La bibliothèque de Northanger

06 décembre 2019

TAG musical de Noël

Aujourd'hui, je me prête avec plaisir au tag musical proposé par nos deux organisatrices. Attention, je vous préviens, ça n'est pas très new age !!

    • La petite nouvelle dans ma playlist : Sleigh Ride (Leroy Anderson)

    • La chanson qui tourne en boucle chaque année : Adeste fideles. J'aime bien les chants de Noël traditionnels, j'avoue...

    • La chanson la plus originale de ma playlist : What Child is this ? sur l'air de Greensleeves de The Hound + The Fox

  • La chanson de Noël qui me fait pleurer : en ce moment c'est The first Noel réinterprété par The Hound + The Fox (encore !)

 

  • La chanson de Noël dont j’ai le plus honte : il n'y en a pas, j'assume mes goûts ! :)

  • La chanson qui n’est pas « Noël », mais que j’aime écouter à cette période : une chanson fleur bleue que les elfes de Noël aiment bien aussi, You raise me up, reprise par Josh Groban

  • Et vous, avez-vous répondu à ce tag ?
  • Chez Samarian et chez Chicky Poo

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03 décembre 2019

PAL de Noël

Avec un petit peu de retard, je me faufile dans le chalet pour profiter des festivités de l'Avent ! Et pour commencer, je vous présente ma PAL de Noël, dévoilée il y a quelque temps déjà sur Instagram.

 

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🎄La danse hésitante des flocons de neige, Sarah Morgan

🎄Au bord de la terre glacée, Eowyn Ivey

🎄La fille de l'hiver, Eowyn Ivey

🎄Le livre de Noël, Selma Lagerlöf

🎄Christmas Pudding, Nancy Mitford (que j'ai oublié de prendre en photo)

🎄🎄🎄

Après avoir feuilleté quelques pages de La danse hésitante des flocons de neige, je me suis finalement décidée pour le roman Au bord de la terre glacée. Je le savoure à petites doses (malheureusement) car la période est chargée mais j'apprécie énormément le dépaysement. Pas de Noël en vue, mais plein de neige ! Le lecteur explore l'Alaska aux côtés du lieutenant Forrester en 1885 ; en parallèle nous est dévoilé le journal de son épouse qui a dû rester à Vancouver mais qui aurait aimé partir avec lui. C'est bien mené.

Et vous, que lisez-vous en ce mois de décembre ?

Pour participer au challenge, c'est chez Samarian et chez Chicky Poo

 

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30 octobre 2019

Les pièges du crépuscule, Frank Tallis, tome 4

« Un golem. Un être artificiel. Il a ramassé de la terre sur les rives de la Vltava, a façonné un homme et lui a insufflé la vie après avoir consulté le Séfer yetsirah, le Livre de la Création. Le golem possédait une force surnaturelle et a longtemps protégé les Juifs du ghetto. Selon une autre version, il serait devenu incontrôlable et destructeur » (p. 260)

Les pièges du crépuscule

 Non non, je ne fais pas que lire Frank Tallis en ce moment ! Mais je vous propose quand même le tome 4 de la série « Les carnets viennois »...

Max Lieberman est psychanalyste dans la Vienne impériale. Il prête régulièrement main-forte à son ami et inspecteur Oskar Reinhardt dans le cadre d'enquêtes pour meurtre. Cette fois, les deux comparses vont être confrontés à un personnage légendaire : le Golem. En effet, les meurtres se succèdent à Vienne : on retrouve des corps décapités à côté d'une flaque de boue qui serait la signature de la créature mythique conçue par Rabbi Loew. Sur le plan professionnel, la carrière de Max est mise en péril par l'antisémitisme qui se répand à l'époque ; il va profiter de cette parenthèse inattendue pour découvrir Prague et tenter de percer les secrets du Golem...

Cet polar historique a l'originalité d'évoquer une créature surnaturelle, c'est pourquoi il trouve toute sa place dans le challenge Halloween. Le Golem semble s'être réveillé pour semer la désolation en décapitant à mains nues ses malheureuses – mais antipathiques – victimes. J'ai cependant eu plus de mal à entrer dans ce récit que dans les précédents. La « rencontre » très attendue avec le Golem n'arrive qu'à mi-parcours. Il faut ajouter à cela une multitude de personnages et une alternance incessante de points de vue qui m'a un peu gênée pour m'immerger pleinement dans l'action. Enfin, les atermoiements sentimentaux de Max m'ont un peu agacée ; lui qui est si prompt à répondre à une sollicitation féminine, qu'attend-il pour se déclarer à la véritable élue de son cœur ??

Mais je suis sévère parce qu'on se régale toujours autant à l'évocation des pâtisseries légendaires dont se délectent régulièrement nos personnages. Je note aussi soigneusement les références musicales qui émaillent le récit. La reconstitution historique est toujours soignée avec la mention d'événements précis, de journaux d'époque, de réalités sordides, avec toujours pour toile de fond la montée tragique et implacable de l'antisémitisme en ce début de XXème siècle. L'exploration de Vienne se trouve renouvelée à chaque aventure.

J'ai adoré me promener dans les rues de Prague que je connais bien tandis que je ne suis allée à Vienne qu'une fois, il y a bien longtemps.

p. 236 « La nuit tombait lorsqu'ils approchèrent du pont Charles. Le portail gothique se dressa devant eux, tour en briques sombres surmontées d'une flèche carrée, massive, dont jaillissaient d'innombrables pinacles au sommet doré. »

 ***

En dépit de la lenteur de l'intrigue et du trop grand nombre de personnages – glauques -, le cadre et la culture raffinée de Max et Oskar ont su me convaincre de poursuivre ma lecture de cette saga que je vous recommande vivement !

***

Le challenge Halloween bat son plein chez Lou et Hilde !

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17 octobre 2019

Les portes de l'interdit, Frank Tallis

XIXème siècle. Juste après la guerre franco-prusse, le narrateur, Paul Clément, séjourne dans les Caraïbes où il assiste à une scène vaudoue terrifiante. De retour à Paris, il devient l'assistant de Duchenne puis de Charcot à la Salpêtrière. A la mort de Duchenne, il décide de poursuivre les expériences de ce dernier sur la réanimation par choc électrique dans l'espoir de montrer que l'âme survit à la mort physique. Exalté par le récit des patients ayant vécu une expérience de mort imminente, il décide de vivre l'aventure par lui-même. Mais on ne joue pas impunément avec la mort...

Les portes de l'interdit

Depuis l'automne dernier, j'ai une passion pour les Carnets viennois de Max Lieberman du même auteur, mais j'avais déjà lu auparavant un autre thriller fantastique, La chambre des âmes qui avait été un gros coup de cœur. Là, mon ressenti est un peu différent.

Comme dans La chambre des âmes, le lecteur suit le parcours d'un narrateur d'abord assez impersonnel qui va être confronté à des événements pour le moins étranges. Le fait que ce personnage soit un psychiatre donne d'autant plus de crédit à son histoire. Qui plus est, Paul Clément côtoie des personnages historiques : Guillaume Duchenne, dont les expériences décrites dans le livre ont réellement été menées ; Jean Martin Charcot, le père de la neurologie moderne. On retrouve donc le côté histoire de la médecine qui m'avait intéressée dans le roman dont je parlais plus haut, et qui sert aussi de caution. Le roman est habilement construit : après le prologue, une première partie assez courte mène le narrateur à faire l'expérience qui va changer sa vie ; les deux parties suivantes sont construites en miroir, atteignant chacune le paroxysme de l'horreur – une lecture de saison donc. L'auteur a eu le bon goût de laisser le lecteur reprendre son souffle avec un début de troisième partie un peu plus serein, heureusement pour moi !

Dans un premier temps, j'ai donc plongé avec plaisir dans la France du 19ème siècle avec ses codes, ses mondanités et ses hôpitaux. Cependant, comme souvent dans les histoires de ce genre, il y a des scènes extrêmement dérangeantes, d'ordre sexuel, qui m'avaient déjà gênée à la lecture de La maison des damnés de Richard Matheson lors d'un Halloween passé. En-dehors de ce détail – qui concerne quand même toute la première partie -, j'ai fini par apprécier l'atmosphère surnaturelle qui plane sur le roman. Frank Tallis explique à la fin qu'il a voulu recréer une atmosphère décadente à la Huysmans, pari réussi !

Une lecture en demi-teinte donc : si vous aimez les histoires de possession, jetez-vous à l'eau ; si vous êtes sensible comme moi, passez votre chemin !

Copinautes sorcières Lou et Hilde, êtes-vous tentées par cette aventure étrange ?^^

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02 octobre 2019

Sans âme, Le Protectorat de l'ombrelle, tome 1, Gail Carriger

 Londres, XIXème siècle. Mademoiselle Alexia Tarabotti est une sans âme, c'est-à-dire qu'elle est capable, par son simple contact, de neutraliser les pouvoirs surnaturels des loups-garous et autres vampires qui composent la bonne société londonienne. Elle est aussi une « vieille fille » de 26 ans, caractérisée par des formes généreuses et un nez, aux dires de sa mère, disgracieux. Un soir, au cours d'une réception, Alexia tue accidentellement un jeune vampire affamé. Elle doit donc répondre de ses actes à Lord Conall Maccon, comte de Woolsey, qui dirige le BUR avec l'aide de Lord Lyall. Très vite cependant, le caractère dominant de lord Maccon, alpha d'une meute de loups-garous, suscite des réactions diverses chez Alexia. Et comme elle aussi a un caractère très affirmé, les joutes verbales sont de la partie et leur relation va se complexifier.

Sans âme

 Je ne suis pas vraiment une adepte des créatures de la nuit et depuis Twlilight, je me méfie de la mode des vampires. J'ai donc ouvert ce livre avec circonspection, m'attendant à abandonner au bout d'une cinquantaine de pages (en vertu de ma nouvelle politique : abandonner sans vergogne les livres qui ne me plaisent pas). Et finalement, je suis tombée sous le charme.

Les créatures surnaturelles, bien que peu nombreuses à Londres, ont révélé leur existence aux mortels. Leur société est hiérarchisée et régulée. Seule la reine, par exemple, peut créer de nouveaux vampires ; l'ordre des choses est donc très codifié, à l'image de la société victorienne dans laquelle évoluent les personnages. Ce code nous évite ainsi une débauche d'hémoglobine à la nuit tombée.

On retrouve toutes les subtilités d'un récit du 19ème siècle : la délicatesse de la description des tenues, l'étiquette rigide à laquelle sont soumises les relations, le tout saupoudré d'humour british. Il y a un petit côté steampunk aussi, avec tous ces dirigeables qui naviguent dans le ciel londonien, ce qui m'a fait rêver. Enfin, moi qui suis assez réfractaire aux créatures fantastiques, j'ai été surprise de constater la sensualité qui pouvait émaner d'un loup-garou...

Un roman qui m'a agréablement surprise donc, bien que je le découvre des années après tout le monde, et qui me permet d'entrer dans le manoir hanté de Lou et Hilde !

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28 septembre 2019

Hallow' Rat ! [billet de suivi mis à jour tout le week-end]

Lorsque j'ai découvert hier qu'Hilde et Lou organisaient un marathon de lecture sur le thème d'Halloween, la fatigue de la semaine s'est allégée tout d'un coup ! Même si mon week-end s'annonce chargé avec des corrections de copies, je ferai néanmoins quelques petites pauses spectrales et horrifiques ! Je ne lirai pas beaucoup mais je serai ravie de partager un peu mon week-end avec les copinautes et d'aller leur rendre visite !

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08h30

Pour l'heure, je prends la direction de la piscine car mes citrouilles prennent des cours le samedi matin. En ce qui me concerne, j'ai prévu de lire au bord du bassin. j'espère avancer dans la lecture des Sorcières de Salem, tome 2, de Millie Sydenier tout en feuilletant de temps à autre un magazine à terminer. Bonne matinée à vous !Résultat de recherche d'images pour "la confrérie de la clairière"

***

15h20

Petit changement de programme ce matin : les cours ont été annulés. Pour une fois, j'ai donc pris le temps de me réveiller tranquillement. Je suis allée au jardin pour nourrir mes animaux, j'ai fait une petite récolte, composé un bouquet de thym à suspendre dans ma cuisine. Puis j'ai refait un stock de provisions pour tenir jusqu'au milieu de semaine. Peu de lecture jusque-là donc...

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J'apprécie Les sorcières de Salem parce qu'on côtoie des personnages historiques et que c'est bien écrit. J'ai lu le tome 1 il y a quelques années et j'avais envie de découvrir la suite. Mais en général, j'ai toujours besoin d'avoir une lecture "adulte" en plus. Je lis donc le tome 4 de ma série préférée du moment, "Les carnets de viennois de Max Lieberman" de Frank Tallis. Max est un psychanalyste dans la Vienne impériale qui apporte son soutien à la police dans le cadre d'enquêtes pour meurtre. On aperçoit de temps à autre Freud. J'adore l'ambiance parce qu'en dépit de meurtres souvent glauques, l'atmosphère est très raffinée (musique, pâtisseries) et les personnages principaux attachants. Si ça vous tente, vous pouvez lire mes chroniques par ici :

- La justice de l'inconscient

- Du sang sur Vienne

- Les mensonges de l'esprit

 

Dans le tome 4, Les pièges du crépuscule, il est question d'une créature mythique, le Golem...

J'ai hâte de m'attaquer à L'école de la nuit, le 2ème tome de la saga de Déborah Harkness. Mais je doute d'avoir le temps de le finir d'ici Halloween, quel pavé !

Pour l'heure, petit tour chez les copinautes avec de me plonger dans ma lecture... A tout à l'heure pour les pâtisseries !

***

22h57

Je viens de faire une longue mise à jour de mon billet qui a planté :(. Je rajouterai mes photos demain car là, il n'y a pas moyen !

Je vous propose donc une version courte avant de dormir :

- atelier gâteau au yaourt avec les petites citrouilles ambulantes : nous avons cuisiné pour un régiment

(ici, les petits coeurs à la cannelle du garçon-citrouille)

 

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- petite séance geek avec un jeu très vintage, Heroes of Might and Magic II. Chaque joueur incarne un chevalier qui doit conquérir du territoire, équiper son château et lutter contre des créatures. Là, j'ai le château des fées mais il existe aussi le château des créatures de la nuit, tout à fait dans le thème !

 

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Là, je reprends Les pièges du crépuscule pour quelques instants.

Je vous souhaite à toutes de belles frayeurs à la bougie !^^

***

Dimanche - 10h15

Je viens d'ajouter les photos qui ne voulaient pas s'insérer hier soir : quelques gâteaux et le jeu vidéo. Ce matin, lever très tranquille vers 9h et petit-déjeuner en famille. J'ai lu quelques pages au coin du feu des Pièges du crépuscule. Le Golem va-t-il faire d'autres victimes ?

Après un petit tour chez les copinautes, direction le poulailler pour la toilette hebdomadaire de ces dames !

A tout à l'heure !

***

16h38

Après le nettoyage du poulailler, j'ai pu faire du vélo elliptique, un petit geste santé qui me coûte mais qui fait du bien sur le long terme. Tout ça au son d'une playlist d'Halloween bien sûr !

Pendant que les petits vampires goûtent, je m'apprête à faire une purée de citrouille et une sauce au vin. Tout à l'heure, je me suis installée au jardin avec mon black cat et me suis partagée entre copies et fin des Pièges du crépusucule, mission accomplie. Maintenant, je sais tout du Golem de Prague ! A tout à l'heure pour la photo de mes petits plats, si tout se passe bien !

***

18h10

La sauce au vin est prête, la citrouille attend d'être mixée et j'en ai profité pour faire du riz au lait. Les petits vampires ont révisé pour demain.

Je vous présente ci-dessous ma lecture pour ce soir, à la bougie : un roman gentiment prêté par Hilde il y a quelque temps. Je l'ai reçu tout endimanché dans un bel emballage avec de chouettes autocollants ainsi que La pâtissière de Long Island qui revient tout droit du Livroblog.

A plus tard !

 

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***

21h28

Petit passage express pour vous montrer ma purée de citrouille accompagnée de son oeuf poché dans un liquide rouge sang^^.

Demain j'ai une grosse journée mais la soirée sera placée sous le signe du RAT pour la dernière ligne droite ! Bonne lecture à vous !

 

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***

Petite mise à jour post RAT pour remercier chaleureusement les copinautes qui sont passées ce week-end ! Ce fut un joli moment de partage et de complicité. Lundi soir, il m'est arrivé une chose étrange : j'ai reçu la visite du démon des copies qui m'a empêchée de faire ma lecture à la bougie, le coquin ! Mais ce n'est que partie remise, j'ai encore tout un mois pour frissonner en votre compagnie ! A très vite :)

 

Les marathoniennes :

TiphanyaClarabelNathchocoJojoSamlorBidibBlandineChicky PooFondantNorthanger, L’Or RougeHilde, Lou

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12 septembre 2019

La Papeterie Tsubaki, Ito Ogawa

« Sur la vieille porte à deux battants vitrés en haut figurent les mots Papeterie à gauche et Tsubaki à droite. Tsubaki, comme le grand camélia du Japon qui se dresse à l'entrée, véritable sentinelle chargée de protéger la maison. »

p. 12-13

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Hatoko, alias Poppo, tient la papeterie héritée de sa grand-mère à Kamakura. Elle est aussi calligraphe et écrivain public, deux arts complémentaires qu'elle exerce avec talent. Des clients viennent la voir pour écrire des missives variées (lettre de rupture, de réconciliation, carte de vœux, offrande...) qu'ils n'osent écrire eux-mêmes pour diverses raisons. Hatoko prend le temps de faire connaissance avec ses clients et de sonder leurs sentiments avant de trouver l'inspiration. En résultent des lettres tout en finesse, alliance de simplicité et de poésie. Les lettres sont aussi reproduites en langue originale.

J'ai lu il y a quelque temps Le restaurant de l'amour retrouvé qui ne m'avait pas enchantée plus que ça. Là, c'est un coup de cœur. La narratrice nous convie immédiatement dans son univers en se livrant avec confiance et simplicité ; ses petits rituels quotidien la rendent immédiatement proche du lecteur et sympathique.

L'histoire s'écoule lentement, au rythme des saisons et des demandes des clients, comme un ruisseau rafraîchissant. Poppo m'a entraînée avec elle dans le langage secret de la correspondance ; tout fait sens dans les matériaux utilisés : couleur et épaisseur du papier, symbolique de l'encre. « Délayer l'encre, c'est le signe d'une grande tristesse : les larmes tombées sur la pierre à encre en ont éclairci la couleur » (p. 41). Le choix de l'instrument est aussi déterminant : c'est un art très subtil. Poppo se dévoue à son travail avec sensibilité et bonheur, même si son parcours personnel a été chaotique.

Tout au long de l'année, Poppo participe à des rites que je ne connaissais pas mais qui donnent envie d'en savoir plus sur la culture japonaise (promis, je passe un mois au Japon au mois de mars sur les blogs!) : le grand rite de purification du 30 juin, les poupées kokeshi, le rituel des sept herbes et la fête des lanternes pour n'en citer que quelques-uns.

Moi qui suis passionnée par l'histoire du livre et des techniques d'écriture en général, je me suis régalée :

« Enfin, il a été temps de préparer l'encre. Avec la verseuse, j'ai déposé quelques gouttes d'eau sur le mont de la pierre à encre. Fabriquer de l'encre ! J'attendais ce moment depuis longtemps. J'adorais la sensation froide du bâton d'encre entre mes doigts. » (p. 23)

Sur le papier vergé : « Au toucher, ce papier a la chaleur du fait main, il en émane bienveillance et douceur » (p. 104).

« Pour écrire sur du parchemin, on utilise de l'encre ferrique. C'est de la noix de galle réduite en poudre et mélangée avec des sels de fer, une mixture stabilisée avec du vin rouge ou du vinaigre, et qui remet au goût du jour l'encre du Moyen-Age. Pour finir, on incorpore de la gomme arabique, pour lui donner de la consistance » (p. 298).

 Un livre que je recommande vivement donc !

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11 septembre 2019

Le Journal de Frankie Pratt, Caroline Preston

L'histoire débute en 1920, lorsque la jeune Frances, âgée de 18 ans, reçoit un journal en cadeau. Elle décide d'y écrire quotidiennement en dépoussiérant la vieille machine à écrire de son père. Sa mère étant veuve, Frances décide de ne pas aller à l'université afin de réduire leurs frais. Son diplôme d'études secondaires en poche, elle commence à travailler et suit les cours du soir pour devenir infirmière. Mais quand un incident avec un homme plus âgé met en jeu sa réputation, la mère de Frances décide finalement de l'envoyer à l'université de Vassar, dans l'Etat de New York, en cours d'année. La jeune fille découvre alors la vie estudiantine ; ses compétences et ses affinités la mèneront ensuite à New York et à Paris.

 

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Le Journal de Frankie Pratt est un roman graphique très original, composé de pièces d'époque collectées par l'auteure : tickets de cinéma, images publicitaires, cartes postales anciennes, photographies en noir et blanc... Les amatrices de vintage – comme moi – ont de quoi être comblées. L'ensemble est très esthétique et recherché. Au milieu des images s'insèrent les textes de Frankie tapés à la machine. Mais ce patchwork d'images contribue aussi à créer un effet patchwork en ce qui concerne l'intrigue : les événements s'enchaînent sans lien apparent, les textes étant très courts, parfois trop, au profit de l'image, ce qui fait que l'expression des sentiments est réduite à l'essentiel. Il m'a a fallu un petit temps d'adaptation avant de me plonger vraiment dans les aventures de la jeune Américaine. Mais après avoir pris mon rythme de croisière, j'ai pris plaisir à tourner les pages et à admirer la variété des images et des supports. Et surtout, derrière la légèreté apparente du personnage se trace le tableau de la condition féminine aux Etats-Unis dans les années 20. Les jeunes femmes qui faisaient des études – ici, dans une université féminine d'ailleurs -, avaient ensuite deux possibilités : devenir dactylo ou se marier. Frankie va réussir à suivre son propre chemin en dépit des obstacles.

Caroline Preston a publié un autre roman graphique en 2017, pas encore traduit en français : The War Bride's Scrapbook.

***

Le mois américain bat son plein chez Titine !

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15 août 2019

Il n'est jamais trop tard, Anne Youngson

« J'ai écouté tout ce que vous m'avez dit et vos silences, dans lesquels j'ai entendu ce que vous ne disiez pas. »

Il n'est jamais trop tard

Il n'est jamais trop tard est un roman épistolaire anglais paru sous le titre plus parlant je trouve « Meet Me at the Museum ».

Tout commence avec une lettre évoquant l'homme de Tollund. En effet, Tina Hopgood, une Anglaise âgée d'une soixantaine d'années, est en pleine crise existentielle. Sa frustration s'exprimer à travers son intérêt pour un homme de l'âge du fer retrouvé dans une tourbière danoise dans un état de conservation stupéfiant, que Tina s'était promis d'aller voir un jour. Dans sa première lettre, elle s'adresse donc au professeur danois qui était venu rencontrer sa classe il y a bien longtemps pour leur parler de cette période de l'histoire. Mais comme elle s'y attendait, le professeur est déjà décédé depuis une vingtaine d'années. C'est donc Anders, l'actuel conservateur du musée de Silkeborg, au Danemark, qui lui répond. Aussi étrange que soit la nature de leur correspondance, celle-ci se poursuit et prend même des accents plus intimes au fil des mois.

 Depuis Quand souffle le vent du nord, Vous avez un mess@ge et bien d'autres, la correspondance improbable qui réunit deux parfaits inconnus est presque devenue un classique. Mais ici, il faut reconnaître que la première lettre envoyée par Tina est particulièrement originale, comme une bouteille lancée à la mer. S'ensuivent des échanges pour le moins étranges sur l'homme des tourbières et son importance dans la vie de Tina. Je gage que c'est un sujet peu commun dans les conversations, même épistolaires.

Autre point fort, les deux protagonistes sont des seniors qui s'interrogent sur les rêves non réalisés et le sens de la vie, une classe d'âge que je rencontre assez peu dans mes lectures. Ils sont assez différents l'un de l'autre puisque l'une est mariée, l'autre veuf ; Tina vit dans le monde rural tandis qu'Anders habite à Copenhague, des différences qui finalement, ne font que renforcer leurs affinités.

Ceci dit, j'ai trouvé que l'échange entre les deux personnages prenait (trop) rapidement une tournure assez intimiste. J'ai du mal à imaginer que deux inconnus puissent se confier aussi naturellement, sans aucune réticence, l'un à l'autre, quand bien même ils souffrent de solitude, chacun à leur manière. Et même si l'image de l'homme de Tollund reste en filigrane dans tout le récit, la tension dramatique retombe assez vite ; l'échange débute certes de manière inattendue mais très rapidement, j'ai eu le sentiment de lire la correspondance assez banale de deux amis. J'ai donc pris tout mon temps pour achever cette lecture, pas plus curieuse que ça d'en connaître la fin, même si ce fut une lecture agréable grâce à la sympathie qu'inspirent ces deux personnages et leurs déboires respectifs et de la poésie qui affleure à certains moments.

 ***

« Je pensais à cette image, celle de l'enfant que je connaîtrai un jour, mais aussi à la ressemblance à un être qui n'est pas encore né et le corps de l'homme de Tollund, mort il y a des siècles. » (p. 130)

« A chaque fois que je ramasse des framboises, je parcours la rangée aussi lentement que possible, à la recherche de tous les fruits mûrs. Mais j'ai beau être attentive, quand je fais demi-tour pour remonter l'allée dans l'autre sens, je vois des fruits qui m'avaient échappé au premier passage. Je me suis dit qu'une deuxième vie pouvait être comme un deuxième passage le long d'une rangée de framboisiers ; il y aurait de bonnes choses que je n'aurais pas connues lors de ma première vie, mais je me rendrais compte, j'imagine, que la plupart des fruits se trouvaient déjà dans mon panier. » (p. 80)

Les Délices de Tokyo, Durian Sukegawa

« Le cercle de pâtisserie du Tenshôen... J'ai toujours fait des gâteaux. Parce que sinon, la vie était trop dure. Faire des gâteaux, c'était un défi, et un combat. » (p. 138)

Les délices de Tokyo

Sentaro est le gérant peu motivé d'une petite pâtisserie de dorayaki. Il a abandonné son rêve de devenir écrivain pour sombrer dans un marasme où l'indifférence le dispute à la mélancolie. C'est alors que surgit de nulle part la vieille Tokue, qui va le convaincre de fabriquer lui-même le an, la pâte de haricots qui accompagne les dorayaki. Non seulement le succès est au rendez-vous, mais Tokue va surtout apprendre à Sentaro à écouter la voix des haricots...

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Les délices de Tokyo est un récit surprenant. J'attendais un roman gourmand qui me permettrait de me familiariser avec le cuisine japonaise que je ne connais pas si bien que ça. J'attendais également un récit d'apprentissage, centré sur la transmission et l'amitié. Et c'est d'ailleurs le cas mais pas seulement. J'ai découvert une page de l'histoire japonaise récente à travers le destin bouleversant de Tokue. Je n'en dirai pas plus pour ne pas gâcher le plaisir de la découverte, mais disons que l'histoire prend une direction inattendue et met à l'épreuve l'humanité et la tolérance de Sentaro. La vie de Sentaro va être bouleversée, mais c'est finalement celle de Tokue qui devient le centre de l'attention. A vrai dire, je pensais découvrir un livre plus léger, feel good, influencée par le titre et les jolies couleurs de la couverture et donc j'ai été agréable surprise par la gravité qui s'empare peu à peu du récit.

Ce roman a fait l'objet d'une adaptation au cinéma que je n'ai pas vue.

 

Un roman touchant et vite lu que j'ai découvert en mars à occasion du mois japonais chez Lou et Hilde, même si, honte à moi, j'écris mon billet seulement maintenant...

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