La bibliothèque de Northanger

15 août 2019

Il n'est jamais trop tard, Anne Youngson

« J'ai écouté tout ce que vous m'avez dit et vos silences, dans lesquels j'ai entendu ce que vous ne disiez pas. »

Il n'est jamais trop tard

Il n'est jamais trop tard est un roman épistolaire anglais paru sous le titre plus parlant je trouve « Meet Me at the Museum ».

Tout commence avec une lettre évoquant l'homme de Tollund. En effet, Tina Hopgood, une Anglaise âgée d'une soixantaine d'années, est en pleine crise existentielle. Sa frustration et ses cet homme de l'âge du fer retrouvé dans une tourbière danoise dans un état de conservation stupéfiant., que Tina s'était promis d'aller voir un jour. Dans sa première lettre, elle s'adresse donc au professeur danois qui était venu rencontrer sa classe il y a bien longtemps pour leur parler de cette période de l'histoire. Mais comme elle s'y attendait, le professeur est déjà décédé depuis une vingtaine d'années. C'est donc Adners, l'actuel conservateur du musée de Silkeborg, au Danemark, qui lui répond. Aussi étrange que soit la nature de leur correspondance, celle-ci se poursuit et prend même des accents plus intimes au fil des mois.

 Depuis Quand souffle le vent du nord, Vous avez un mess@ge et bien d'autres, la correspondance improbable qui réunit deux parfaits inconnus est presque devenue un classique. Mais ici, il faut reconnaître que la première lettre envoyée par Tina est particulièrement originale, comme une bouteille lancée à la mer. S'ensuivent des échanges pour le moins étranges sur l'homme des tourbières et son importance dans la vie de Tina. Je gage que c'est un sujet peu commun dans les conversations, même épistolaires.

Autre point fort, les deux protagonistes sont des seniors qui s'interrogent sur les rêves non réalisés et le sens de la vie, une classe d'âge que je rencontre assez peu dans mes lectures. Les deux protagonistes sont assez différents l'un de l'autre puisque l'une est mariée, l'autre veuf ; Tina vit dans le monde rural tandis qu'Anders habite à Copenhague, des différences qui finalement, ne font que renforcer leurs affinités.

Ceci dit, j'ai trouvé que l'échange entre les deux personnages prenait (trop) rapidement une tournure assez intimiste. J'ai du mal à imaginer que deux inconnus puissent se confier aussi naturellement, sans aucune réticence, l'un à l'autre, quand bien même ils souffrent de solitude, chacun à leur manière. Et même si l'image de l'homme de Tollund reste en filigrane dans tout le récit, la tension dramatique retombe assez vite ; l'échange débute certes de manière inattendue mais très rapidement, j'ai eu le sentiment de lire la correspondance assez banale de deux amis. J'ai donc pris tout mon temps pour achever cette lecture, pas plus curieuse que ça d'en connaître la fin, même si ce fut une lecture agréable grâce à la sympathie qu'inspirent ces deux personnages et leurs déboires respectifs et de la poésie qui affleure à certains moments.

 ***

« Je pensais à cette image, celle de l'enfant que je connaîtrai un jour, mais aussi à la ressemblance à un être qui n'est pas encore né et le corps de l'homme de Tollund, mort il y a des siècles. » (p. 130)

« A chaque fois que je ramasse des framboises, je parcours la rangée aussi lentement que possible, à la recherche de tous les fruits mûrs. Mais j'ai beau être attentive, quand je fais demi-tour pour remonter l'allée dans l'autre sens, je vois des fruits qui m'avaient échappé au premier passage. Je me suis dit qu'une deuxième vie pouvait être comme un deuxième passage le long d'une rangée de framboisiers ; il y aurait de bonnes choses que je n'aurais pas connues lors de ma première vie, mais je me rendrais compte, j'imagine, que la plupart des fruits se trouvaient déjà dans mon panier. » (p. 80)


Les Délices de Tokyo, Durian Sukegawa

« Le cercle de pâtisserie du Tenshôen... J'ai toujours fait des gâteaux. Parce que sinon, la vie était trop dure. Faire des gâteaux, c'était un défi, et un combat. » (p. 138)

Les délices de Tokyo

Sentaro est le gérant peu motivé d'une petite pâtisserie de dorayaki. Il a abandonné son rêve de devenir écrivain pour sombrer dans un marasme où l'indifférence le dispute à la mélancolie. C'est alors que surgit de nulle part la vieille Tokue, qui va le convaincre de fabriquer lui-même le an, la pâte de haricots qui accompagne les dorayaki. Non seulement le succès est au rendez-vous, mais Tokue va surtout apprendre à Sentaro à écouter la voix des haricots...

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Les délices de Tokyo est un récit surprenant. J'attendais un roman gourmand qui me permettrait de me familiariser avec le cuisine japonaise que je ne connais pas si bien que ça. J'attendais également un récit d'apprentissage, centré sur la transmission et l'amitié. Et c'est d'ailleurs le cas mais pas seulement. J'ai découvert une page de l'histoire japonaise récente à travers le destin bouleversant de Tokue. Je n'en dirai pas plus pour ne pas gâcher le plaisir de la découverte, mais disons que l'histoire prend une direction inattendue et met à l'épreuve l'humanité et la tolérance de Sentaro. La vie de Sentaro va être bouleversée, mais c'est finalement celle de Tokue qui devient le centre de l'attention. A vrai dire, je pensais découvrir un livre plus léger, feel good, influencée par le titre et les jolies couleurs de la couverture et donc j'ai été agréable surprise par la gravité qui s'empare peu à peu du récit.

Ce roman a fait l'objet d'une adaptation au cinéma que je n'ai pas vue.

 

Un roman touchant et vite lu que j'ai découvert en mars à occasion du mois japonais chez Lou et Hilde, même si, honte à moi, j'écris mon billet seulement maintenant...

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08 août 2019

Rendez-vous avec le poison, Julia Chapman

Rendez-vous avec le poison est le quatrième tome de la série Les Détectives du Yorkshire que je suis de près depuis l'automne dernier.

Rendez-vous avec le poison

Alors que Samson et Delilah, involontaires partenaires dans l'art de débusquer les criminels qui sévissent dans les vallons du Yokshire, semblaient avoir trouvé un terrain d'entente en dépit du passé trouble de Samson, voilà que le sort s'acharne contre eux : Samson est arrêté pour meurtre. Le doute refait alors surface dans l'esprit soupçonneux de Delilah. Pendant ce temps, les chiens et chats du village tombent malades suite à l'ingestion de mystérieuses saucisses..

Bruncliffe est devenu mon deuxième chez moi depuis ma lecture du premier tome. Moi qui n'aimais pas les séries il y a encore peu de temps, je guette chaque sortie avec empressement et avais réservé ce tome à la bibliothèque. J'habite à la campagne, dans un coin qui n'est pas sans rappeler la géographie et les mœurs du village de Delilah, meurtres en moins heureusement. Le fait de retrouver les personnages secondaires d'un tome à l'autre leur donne de l'épaisseur et donne vie à ce petit village. C'est cet aspect feuilletonnant et intimiste qui me manque maintenant dans les classiques comme Agatha Christie – bien que j'aie l'intégrale à la maison. Ici, on s'attache aux personnages récurrents, Samson en tête évidemment, mais aussi à Calimero, ce pauvre braque dépressif et sa maîtresse Delilah, au caractère bien trempé. Je suis aussi avec un certain plaisir Clive Knowles dans sa quête de l'amour idéal... Ceux qui l'ont lu comprendront...

Si j'ai regretté que le binôme si efficace Samson-Delilah tarde à se reformer, il faut reconnaître qu'il n'était pas inutile de briser un peu les habitudes afin d'éviter que la monotonie s'installe d'un tome à l'autre.

Enfin, comme la chronologie des différents tomes suit le rythme de l'année, on a vraiment l'impression de passer du temps à Bruncliffe et de connaître la vie de ce petit village en toutes saisons... Vivement le tome 5 donc !

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22 juillet 2019

Le secret du mari, Liane Moriarty

Cecilia, mère de famille accomplie dans une banlieue chic, jongle avec toutes les activités qui lui incombent avec succès : enfants, carrière, mariage. Mais tout bascule lorsqu'elle découvre par hasard une lettre écrite par son mari, à n'ouvrir qu'après sa mort. Quand elle en parle à ce dernier, celui-ci devient très nerveux et la supplie de ne pas l'ouvrir. Cecilia saura-t-elle résister à la tentation ?

Tess mène une existence paisible entre son petit garçon Liam, son mari Will et sa cousine adorée Felicity. Mais ce jour-là, Will et Felicity ont un aveu à lui faire...

Rachel a perdu sa fille il y a une trentaine d'années dans des conditions dramatiques. Elle vit dans le souvenir, tout en imaginant une vie parallèle où sa fille aurait pu vieillir et fonder une famille. Elle reporte toute son affection sur son petit-fils Jacob, sans pour autant renoncer à l'idée de trouver un jour le meurtrier de Janie.Le destin de ces trois femmes va se croiser inéluctablement dans les rues de Sydney.

Le secret du mari

J'ai beaucoup vu ce livre circuler sur la blogosphère les années précédentes et j'ai eu envie de le découvrir à mon tour. Il m'a fallu un peu de temps pour entre pleinement dans l'action ; habituellement, je préfère les romans qui me permettent de m'évader plutôt que des récits ancrés dans le quotidien, comme c'est le cas ici. Adultère, mensonges, révélations gênantes, je n'étais pas forcément enthousiasmée par cette intimité forcée avec les personnages. Pourtant, insensiblement, j'ai été happée par la perspective de découvrir le fameux secret. Et puis il faut reconnaître que le roman est bien construit. Chaque chapitre est centré sur un personnage féminin et s'interrompt à un moment crucial qui nous oblige à poursuivre. En presque cinq cents pages, les langues vont se délier et les secrets être éventés, en à peine une semaine, jusqu'à l'apothéose du dimanche de Pâques.

Jusqu'ici, j'ai lu plusieurs romans australiens que j'avais particulièrement appréciés pour le dépaysement qu'ils offrent La mémoire des embruns et La maison des hautes falaises de Karen Viggers ; Une vie entre deux océans de M. L. Stedman  ; ici, même si l'action se déroule à l'autre bout de la planète, on se sent chez soi car l'accent n'est pas mis sur la culture ni le folklore. C'est un peu dommage d'ailleurs. Tout petit élément de dépaysement : Pâques marque le début de l'automne, hémisphère sud oblige, et l'on mange des brioches bien beurrées ce jour-là !

Verdict ? Une lecture parfaite pour l'été, facile, addictive, qui donne envie de suivre cette auteure de près.

D'autres avis par ici : Riz-Deux-ZzZ, Pauline, MissMolko

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10 juillet 2019

L'envol du héron, Katharina Hagena

« Les merles chantent-ils de joie ou de désespoir ? » (p. 15)

L'envol du héron   Ellen, somnologue, écrit une histoire du sommeil en puisant dans son expérience mais aussi dans les ressources de l'Antiquité. Au cours de ses longues nuits d'insomnie, elle se remémore son passé. Sa jeunesse à Grund, sa relation complexe avec Lutz, le père de sa fille adolescente Orla. Sa vie en Irlande avec le musicien Declan. Son retour à Grund où elle chante dans la chorale dirigée par son père. Sa vie présente à Hambourg, qui est surtout caractérisée par ses nuits d'insomnie. Ce long monologue intérieur est entrecoupé de brèves séquences du carnet de Marthe, la mère de Lutz, qui appartient à la même chorale qu'Ellen et Orla, observe silencieusement ces dernières, comme un héron solitaire, ou comme un prédateur observant sa proie. 

L'Envol du héron est un récit à la fois curieux et envoûtant. Le premier chapitre annonce ce qui va suivre : la poésie des petits détails matériels, l'intimisme, les non-dits, la perte, le tout de manière assez contemplative.

C'est un roman assez mélancolique, peut-être même encore davantage que Le Goût des pépins de pomme. Ici, les personnages masculins disparaissent sans laisser de traces, abandonnant les femmes à la solitude. La maladie et la mort sont fréquemment évoqués. Le présent d'Ellen semble inexistant face à un passé qui occupe le devant de la scène. On pourrait se lasser de ce monologue attaché à des motifs obsédants comme les araignées ou les personnes qui ont disparu de sa vie. On suit le flux de sa pensée, avec ses associations d'idées curieuses et ses souvenirs troublants. Pourtant, je me suis laissé bercer par le flot des mots, même traduits, et le rythme lent de ce récit ; j'ai eu envie d'en savoir plus sur ce qui était arrivé à Lutz et à Marthe. Etant insomniaque moi-même, je n'ai eu aucun mal à m'identifier à Ellen. Ce qui est dommage, c'est que son histoire du sommeil n'existe pas réellement. En effet, ses réflexions sont nourries de références antiques passionnantes sur le sujet : Aristote, Héraclite, Pline l'Ancien. Je la lirais volontiers !

***

p. 11 « Le filigrane est un signe singulier, dont le contour transparaît comme une vérité cachée dès que la lumière tombe sur le papier. »

p. 13 « Les messages n'arrivent pas seulement dans les lettres, ils sont partout. Dans le V des oies, les longues lignes nervurées de certains nuages, dans les ramifications d'arbres nus, les marques de l'écorce, dans les lumières clignotantes du mât rouge et blanc qui prend des mesures météorologiques, dans les ondes sableuses du lac, dans les fissures de l'asphalte, l'écriture du lichen sur les pierres des remblais et les blancs hiéroglyphes filiformes des pare-brise givrés »

p. 17 « Le sommeil était certes, comme la mort, un rejeton de la nuit, mais la nuit avait au moins deux douzaines d'enfants, tous plus lugubres les uns que les autres, alors de qui n'était-il pas le frère ? »

p. 91 « Les rêves émergent même en phase de sommeil profond, on le sait maintenant, mais il est rare qu'on en garde le souvenir. Ils sont comme les châtaignes d'eau du vieux port, qui meurent dès que les cygnes les arrachent de l'eau. »

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10 juin 2019

La Sirène, Camille Läckberg

« Quatre hommes, quatre amis. Un mort. Quel était le point commun entre eux? » (p. 217)

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La Sirène est à la fois le sixième tome de la saga Erica Falck et Patrik Hedström et aussi le titre du premier roman publié par Christian Thydell, bibliothécaire de Fjällbacka et ami d'Erica, par un curieux jeu de mise en abyme.

Lorsque commence la campagne promotionnelle de l'ouvrage, Christian est déstabilisé par la réception d'une lettre de menace. Et il n'est pas le seul : deux comptables de la ville, Erik et son collègue Kenneth en reçoivent également. Erica ne va pas pouvoir résister à la curiosité et commence à mener l'enquête en toute discrétion. De son côté, Patrik Hedström est préoccupé par la disparition de Magnus Kjellner, un père de famille paisible dont le corps est bientôt retrouvé figé dans la glace...

Alors que le roman s'ouvre comme souvent sur un prologue à glacer le sang s'ensuit une jolie scène de complicité entre Erica et sa sœur Anna, qui sont toutes deux enceintes. Erica attend des jumeaux tandis qu'Anna va avoir son troisième enfant avec Dan, après avoir échappé à un mari violent. Et c'est un moment de plaisir rare car les couples heureux ne sont pas légions dans ce récit. Louise est trompée par Erik depuis des années ; Sanna est tenue à distance par un époux secret ; Kenneth essaie d'adoucir les dernières semaines de sa femme atteinte d'un cancer ; Cia est dans l'expectative depuis que son mari est porté disparu... J'avoue, j'ai trouvé ce récit vraiment très sombre, avec son lot d'épouses injustement traitées, de noirceur et de maltraitances diverses. Et sans trop en dire, j'ai vraiment été partagée entre horreur et compassion pour le coupable.

Quelques passages plus légers m'ont fait sourire, ceux où le commissaire Mellberg, à l'incompétence notoire au poste de police, se rachète une conduite en s'adonnant aux joies du baby-sitting et devient un grand-père de substitution pour Leo, le petit-fils de sa compagne Rita. « Il alla dans le salon, posa Leo sur le canapé et après avoir fait quelques tours de scotch autour de la couche, il contempla son œuvre avec satisfaction » (p. 90). C'est sans doute le plus grand plaisir que je retire de la lecture de cette série : suivre l'évolution des personnages secondaires, voir les relations s'étoffer, se complexifier, les collègues de travail de Patrik devenir parents tour à tour. Les séquences qui leur sont consacrées sont même presque trop peu fréquentes, au profit des tribulations de personnages peu recommandables comme Erick qui m'a profondément agacée. Mais là, c'est mon côté fleur bleue qui ressort : je n'aime pas les personnages masculins cyniques et égoïstes.

***

Comme j'ai découvert cette saga par le tome suivant, Le gardien de phare, je pourrai donc aller directement au suivant d'ici peu : La faiseuse d'anges. Pour l'heure, je vais me consacrer au mois anglais qui bat son plein chez Lou et Titine.

Ma copinaute Nath a, je crois, été intriguée par la fin dramatique de ce tome et a déjà emprunté les deux suivants. Merci Nath, pour cette lecture commune !

05 juin 2019

Le charmant cottage d'Amelia, Abby Clements

Amelia est professeure de lettres dans un quartier difficile de Londres. Elle partage un petit appartement avec son mari Jack et leur chat Dexter. Lorsqu'elle redécouvre la liste des rêves à réaliser avant trente ans qu'elle avait rédigée dans sa jeunesse avec son amie Carly, elle s'aperçoit qu'il lui en reste un : s'installer à la campagne. Progressivement, l'idée fait son chemin et Amelia parvient à convaincre Jack de se mettre en quête du cottage idéal. Mais tout n'est pas si simple...

 

Le charmant cottage

Voilà un petit roman sympathique et sans prétention qui m'a bien changé les idées ces jours-ci. On suit avec plaisir les péripéties de ce couple qui cherche à changer de mode de vie en dépit des obstacles. Le fait qu'Amelia soit professeur m'a d'emblée enthousiasmée car c'est un métier que je rencontre finalement assez peu dans mes lectures ; les difficultés rencontrées par Amelia au travail m'ont donc fait sourire. D'ailleurs, ayant moi-même fait un cheminement assez semblable, une prof citadine qui a dû s’habituer à la vie champêtre, je me suis tout à fait retrouvée dans cette histoire.

 

Les personnages sont assez lisses  en revanche ; Amelia reste d'un calme olympien quand tout va mal tandis que Jack sait toujours trouver les mots, jusqu'à ce que... Ceci dit, même si j'ai trouvé certains dialogues un peu aseptisés et que je n'ai pas vu venir la crise, je n'attendais pas non plus une peinture des mœurs conjugales du XXIème siècle donc j'ai fini par m'attacher à eux sans me poser de questions. Ce qui compense leur relation un peu superficielle – à mon avis -, c'est la relation d'Amelia avec sa jeune soeur Mirabel, plus complexe pour le coup ainsi que l'histoire d'Eleanor, la précédente propriétaire du cottage atteinte de la maladie d'Alzheimer.

Une histoire pétillante, parfois un peu trop légère à mon goût mais que j'ai réussi à savourer en ce mois anglais ! Merci Rosehill cottage pour l'invitation !

 

03 juin 2019

Le mois anglais, huitième édition

Un petit billet express avant de partir au travail pour officialiser ma participation au mois anglais, un rendez-vous que j'attends toujours avec impatience.

Le mois anglais a déjà commencé chez Lou et Titine. Si vous voulez en savoir plus, c'est par ici ! En ce qui me concerne, j'ai prévu quelques petites lectures... J'ai déjà terminé Le charmant cottage d'Amelia que je chroniquerai sous peu.

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L'heure tourne, je dois filer mais je reviens très vite !

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11 mai 2019

Le club des veuves qui aimaient la littérature érotique, Balli Kaur Jaswal

« Ses sens étaient maintenant submergés par la couleur des kameezes, les froufrous du tissu et les crayons qui tapotent, l'odeur de parfum et de curcuma mêlés » (p. 24)

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Nikki est une jeune femme britannique sikhe qui s'est opposée à sa famille en arrêtant ses études de droit et en quittant le domicile familial. Elle travaille désormais dans un bar avant de trouver sa voie. Le jour où elle va déposer une petite annonce pour sa sœur Mindi, au Gurdwara de Londres, elle découvre elle-même une offre de recrutement. Il s'agit de donner des cours d'écriture à un groupe de veuves. D'abord tentée par l'aventure, Nikki est très vite refroidie lorsqu'elle comprend que ses élèves ne maîtrisent pas l'anglais et qu'en fait d'écriture créative, il s'agit de leur apprendre à lire. Mais très vite, les dames se lassent de l'apprentissage de la langue et proposent d'imaginer des histoires, qui seront enregistrées puis transcrites : des histoires érotiques qui leur permettront de faire revivre de bons souvenirs ou au contraire, de vivre par procuration ce qu'elles n'ont jamais connu...

Sous une couverture acidulée et un titre volontairement provocant se cache en fait un tableau de la condition féminine actuelle de la communauté sikhe. On voit les générations se heurter, les anciens préférant que leurs filles consentent à un mariage arrangé. D'autres jeunes filles au contraire, adoptent un mode de vie occidentalisé. C'est le cas de Nikki, qui refuse que l'on intervienne dans ses affaires de cœur et qui entend faire ses propres choix. Sa sœur aînée, quant à elle, tente de concilier tradition et modernité : infirmière, elle compte bien continuer à travailler une fois mariée. Mais elle souhaite aussi faire un mariage arrangé avec un jeune homme qui aurait les mêmes convictions et plairait à sa famille. Parmi les veuves, on retrouve la même diversité de caractères et de sentiments. Cerise sur le gâteau, les récits imaginés par les veuves émaillent le récit de fantaisie ; et on se prend d'amitié pour ces femmes qui se sentent enfin autorisées à rêver, voire à vivre selon leurs souhaits.

Mais au sein de la communauté, les « Frères » veillent à ce que les femmes se comportent de manière décente – selon leurs propres critères. L'existence du club est donc menacée dès sa naissance. Nikki s'intéresse également au destin de Maya, la fille de l'autoritaire Kulwinder, qui a engagé Nikki. Maya s'est en effet suicidée peu après son mariage. Nikki ne tarde pas à comprendre qu'il y a anguille sous roche et tente d'en savoir plus, quitte à se mettre en danger.

Une touche de mystère, un soupçon de romance, deux points de vue antithétiques – celui de Nikki et celui de Kulwinder –, une galerie de personnages variés et un cadre que je rencontre – à tort – assez peu dans mes lectures : coup de cœur inattendu pour ce roman que j'ai acheté sans trop savoir à quoi m'attendre.

25 avril 2019

Sauvage par nature, Sarah Marquis

Sauvage par nature

« Je vais me lancer dans cette plaine ouverte, comme on se lance à la mer sur un radeau de sauvetage. Il n'y a aucun abri apparent, par un rocher, pas un arbre, par un village sur plusieurs centaines de kilomètres » (p. 76)

J'ai découvert dans un numéro de Flow l'histoire de Sarah Marquis, une aventurière suisse qui parcourt le monde à pied depuis une vingtaine d'années. Elle a déjà raconté son expérience dans Déserts d'altitude et L'aventurière des sables. L'extraordinaire destin de D'joe est consacré à son chien qui l'a accompagnée sur une distance de 10 000 kilomètres.

Dans Sauvage par nature, Sarah Marquis traverse l'Asie et achève son périple de trois ans en Australie. L'essentiel du récit se déroule en Mongolie, où les tempêtes le disputent au manque d'eau et où les mauvaises rencontres alternent avec les bonnes. A côté de l'indifférence ou de l'hostilité, il y a aussi parfois la solidarité, lorsqu'une compréhension tacite prend le pas sur l'obstacle du langage et sur les différences de mode de vie. Mais il faut reconnaître que le plus souvent, on ne réserve pas un très bon accueil à une femme qui voyage seule. Pas après pas, on suit l'incroyable parcours semé d'embûches de la narratrice. Le récit, découpé en chapitres eux-mêmes subdivisés en paragraphes munis d'un titre évocateur, est mené au présent, ce qui permet de vivre l'action en même temps que Sarah Marquis. Tout au long de ma lecture, j'ai bien sûr pensé à Wild de Cheryl Strayed, lu il y a quelques années. Le personnage de Sarah est cependant plus mystérieux et plus discret, en quête d'absolu.

 

Tout comme j'ai été fascinée pendant une période par l'ascension de l'Everest, je suis aujourd'hui admirative de ceux qui osent mener une vie radicalement différente, sans artifice, en osmose avec la nature et avec le rythme biologique du corps humain. Le temps prend alors une autre dimension et même une autre signification : « Les nuits et les jours se succèdent au point que j'en perds le nombre. Seule la lune me garde informée de ce que je dois savoir et rien de plus. » (p. 76). Plus rien ne compte, en-dehors de la marche et du ravitaillement, et surtout, de la communion avec la nature, même lorsqu'elle est inhospitalière.

Pour moi qui n'ai jamais quitté l'Europe, le dépaysement est total :

p. 86 « Les jours se succèdent, la steppe change de couleur. Par moments, elle me fait penser à un gâteau multicouche. Ce n'est ni framboise ni citron, mais plutôt un ambre chaleureux superposé de tous les verts possibles associés au ciel bleu d'ici : si franc et uni. » (p. 86).

p. 88 « La Mongolie est ainsi. Sa beauté se respire. C'est son espace, son absence de limites, son absence de tout, de routes, de clôtures, de règles. Plus on s'en éloigne et plus on la voit. Je suis complètement hypnotisée par la beauté des steppes. »

p. 181 « La Taïga est prenante et magnifique, j'aime cette forêt dense et vibrante.

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  Le rainbow bee eater qui vit en Australie

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