La bibliothèque de Northanger

04 mars 2017

Demain les chats, Bernard Werber, 2016

« Nous sommes peut-être venus pour coloniser cette planète encore primitive habitée par des êtres grossiers au niveau de conscience balbutiant. » (p. 275)

DEmain les chats

Bastet, une minette au pelage noir et blanc, vit avec sa « servante », Nathalie. Grâce aux bons offices de son voisin Pythagore, un vieux siamois, elle découvre progressivement le monde qui l'entoure. En effet, celui-ci est doté d'un « Troisième Oeil », un port USB qui lui permet d'acquérir et de stocker un grand nombre de connaissances sur les civilisations et le mode de vie humains. Mais le contexte tourne bientôt à l'apocalypse ; au terrorisme fait suite une guerre civile où même les proches de Nathalie deviennent ses ennemis. C'est bientôt une lutte pour la survie qui s'engage. Le monde animal lui-même finit par être complètement bouleversé, un peu comme dans la série Zoo, où animaux sauvages et domestiques communiquent pour s'entraider, où la proie dévore son prédateur.

 L'originalité de ce roman réside dans le fait que l'action est appréhendée à travers le regard de Bastet ; l'univers des humains, d'abord étrange et traduit naïvement dans son langage, est peu à peu apprivoisé. Il y a quelques touches d'humour, parfois teinté de vérité d'ailleurs, les chats étant persuadés que les humains sont à leur service et non l'inverse. Et quand je vois mes chats, je me dis que c'est vrai...

Mais même si le point de vue est original, j'ai préféré Les Fourmis – bien que j'aie plus d'affinités avec les chats évidemment. Dans Les Fourmis, on a l'impression de découvrir la civilisation des insectes. C'est tout un pan de vie microscopique et cachée qui nous est révélé avec un regard scientifique. Ici, il y a quelques longueurs puisque naturellement, le lecteur n'est pas particulièrement surpris par les découvertes de Bastet dans un premier temps (l'eau qui s'écoule des yeux, le grand monolithe lumineux fixé au mur qui diffuse des informations, etc.). Ce qui m'a vraiment passionnée en revanche, c'est l'histoire des chats qui est délivrée par bribes par Pythagore ainsi que des réflexions sur les régimes politiques à travers le temps et l'art.

 ***

p. 109 « Ah, comme il est injuste, le pouvoir des humains, parce qu'ils sont plus grands, bipèdes, et qu'ils ont des mains au bout de leurs bras avec des pouces opposables... »

p. 96 « Les entités qui vivent dans mes entrailles décident de se manifester. »

p. 102 « C'est ma maison et c'est ma servante. »

p. 183 « Ainsi les humains ont découvert l'importance de l'art, commente-t-il. Cela ne sert à rien. Ni à manger, ni à dormir, ni à conquérir des territoires. L'art est une activité inutile et pourtant c'est leur force. »

Challenge animaux du monde


03 mars 2017

Appelez la sage-femme, Jennifer Worth, 2002

« Parfois, dans la vie, l'amour vous prend au dépourvu, rayonne jusque dans les recoins sombres de votre âme et les emplit de lumière. »

Appelez la sage-femme

Il s'agit des mémoires de Jennifer Worth, un récit qui a inspiré la série SOS sages-femmes ou Call the midwife. Agnès Ledig, elle-même sage-femme, explique en prologue que cette profession est peu représentée dans la littérature alors que son rôle est crucial.

Jennifer fait le récit de son expérience, en particulier ses débuts dans l'East End à Londres, un quartier déshérité en pleine mutation, dans les années 1950. On a l'impression de l'accompagner tout au long du récit. Elle crée tout de suite une connivence avec le lecteur en lui présentant les patientes, en évoquant les gestes pratiques, en dévoilant ses doutes parfois. On partage son quotidien difficile : les gardes, les déplacements à bicyclette par tous les temps, ou même quand le grand smog s'est abattu sur Londres. Ou bien tout simplement dans des rues sans éclairage public pour la plupart.

Tous les chapitres sont organisés autour d'une figure centrale : Chummy, la collègue immense – particulièrement attachante dans la série. Les sœurs du couvent de Nonnatus House. Mais aussi et surtout, bien sûr, les patientes. Future maman aguerrie (Muriel qui attend son quatrième bébé, une norme à l'époque), future maman à fort caractère, future maman déjà à la tête d'une tribu de vingt-trois enfants (oui oui, c'est bien ça!). Toutes ont une histoire particulière, souvent émouvante. Jennifer, qui a grandi dans un environnement relativement protégé, est au départ écœurée par le contact avec certaines patientes, puis lorsqu'elle découvre les conditions de vie insalubres de celles-ci - avec parfois une seule salle de bain même pas digne de ce nom pour tout un étage par exemple -, elle comprend qu'elles font de leur mieux avec les moyens du bord. La jeune femme apprend peu à peu à voir au-delà des apparences et à éprouver de l'empathie pour ses patientes.

Il y a bien sûr un petit côté vintage de temps à autre, à travers l'évocation de la mode (les robes sur-mesure, les stars de l'époque, l’invention du bas en nylon, etc.) qui m'a beaucoup plu.

Au final, Jennifer révèle elle aussi une personnalité riche et touchante, en s’intéressant à ses patientes. Elle revient sur le passé de celles-ci et s'est même renseignée pour savoir ce qu'elles étaient devenues – puisqu'elle côtoie certaines patientes sur un temps très court -, permettant au lecteur de connaître l'histoire complète. Elle met souvent le doigt sur des réalités terribles (le dénuement, les workhouses qui m'ont particulièrement choquée, la prostitution). C'est une lecture édifiante, qui dévoile une partie intéressante de l'histoire médicale (les premières maternités) et de l'histoire de Londres (les différents quartiers, l'évolution de l'habitat collectif), que je vous conseille...

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26 février 2017

Le diable s'habille en tartan, Teresa Medeiros, 2012 VF

Titre délicieux s'il en est ! Pour autant, il est moins question de mode par ici que de rivalité entre deux clans écossais !

Même si je suis peu coutumière des romances, le fait que celle-ci prenne place en Ecosse, au XVIIIème siècle m'a décidée à tourner les pages de ce roman.

Le diable s'habille en tartan

 Le jour de ses noces, Emmaline Marlowe est enlevée juste devant l'autel par Jamie Sinclair. Cet événement pour le moins inattendu va peut-être lui permettre d'échapper à un mariage d'intérêt avec un vieillard décati et néanmoins chef du clan Hepburn. Par chance, Jamie se révèle un geôlier respectueux, si l'on peut dire, et séduisant, comme on pouvait s'y attendre, ce qui ne gâche rien.

p. 356 « Jamie se tenait dans l'embrasure de la porte, ressemblant en tout point à un seigneur écossais dans son kilt en tartan bordeaux et noir, et sa chemise en lin couleur crème ornée de dentelle aux poignets. »

Le caractère très affirmé des deux personnages principaux va donner lieu à des affrontements assez amusants pour le lecteur...

On n'échappe pas aux lois du genre : le portrait viril de Jamie, qui ne laisse pas Emmaline indifférente, bien qu'il s'agisse de son ravisseur ; les commentaires grivois des autres membres du clan, les scènes d'amour. Il y a même un soupçon de roman gothique avec la prédilection de Jamie pour les ruines d'une vieille abbaye, la présence d'un authentique méchant, vraiment sans nuance et les secrets de famille enfouis qui refont surface.

 Même si cette romance ne me réconcilie pas forcément avec le genre, il faut reconnaître que le style est soigné et le rythme enlevé. Il aurait été dommage de s'en priver en cette période propice aux amoureux...

***

Participation au challenge des 12 thèmes pour le mois de février : une romance

chez A little bit dramatic

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Participation au challenge Ecosse chez Gilwen

 Challenge Ecosse 02

20 février 2017

13 à table, 2017, collectif

13 à table

Comme tous les ans, des auteurs français reconnus, les éditions Pocket, les distributeurs, etc. s'associent pour donner naissance à un recueil de nouvelles dont les bénéfices sont reversés aux Restos du coeur (un livre acheté = 4 repas financés).

Cette année, les nouvelles sont placées sous le signe de l'anniversaire. Classique ou funeste, couronnement d'une vie ou sinistre commémoration ; les bougies sont présentes dans chacune de ces histoires mais pas toujours soufflées de bon cœur…

 

Les anniversaires familiaux

 Un joyeux non-anniversaire de Françoise Bourdin évoque bien sûr Lewis Carroll. Mais ce n'est pas un univers complètement décalé pour autant, juste un anniversaire qu'on fête dans l'espoir que le principal intéressant se manifeste. Attendrissant.

Bienvenue chez Suzanne Clavérie-Berard - Tatie Danielle pour les intimes-, qui vous invite à fêter ses Cent ans et toutes ses dents (François d'Epenoux).

Tu mens, ma fille ! Ou l'histoire d'une autre centenaire…

 Les anniversaires qui tournent mal

 C'est un anniversaire fatal qui nous attend sur Le chemin du diable de Maxime Chattam, qui, en quelques lignes, installe une atmosphère angoissante comme il les aime (et moi aussi) !

 En revanche, l'âme sensible que je suis n'a pas apprécié l'anniversaire n°4 (Le voilà, ton cadeau, Caryl Férey). Trop glauque, trop violent. Idem pour L'Echange de Bernard Minier.

J'ai appris le silence de Karine Giébel raconte l'histoire d'une vengeance ; tout est en place, et pourtant... Une nouvelle à chute à savourer.

Hémoglobine en vue chez Frank Thilliez avec Lasthénie. Surprenant et efficace !

Les anniversaires chargés en émotions

Un papa qui essaie de concocter un anniversaire inoubliable pour les dix ans de son fils, quitte à affronter les éléments dans Le soleil devrait être au rendez-vous dimanche. Une histoire d'amour envoûtante dans Accords nus de Marc Levy.

Et ma préférée, celle qui m'a permis de « rencontrer » Agnès Lugand-Martin : Merci la maîtresse. La narratrice, une maman débordée toujours en retard à l'école, est choisie pour préparer le goûter de départ de l'amoureuse de son fils. Pas facile quand on est complètement désorganisée (toute coïncidence avec la blogueuse ne serait nullement fortuite...). D'autant plus qu'elle doit officier avec Eric, le père de la petite, qui est loin d'être enthousiaste. Il va donc falloir composer… Emotion aussi avec Les 40 ans du fakir, un joli texte sur les retrouvailles, la croisée des cultures. Compassion pour Liza, qui retrouve sa voiture vandalisée par un ex-mari vindicatif alors qu'elle devait emmener sa fille en vacances. Liza trouvera une solution, mais le prix est lourd à payer (Fuschia, Yann Queffélec).

 Des nouvelles très variées donc, à découvrir d'urgence !

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14 février 2017

A table avec les amoureux, Claire Dixsaut

Une lecture de circonstance, n'est-ce pas ?

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La collection « A table avec » permet d’explorer un univers littéraire (A table avec Marcel Pagnol), pictural (A table avec Claude Monet) ou cinématographique à travers les papilles.

Ici, un quiz initial permet de tester ses connaissances en matière de comédies romantiques. Ensuite, les recettes sont classées en chapitres : Coup de foudre, Dîners magiques, Premiers baisers, Scènes de ménage, etc. Chaque recette est agrémentée d'une photo tirée du film, d'un court résumé et du dialogue qui correspond. Les films retenus (ainsi que quelques séries) sont variés et l'intitulé des recettes, original (A votre avis, quel film se cache derrière « L'agneau freudien » ? Indice : Kate Winslet casse l'ambiance à table en évoquant les récentes découvertes de la psychanalyse...)

Pour ma part, j'ai opté pour un couple légendaire, celui qui figure d'ailleurs sur la couverture, à savoir Scarlett O'hara et Rhett Butler. J'ai toujours aimé le Autant en emporte le vent, le film, et j'ai lu le roman à 14 ans. Il était donc naturel pour moi de cuisiner les « Mi-cuits Lune de miel », en référence au voyage de noce de nos deux tourtereaux à la Nouvelle-Orléans.

A table avec les amoureux

 

 110 grammes de chocolat noir en morceaux

90 grammes de beurre

80 grammes de sucre

1 cuillère à soupe de miel

40 grammes de farine

3 œufs

1. Au bain-marie ou au micro-ondes, faites fondre le chocolat (2 x 15 secondes) et le beurre (15 secondes). Tamisez la farine.

2. Fouettez au batteur électrique les œufs entiers avec le sucre et le miel jusqu'à ce qu'ils fassent le ruban. Incorporez au fouet le beurre et le chocolat fondu, puis la farine.

3. Préchauffez le four à 190°. Beurrez vos ramequins, saupoudrez-les de sucre, retournez pour faire tomber l'excédent. Remplissez vos moules aux trois quarts. Enfournez 5 minutes.

4. Laissez refroidir 5 minutes avant de démouler, ou ne démoulez pas. Servez tiède. L'extérieur est moelleux et le cœur, liquide. Vous pouvez préparer ce gâteau le matin pour le soir et le réchauffer 10 secondes au micro-ondes.

 

Si à votre tour vous avez envie de faire la Soupe bleue de Bridget Jones, de savourer un menu frugal Sur la route de Madison, de tester l'absinthe de Dracula ou encore de partager des Spaghetti Bella Notte comme La belle et le clochard, lancez-vous !

 

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05 février 2017

L'Auberge de la Jamaïque, 1941

p. 59 « Il y a des choses qui se passent à la Jamaïque, Mary, que je n'ai jamais osé dire. Des choses affreuses. Des choses sinistres. Je ne pourrai jamais te les raconter. »

 L'auberge de la jamaïque

Au XIXème siècle, sur la côte anglaise. La jeune Mary Yellan s'éloigne de son Helford natal, destination L'auberge de la Jamaïque, où elle doit rejoindre sa tante Patience après le décès de sa mère. Chemin faisant, Mary apprend que cette auberge est plutôt mal famée. Et de fait, la jeune femme découvre dès son arrivée qu'elle est gérée par un homme violent et alcoolique, Joss Merlyn, le mari de sa tante. Cette dernière, autrefois coquette et enjouée, n'est plus que l'ombre d'elle-même tant elle craint son mari. D'abord épouvantée, Mary décide de rester pour soutenir Patience et l'aider à prendre ses distances.

C'est un roman très sombre qui s'annonce dès les premières pages. Les éléments eux-mêmes semblent s'accorder au tempérament brutal de l'oncle Joss « vent violent, ciel de granit ». C'est un univers glauque, très éloigné des demeures raffinées de Rebecca et de Ma cousine Rachel. Le cadre est digne des Hauts de Hurlevement : la lande est battue par les vents et les pluies, l'auberge semble coupée du reste du monde. Et c'est sans compter bien sûr les sinistres événements qui se déroulent dans cette auberge, et dont Mary devine rapidement l'existence. On ne peut qu'admirer la force intérieure de ce personnage : au lieu de quitter les lieux, ce qu'elle serait en droit de faire, elle tient à rester dans l'intérêt d'une tante qu'elle n'avait pas vu depuis des années. Bien que jeune encore, Mary porte sur le mariage un regard lucide et désabusé ; elle projette de tenir une ferme, seule, sans jamais se marier. Mais elle ne tarde pas à comprendre qu'en matière d'amour, on ne peut pas tout contrôler, et que comme sa tante, elle pourrait tomber amoureuse d'un mauvais garçon… J'aime aimé cette dualité : les certitudes, les projets rationnels d'un côté, et la tentation de l'autre. Encore un fois, pas de manichéisme par ici. Même l'oncle repoussant, aussi bien moralement que physiquement, ne laisse pas Mary totalement insensible. Avec L'Auberge de la Jamaïque, on explore les complexités de l'âme humaine. Les certitudes de Mary vont être ébranlées, mises à l'épreuve par le duo Joss/Jem, l'oncle et le frère de l'oncle, les deux facettes d'une personnalité trouble et changeante. « Elle comprit pour la première fois que l'attraction et la répulsion se côtoyaient et qu'il y avait peu de marge entre elles. » (p. 207)

Une lecture sombre mais passionnante, pour tous ceux qui ont envie de frissonner dans un cadre hostile et désolé…

***

p. 204 « Elle était maintenant seule, prise au filet, un réseau tissé de brutalité et de crime ; elle vivait sous un toit qu'elle haïssait, parmi des gens qu'elle méprisait ; elle foulait une lande désolée, hostile, pour rencontrer un voleur de chevaux et un assassin. »

p. 320 « J'ai vu le bateau sortir du brouillard sans rien pouvoir faire… j'étais là toute seule dans le vent et la pluie. Il m'a fallu les regarder mourir. »

Challenge Daphné du Maurier

16 janvier 2017

L'île des beaux lendemains, Caroline Vermalle, 2014

« Notre dame de l'île, Terra Incognita d'elle-même, allait-elle trouver ce qu'elle cherchait ici avant qu'il ne soit trop tard ? »

L'île des beaux lendemains

Un couple de septuagénaires mal assorti. Des retrouvailles. Des regrets. Une renaissance. Il n'est jamais trop tard pour « devenir qui l'on est » (Nietzsche, citation découverte dans le dernier Flow…).

A l'occasion de ses soixante-treize ans, Jacqueline Le Gall prend conscience qu'elle n'a pas mené la vie qu'elle souhaitait. Soudain, elle décide de partir pour l'île d'Yeu, retrouver la cousine avec laquelle elle a été élevée, et qu'elle n'a pas revu depuis son propre mariage, cinquante ans plus tôt. Naturellement, en cinq décennies, les choses ont beaucoup changé, et la cousine Nane n'est plus la même. De Son côté, Marcel, le mari abandonné, va se lancer un défi un peu fou pour retrouver son épouse...

J'ai passé un agréable moment en compagnie de ces seniors qui veulent réaliser leurs rêves de jeunesse ; ils sont tous très attachants, avec leurs passions (la nage dans la Loire pour Marcel, les supernovae pour Paul, le parrainage des enfants pour Jacqueline). Nane est sans nul doute la plus authentique avec ses manière directes, son parler cru et sa chaleur humaine. Sa maison sur l'île d'Yeu constitue un refuge pour tous ceux qui en ont besoin, que ce soit pour se ressourcer, pour trouver un sens à sa vie ou remettre au jour de lointains souvenirs…

La narration est originale et poétique puisque ce sont les papillons et les vents qui comblent les blancs en communiquant entre eux, faisant le lien entre les progrès de Marcel et la retraite silencieuse de Jacqueline. En deux petits centaines de pages, ce court roman en dit long sur les petits ratés ou les occasions manquées, jusqu'au jour où...

 ***

p. 25 « Les insectes n'ont pas le goût des révolutions, mais certains d'entre eux sont des poètes. C'est l'apanage de ceux qui savent que la vie est courte. »

p. 76 « Parce qu'il savait qu'au fond de son corps vieillissant se cachaient les supernovae, ces étoiles géantes encore plus grandes que le soleil. »

***

Merci Nath, pour la découverte !

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15 janvier 2017

Dewey, Vicki Myron et Bret Winter, 2009

 

p . 214 « Et la règle d'or de tout chat de bibliothèque, valble sans limitation de durée :

 

N'oubliez jamais, et ne laissez jamais les humains oublier qu'ici, c'est chez vous ! »

Dewey

 

Le 18 janvier 1988, Vicki Myron, bibliothécaire à Spencer, découvre, dans la boîte à livres, un chaton roux transi de froid. Très vite, l'évidence s'impose : le chaton va rester à la bibliothèque et prendre le nom de Dewey, comme la classification décimale mise au point au XIXème siècle. Peu à peu, Dewey prend ses marques et attire l'attention, jusqu'à devenir célèbre dans le monde entier.

A travers une succession de chapitres thématiques, l'auteure nous raconte comment Dewey est devenu l'attraction locale. Elle évoque aussi les péripéties qui ont jalonné la vie du chat (ses petites manies comme dormir au rayon western, ses préférences alimentaires, ses jeux, etc.) mais aussi les événements, souvent tragiques, de son existence à elle, qui s'entrecroisent. 

Dewey n'est pas seulement un hommage rendu à ce chat attachant, c'est aussi une chronique de la vie quotidienne dans une petite commune rurale de l'Iowa, des années 80 à nos jours, les bouleversements dus à l'industrialisation de l'agriculture, menaçant pendant un moment l'avenir de Spencer. On y découvre aussi rapidement l'histoire des bibliothèques de style néo-classique Carnegie, du nom de cet industriel philanthrope qui finança aussi le célèbre Carnegie Hall à New York. Et surtout, Vicki Myron nous fait entrer dans les coulisses de sa bibliothèque, nous montrant son évolution avec l'arrivée des nouvelles technologies.

J'ai refermé le livre avec une certaine tristesse évidemment. On sait que Dewey est mort en 2006, à un âge tout à fait vénérable, grâce à la quatrième de couverture ; malgré tout, à force de lire le récit de ses aventures, on a l'impression qu'il est devenu immortel.

Un petit bémol, le récit est souvent au premier degré ; Vicki Myron rappelle à plusieurs reprises que Dewey a changé sa vie et même celle des habitants de Spencer, ce qui peut paraître exagéré pour une personne extérieure à l'histoire. Mais il faut reconnaître que nos compagnons à quatre pattes cheminent un long moment avec nous et font partie de notre histoire ; quand je pense aux chiens et chats de mon enfance, c'est toujours avec nostalgie et affection. Ma vie aurait sans doute été différente sans eux. J'arrive donc à comprendre ces élans presque lyriques qui peuvent paraître un peu mièvres.

Reste que la présence de Dewey est une expérience enrichissante ; il a rendu l'atmosphère plus chaleureuse, créé des liens entre les lecteurs, aidé des enfants à s'épanouir… Personnellement, il ne me déplairait pas de voir des animaux dans les lieux publics, plutôt que d'évoluer dans des univers aseptisés et impersonnels. Evidemment c'est plus compliqué quand on est allergique ; le problème est d'ailleurs évoqué dans le livre. Mais je me verrais bien faire cours avec un chat ronronnant sur mon bureau par exemple ! Et ça n'est pas seulement une lubie de ma part à en juger par le succès des bars à chats en ce moment…

***

p. 13 « Quelle influence un animal peut-il avoir ? Combien de vies un chat peut-il toucher ? »

p. 159 « Il voulait explorer. Escalader. Et, surtout, il voulait franchir de nouveaux obstacles. Nous qualifiâmes son état de phase Edmund Hillary, d'après le célèbre alpiniste. »

 Le site dédié à Dewey : http://deweyreadmorebooks.com/

Une vidéo parmi d'autres :

 

 Challenge animaux du monde

Première participation au Challenge des 12 thèmes pour une lecture doudou : l'histoire d'une boule de poils dans un monde de livres, quoi de mieux ?!

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14 janvier 2017

Challenge Animaux du monde

Organisé par Sharon, ce défi est l'occasion de réunir deux passions : la lecture, et nos amis les animaux (notamment les chats en ce qui me concerne). Cliquez sur le logo si vous voulez nous rejoindre. 

Challenge animaux du monde

Voilà les livres que j'aimerais présenter pour l'occasion :

Dewey, Vicky Myron

Dewey

Le froid modifie la trajectoire des poissons, Pierre Szlalowski

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20 ans avec mon chat, Mayumi Inaba

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Demain les chats, Bernard Werber, apporté par le père Noël...

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Les nuits du chat botté, Jean-Christophe Duchon-Doris, "Un sérial killer dans la Provence du XVIIIème siècle"

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Danse avec les loups, Michael Blake

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Le tigre blanc, Aravind Adiga

Couverture Le tigre blanc

Le chat dans le cercueil, Mariko Koike

Couverture Le chat dans le cercueil

Le chat qui connaissait Shakespeare, Lillian Jackson Braun

Couverture Le chat qui connaissait Shakespeare

Le lion, Joseph Kessel

Couverture Le Lion

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07 janvier 2017

Agatha Raisin tome 2, Remède de cheval, M. C. Beaton

 

Remède de cheval

 

Nous voilà de retour à Carsely où Agatha, jeune retraitée des relations publiques, s'ennuie déjà après la résolution d'un meurtre dans le premier tome. Heureusement, l'arrivée d'un séduisant vétérinaire va relancer l'intérêt d'Agatha pour le village, d'autant plus lorsque celui-ci est retrouvé mort dans l'écurie de lord Pendlebury. Accompagnée de son charmant voisin James Lacey, Agatha commence à mener l'enquête, persuadée une nouvelle fois qu'il s'agit d'un crime. Quoique poussés par des motivations différentes – James, face à l'angoisse de la page blanche, cherche n'importe quel prétexte pour différer son projet d'écriture d'une histoire militaire ; Agatha, quant à elle, l'embarque dans cette histoire avec la vague intention de lui mettre le grappin dessus – ils vont constituer un duo de choc…

 

Quel plaisir de retrouver Agatha ! Désormais, elle fait partie de mes amies intimes, au même titre qu'Isabel Dalhousie, même si c'est pour des raisons bien différentes. Autant Isabel est raffinée et cultivée, autant Agatha est rustre et égocentrique. Mais c'est bien ce qui m'amuse. Elle ne s'en laisse pas conter et n'hésite pas à écraser les autres pour parvenir à ses fins. Dans ce nouvel opus, comme elle a décidé de s'attaquer à la gent masculine, elle me fait penser à une Bridget Jones qui serait devenue amère et grincheuse… et pas très douée pour séduire ! Elle accumule les bourdes et se couvre de ridicule, pour notre plus grand plaisir ! Aux côtés du flegmatique James, Agatha fait figure de brute épaisse. Et c'est sans compter ses rivales, les autres célibataires de Carsely qui se pâment devant James. Saura—t-elle malgré tout conquérir le cœur de ce solitaire ?

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