'est la seule partie du roman qui soit narrée au présent, ce qui non seulement actualise l'histoire mais la hausse presque au rang de mythe fondateur, en tout cas pour Robert.  

Seul bémol peut-être, la fin, et notamment le revirement brutal et presque incompréhensible de Robert. J'aurais aimé mieux comprendre le trouble dont il était atteint. Mais c'est une toute petite réserve car j'apprécie l'univers raffiné et éclectique de la romancière, déjà entrevu avec L'historienne et Drakula.

America

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18 août 2016

Rien n'est trop beau, Rona Jaffe, 1958

New York, 2 janvier 1952. Caroline Bender prend ses fonctions au sein d'une prestigieuse maison d'édition au Rockfeller Center. Elle y rencontre d'autres jeunes femmes, obligées de travailler comme elle (Barbara Lemont, jeune divorcée, qui doit subvenir aux besoins de son bébé) ou pleines d'espoir comme April et Gregg, ou encore Mary Agnes, qui prépare son mariage deux ans à l'avance. Pendant plusieurs années, le lecteur va suivre leur parcours semé d'embûches, tant professionnel que sentimental.

Rien n'est trop beau

Les chapitres se succèdent rapidement et nous dévoilent le quotidien des différentes jeunes femmes qui évoluent à New York et font leur apprentissage de la vie, en particulier amoureux. Et de fait, les unions se font et se défont rapidement. Les figures masculines sont assez négatives, à quelques exceptions près. Quarantenaires qui considèrent les nouvelles recrues comme des objets, maris infidèles ou jeunes hommes ambitieux et volages. Non seulement ils ne tiennent pas compte des sentiments des autres mais en outre, le travail des jeunes femmes est sous-estimé. Au mieux, c'est un passe-temps en attendant de trouver un mari, passe-temps qui sera abandonné aussitôt pour élever une nombreuse progéniture. Une position que Caroline n'envie pas.

Pourtant, j'ai aimé me promener dans les rues de New York, m'insurger contre la misogynie ambiante et croiser les doigts pour l'idylle de Barbara Lemont.

Le personnage central, Caroline, est certainement le plus charismatique. Abandonnée par son fiancé Eddie, elle prend son destin en main et s'investit dans son nouveau travail. Posée et lucide, elle ne s'en laisse pas conter. On peut même avancer l'idée qu'elle intègre progressivement les règles du jeu imposées par les hommes – et d'ailleurs on peut trouver contestable son attitude vis-à-vis de Paul. Mais malgré son indépendance et son intelligence, Caroline reste un coeur tendre et donc vulnérable...

J'ai beaucoup apprécié cette chronique de la vie new yorkaise des années cinquante. Les couleurs des arbres, l'ensoleillement, les petites coutumes, sont souvent convoqués en début de chapitre, donnant au lecteur l'occasion d'un contact intimiste avec la ville. Le cadre, les appartements décrits, font penser aux films d'Hitchcock, notamment Fenêtre sur cour. L'ensemble se lit comme un feuilleton prenant. Dommage peut-être que la romance finisse par l'emporter alors que les premiers chapitres étaient consacrés à Caroline et à ses premières armes dans le monde de l'édition. D'autant plus que l'on peut les considérer comme des témoignages d'époque puisque la romancière elle-même, Rona Jaffe y a travaillé et s'est donc inspirée de son propre parcours. Mais c'est là ma seule réserve !

 ***

p. 437 « Parmi ces jeunes filles, les unes vont à leur bureau parce que chaque jour les rapproche du succès dont elles rêvent, d'autres vont travailler parce qu'elles ont besoin d'argent pour vivre, et d'autres enfin y vont parce que c'est comme ça tous les jours de la semaine et qu'elles ne sauraient pas trop dire pourquoi. Elles vont vers leur machine à écrire ou à calculer comme si c'était une antichambre où les jeunes filles attendent l'amour et le mariage.

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11 août 2016

Notre séjour en terre de contes de fées

Mr Darcy, les loutres et moi avons eu la chance de partir quelques jours en Bavière.

Au menu : camping, baignade, pâtisseries et bien sûr... visite des châteaux de Louis II de Bavière (dont je lis actuellement la biographie).

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Pour moi, le point d'orgue est bien sûr la visite des châteaux, même si elle s'avère frustrante. Ces hauts-lieux de la culture sont pris d'assaut ; pour gérer le flux, les visites se font obligatoirement avec un audio-guide (ou si on tombe bien, le commentaire en français est diffusé dans chaque pièce, mais cela revient au même). Non seulement il n'y a pas de contact humain avec le guide en chair et en os qui veille au bon déroulement de la visite et pilote la diffusion du commentaire, mais en plus le temps imparti à l'intérieur de chaque pièce est très limité et on n'a pas le droit de faire des photos. Et si on veut connaître l'histoire de la bâtisse en elle-même... il faut se documenter par soi-même car le commentaire audio est assez laconique, dommage !

Des photos de Neuschwanstein, le château de Louis II qui aurait inspiré celui de La Belle au bois dormant version Disney...

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Hohenschwangau, le château d'enfance de Louis II, reconstruit par son père Maximilien Ier sur un donjon médiéval.

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Difficile donc de savourer à sa juste mesure la splendeur des lieux, à moins de revenir après dix-huit heures pour s'imprégner de la beauté de la nature et de la magnificence de ces constructions... Mais bien sûr, à ce moment-là les châteaux sont fermés... Je suis heureuse d'avoir pu faire ces visites donc, mais la romantique dans l'âme que je suis aurait apprécié de le faire dans la solitude...

Le château de Linderhof, inspiré notamment de Versailles, est plus tranquille et tout aussi charmant, même s'il est moins grandiose que les autres, mais ce sont aussi ses dimensions "intimistes" qui le rendent chaleureux.

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Nous aurions aimé visiter Herrenchiemsee, l'autre château baroque de Louis II, mais il était trop loin.

 Le cygne est omniprésent en Bavière, que ce soit dans les enseignes, l'art... ou les plans d'eau ! Nous avons même fait une petite excursion au Schwansee, le lac des cygnes... Et ce n'est peut-être pas un hasard si je dévore en ce moment Les voleurs de cygnes, d'Elizabeth Kostova...

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La lecture a bien sûr été de la partie pendant ce séjour avec La bête, de Catherine Hermary-Vieille et Rien n'est trop beau de Rona Jaffe.

Couverture La Bête

Couverture Rien n'est trop beau

 

Sans oublier la découverte de la mystérieuse bibliothèque ovale dans le monastère de Saint-Mang à Füssen.

DSCN2450C'est une petite ville charmante, avec de belles demeures ornées de trompe-l'oeil et des rues très fleuries.

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Pas de tourisme sans gourmandises, pour changer un peu du menu ordinaire du bivouac : la soupe de goulash, que j'adore et un gâteau aux fruits rouges et aux graines de pavot (dernier instant de répit avant un terrible orage qui nous a trempés de la tête aux pieds !)

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Sur le chemin du retour, petite halte à Lindau. Le charme d'un petit port de mer... au bord du lac de Constance !

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Bref, une région magnifique, que j'aimerais explorer davantage... dans la réalité ou dans mes lectures. Malheureusement, je ne trouve pas de romans qui se déroulent en Bavière... Si vous en connaissez, n'hésitez pas à m'en faire part !

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06 août 2016

La princesse des glaces, Camilla Läckberg

Les titres de Camilla Läckberg sont toujours énigmatiques. La princesse des glaces, le premier tome de la saga, ne fait pas exception à la règle.

La princesse des glaces

J'aime beaucoup l'été en particulier, me dépayser avec l'un de ces polars suédois qui me semblent rafraîchissants et originaux.

Erica Falck vit de sa plume en tant qu'auteure de biographies, plus précisément des biographies de femmes écrivains, telle Selma Lagerlof sur laquelle elle travaille au début du récit. Domiciliée à Stockholm, elle revient dans sa ville natale (qui est aussi celle de l'auteure), le petit port de pêche de Fjällbacka, pour faire du tri dans la maison de ses parents qui viennent de décéder brutalement. Comme si cela ne suffisait pas, elle découvre un matin le cadavre d'une amie d'enfance qu'elle n'avait pas depuis une vingtaine d'années, Alexandra Wijkner. C'est alors le début de l'enquête, et l'occasion de renouer avec l'inspecteur Patrik Hedström, une rencontre qui va tout changer…

Comme dans Le gardien de phare que j'ai lu l'été dernier, c'est moins l'enquête policière qui m'a séduite – quoiqu'elle soit convaincante - que le plaisir de flâner à Fjällbacka aux côtés des personnages. Erica paraît d'emblée sympathique parce qu'elle essaie d'aller de l'avant en dépit d'un deuil douloureux. On pourrait dire que c'est une Bridget Jones suédoise célibataire, indépendante et… gourmande ! En effet, elle a beau se raisonner, il est difficile pour elle de résister à une bonne pâtisserie, notamment en période de stress. Gourmandise qu'elle partage avec Patrik, ce qui en fait un duo attachant !

 Les éléments de la saga se mettent en place dans ce premier volume : on découvre les deux protagonistes, mais aussi des personnages secondaires touchants comme Anna, la sœur d'Erica qui vit une situation difficile ainsi que l'équipe du commissariat de Tanum, avec à sa tête un personnage détestable. Les personnages sont bien dessinés, et on se doute qu'on les verra évoluer d'un roman à l'autre (ce dont j'ai eu un aperçu avec Le gardien de phare), c'est donc un univers déjà bien construit. L'alternance des points de vue permet de se faire une idée plus précise de la personnalité de chacun, de ses tracas, de ses petits défauts. L'ensemble est dynamique et prenant.

 J'adore me projeter à Fjällbacka, imaginer la vie quotidienne dans ce petit port de pêche qui retrouve actuellement un regain de vitalité grâce au tourisme ; sentir les petits pains à la cannelle typiques ; grelotter en pensant aux températures fraîches...

Verdict : le tome 2, Le prédicateur, est déjà bien au chaud dans ma liseuse !

***

Pour prolonger un peu le plaisir, voici quelques photos prises en Scandinavie par mes soins… Bon j'avoue, c'était à Europa Park, mais les décors sont soignés, on s'y croirait !

 

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Littérature suédoise

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04 août 2016

La bibliothèque des coeurs cabossés, Katarina Bivald

Premier roman de l'écrivaine suédoise Katarina Bivald, paru en 2015.

Bibliothèque

 Sara Lindqvist, une jeune Suédoise de 28 ans, arrive dans l'Iowa afin d'y rencontrer Amy Harris, avec laquelle elle entretient une correspondance autour d'une passion commune, la lecture. Mais lorsque Sara arrive sur les lieux, elle apprend avec stupéfaction qu'Amy est décédée quelques jours plus tôt. Ebranlée par la nouvelle, elle décide néanmoins de rester deux mois comme prévu, entourée de la sollicitude des habitants de Broken Wheel. Sans attaches, effacée, ayant perdu son emploi à la librairie quelque temps plus tôt, Sara est à la recherche d'un nouveau souffle, qu'elle ne va pas tarder à trouver dans cette petite ville perdue mais pleine de charme, enfin, à sa manière… A fin de se rendre utile, Sara décide d'ouvrir une librairie (à but non lucratif) en puisant dans l'impressionnante bibliothèque d'Amy. Librairie qui va devenir le cœur de la ville et infléchir le destin d'un certain nombre d'habitants.

 C'est un bel hommage à la littérature et à la passion des livres. Sara vit par procuration et considère ses personnages préférés comme des amis, peu importe qu'ils aient existé ou non. P. 16 « Sara n'avait jamais cru qu'il fallait rencontrer les gens pour pouvoir être amis – nombre de ses relations les plus enrichissantes s'étaient nouées avec des personnes qui n'existaient même pas [...] »

J'ai découvert avec plaisir que j'avais vibré avec les mêmes romans que Sara, des titres mondialement connus qui créent une connivence avec le lecteur : p. 29 « D'autres étaient peut-être coincés dans un lycée gris de Haninge, mais elle, elle avait été une geisha au Japon, avait erré en compagnie de la dernière impératrice de Chine dans l'atmosphère oppressante de la Cité interdite, avait grandi avec Anne et les autres dans la maison aux pignons verts, connu son lot de meurtres et perdu des êtres chers avec les classiques. »

Mais les livres ne sont pas importants que sur le plan spirituel. Ils ne permettent pas seulement de s'échapper et de rêver, de rencontrer des amis virtuels, mais ils s'incarnent aussi physiquement avec leur odeur, leur texture, leurs couleurs… P. 400 « Tu sens ? L'odeur des livres neufs. Des aventures pas encore lues. Des amis dont on n'a pas encore fait la connaissance, des heures d'escapade hors de la réalité qui attendent. »

On rencontre aussi des notions intéressantes sur l'histoire du livre, notamment le format poche des éditions Penguin ainsi que sur le concept de feel good, une amusante mise en abîme !

C'est donc tout ce qui a trait au monde des livres qui m'a plu. Pour le reste, je trouve que l'intrigue est un peu trop légère et cousue de fil blanc, même pour un feel good. Bien sûr, les personnages sont attachants (George notamment, l'alcoolique repenti qui se découvre une passion pour Bridget Jones) et l'ensemble est rafraîchissant, mais il manque une petite étincelle… Ce livre me laissera surtout le souvenir d'une joyeuse ode à la lecture. En résumé, un séjour agréable dans l'Iowa, mais sans plus.

 

Littérature suédoise

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14 juillet 2016

Le bouc émissaire, Daphne du Maurier

Historien anglais amoureux de la France, John passe ses vacances dans la région du Mans. Frustré et déboussolé, menant une vie solitaire et sans attaches, il décide de se rendre à la Trappe afin d'y voir plus clair. Mais chemin faisant, il rencontre Jean de Gué, son parfait sosie. Malgré le malaise que lui inspire le personnage, il passe la soirée avec lui. Le lendemain matin, après quelques verres de trop, il se réveille dans les vêtements de Jean. Tandis qu'il essaie de comprendre ce qui lui arrive et tente de révéler sa véritable identité, il se laisse conduire par son chauffeur qui le mène chez Jean, dans un vaste domaine qui fut autrefois somptueux mais désormais décrépit. Ce personnage déjà naturellement enclin à la rêverie n'a plus qu'à se fondre dans le décor pour enfin donner du sens à son existence. Mais peut-on si facilement endosser la vie et les responsabilités d'un autre ?

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Un livre fascinant que l'on ne peut pas poser - ou dans mon cas, éteindre...- avant de l'avoir terminé... J'ai trouvé la psychologie du protagoniste assez subtile. D'emblée, il se montre tourmenté, victime d'une sorte de dualité : « Mais quelqu'un en moi appelait au secours. Cet être intérieur, comment jugeait-il mon œuvre misérable ? […] J'étais si habitué à lui refuser la parole que son caractère m'était inconnu ». C'est une chance pour lui de repartir à zéro d'une certaine façon, ou en tout cas, d'explorer les possibles qui s'offrent à lui alors que son existence propre lui semblait vaine. Et de fait, il est d'abord saisi par l'ivresse de voir ces actes dénués de conséquence pour lui-même, du moins le croit-il au début. « Bouc émissaire », le voilà chargé de toute la culpabilité de Jean de Gué, tributaire de ses mesquineries passées, de son irresponsabilité, voire de ses actes criminels… Charge à lui de redresser la barre et de découvrir, grâce à la vie d'un autre, sa propre identité  et surtout, le sens qui manquait à la sienne... "Manger, boire, ouvrir un journal devenaient soudain des actions intéressantes parce que ce n'étaient pas les miennes mais celles de Jean de Gué."

Par une sorte de jeu de miroir, le lecteur se glisse dans la peau d'un personnage qui apprend lui-même à découvrir sa nouvelle identité. C'est assez grisant car pendant que le narrateur « se » découvre, le lecteur apprend à le connaître lui, à travers ses efforts pour s'adapter à sa nouvelle vie, d'autant plus qu'il est très différent de Jean de Gué. "Il était mon ombre ou moi la sienne, et nous étions liés l'un à l'autre pour l'éternité." De même que John, le lecteur mène une enquête discrète pour apprendre à identifier les différents membres de la famille et les liens qui les unissent. En effet, de célibataire qu'il était, John se retrouve chef d'une famille aux relations pour le moins complexes et ambiguës et va devoir faire de son mieux pour y trouver sa place...

C'est aussi une délicieuse promenade dans une France surannée. La description du décor est soignée et particulièrement évocatrice, ce qui fait que l'on se projette facilement dans le domaine et ses alentours. "Le soleil se coucha derrière nous, et la campagne où nous nous enfoncions vers l'est nous enveloppa dans le silence des forêts. Les fermes isolées se dressaient comme de brumeuses oasis au milieu des champs rougeoyants. Les arpents de terre s'étendaient avec la vaste magnificence d'un océan inexploré, et les fougères dorées comme des chevelures vierges bordaient le chemin qui ondulait entre les arbres."

La fin peut décevoir, on s'attendait certes à autre chose. Pour ma part, je trouve cependant qu'elle correspond à l'état d'esprit du personnage qui a tendance, par moments, à se laisser porter par le cours des événements.

Une lecture marquante en tout cas !

 ***

« Mon savoir était une science de bibliothèque et mon expérience quotidienne n'allait pas plus loin que celle d'un touriste ».

« J'avais trop tendance à me plonger dans un passé à demi-réel, à demi-imaginaire, en fermant les yeux à la réalité présente. »

"On n'a pas tous les jours l'occasion de se trouver nez à nez avec soi-même."

"L'attraction et la répugnance étaient-elles si parentes qu'une proximité forcée pût combler le fossé entre elles et les confondre?"

"Le bouc émissaire ne peut que porter la faute."

"L'avenir commence aujourd'hui. C'est un don que nous trouvons chaque matin au réveil."

"J'avançais en trébuchant dans l'obscurité, les broussailes et la mousse, sans présent ni passé, sans coeur ni pensée."

"Il me sembla tout à coup que, si je me regardais dans un miroir, je n'y verrais rien."

***

Une lecture commune organisée par Nath sur Livraddict.

Participation au challenge Daphné du Maurier

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10 juillet 2016

Outlander, tome 1 : Le chardon et le tartan, Diana Gabaldon

« L'Ecosse est un bon pays pour les mythes. Ils semblent y prendre racine. »

 

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Premier tome d'une longue saga de Diana Gabaldon, paru en 1991.

Claire Beauchamp, infirmière anglaise, passe quelques jours en Ecosse auprès de son mari historien, Frank Randall en 1945. Il s'agit pour eux d'une forme de lune de miel puisqu'ils ont été séparés par six années de guerre. Un jour, après avoir surpris une cérémonie rituelle dans le cercle du cromlech, Claire, qui est passionnée de botanique, retourne sur les lieux pour cueillir une plante. Mais lorsqu'elle effleure une des pierres, l'impensable se produit. Claire se réveille en 1743, seule au milieu de la forêt, à la merci de personnages peu recommandables. Comprenant peu à peu qu'elle a voyagé dans le temps malgré elle, elle va devoir s'adapter en attendant de trouver le moyen de rentrer chez elle. D'abord désorientée, ses solides connaissances en botanique lui permettent de se faire une place au château de Leoch. Et elle se rend vite indispensable, notamment en soignant le jeune Jamie, qui pourrait infléchir sa destinée...

Ce premier tome est très long (13 heures de lecture sur ma liseuse) mais les pages se tournent toutes seules, ou du moins virtuellement mais rapidement sur mon appareil. On n'a pas le temps de s'ennuyer de par la variété des situations rencontrées par l'héroïne. Et le récit ne serait pas ce qu'il est sans un authentique méchant et fier de l'être, « Black Jack » Randall, l'ancêtre cruel et malfaisant de Frank.

 Ce qui m'a d'emblée convaincue, c'est le cocktail humour-dimension historique. La liberté de ton de Claire est plaisante et rend légère une lecture qui pourrait être assez sombre, vu le contexte historique et la mauvaise posture dans laquelle elle se trouve. Elle fait preuve d'autodérision et commente souvent l'action de manière burlesque. « J'imaginais les braves ménagères du Mégalithique se promenant entre les menhirs, panier sous le bras, examinant d'un œil critique le vernis du dernier arrivage de poteries en argile rouge et écoutant d'une oreille sceptique les harangues des boulangers de l'âge de pierre, des marchands de pelles en os et des représentants en perles d'ambre. »

Ce qui n'empêche pas le récit de prendre une tournure poétique par moments, la poésie du terroir et de la vie ancienne : « Je respirais avec plaisir les fortes senteurs des Highlands, un mélange de bruyère, de sauge et de genêt, épicée çà et là d'une odeur de feu de bois et l'inévitable fumet de hareng frit. »

 C'est un roman passionnant, solidement documenté (sur les conditions de vie au XVIIIème siècle, les plantes, l'histoire de l'Ecosse et notamment la cause jacobite), dont l'intrigue est semée de rebondissements et de renversements de situation. Les personnages principaux, Claire et Jamie, ont tous deux un caractère bien trempés et ombrageux. Et si au départ Jamie paraît un peu lisse et trop parfait, il finit par se révéler plus complexe. Leur relation prend donc une tournure plus profonde et plus riche.

Ma seule réserve finalement, concerne les scènes d'amour qui sont racontées avec un luxe de détails qui pour moi n'apportent rien au récit. Idem pour les scènes de violence. Si j'ai envie de connaître la suite de l'histoire, je fais malgré tout une pause...

Ci-dessous le magnifique générique de la série...

 Première participation au challenge Ecosse  proposé par Gilwen sur Livraddict !

 

Challenge Ecosse 02