La bibliothèque de Northanger

16 janvier 2017

L'île des beaux lendemains, Caroline Vermalle, 2014

« Notre dame de l'île, Terra Incognita d'elle-même, allait-elle trouver ce qu'elle cherchait ici avant qu'il ne soit trop tard ? »

L'île des beaux lendemains

Un couple de septuagénaires mal assorti. Des retrouvailles. Des regrets. Une renaissance. Il n'est jamais trop tard pour « devenir qui l'on est » (Nietzsche, citation découverte dans le dernier Flow…).

A l'occasion de ses soixante-treize ans, Jacqueline Le Gall prend conscience qu'elle n'a pas mené la vie qu'elle souhaitait. Soudain, elle décide de partir pour l'île d'Yeu, retrouver la cousine avec laquelle elle a été élevée, et qu'elle n'a pas revu depuis son propre mariage, cinquante ans plus tôt. Naturellement, en cinq décennies, les choses ont beaucoup changé, et la cousine Nane n'est plus la même. De Son côté, Marcel, le mari abandonné, va se lancer un défi un peu fou pour retrouver son épouse...

J'ai passé un agréable moment en compagnie de ces seniors qui veulent réaliser leurs rêves de jeunesse ; ils sont tous très attachants, avec leurs passions (la nage dans la Loire pour Marcel, les supernovae pour Paul, le parrainage des enfants pour Jacqueline). Nane est sans nul doute la plus authentique avec ses manière directes, son parler cru et sa chaleur humaine. Sa maison sur l'île d'Yeu constitue un refuge pour tous ceux qui en ont besoin, que ce soit pour se ressourcer, pour trouver un sens à sa vie ou remettre au jour de lointains souvenirs…

La narration est originale et poétique puisque ce sont les papillons et les vents qui comblent les blancs en communiquant entre eux, faisant le lien entre les progrès de Marcel et la retraite silencieuse de Jacqueline. En deux petits centaines de pages, ce court roman en dit long sur les petits ratés ou les occasions manquées, jusqu'au jour où...

 ***

p. 25 « Les insectes n'ont pas le goût des révolutions, mais certains d'entre eux sont des poètes. C'est l'apanage de ceux qui savent que la vie est courte. »

p. 76 « Parce qu'il savait qu'au fond de son corps vieillissant se cachaient les supernovae, ces étoiles géantes encore plus grandes que le soleil. »

***

Merci Nath, pour la découverte !

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15 janvier 2017

Dewey, Vicki Myron et Bret Winter, 2009

 

p . 214 « Et la règle d'or de tout chat de bibliothèque, valble sans limitation de durée :

 

N'oubliez jamais, et ne laissez jamais les humains oublier qu'ici, c'est chez vous ! »

Dewey

 

Le 18 janvier 1988, Vicki Myron, bibliothécaire à Spencer, découvre, dans la boîte à livres, un chaton roux transi de froid. Très vite, l'évidence s'impose : le chaton va rester à la bibliothèque et prendre le nom de Dewey, comme la classification décimale mise au point au XIXème siècle. Peu à peu, Dewey prend ses marques et attire l'attention, jusqu'à devenir célèbre dans le monde entier.

A travers une succession de chapitres thématiques, l'auteure nous raconte comment Dewey est devenu l'attraction locale. Elle évoque aussi les péripéties qui ont jalonné la vie du chat (ses petites manies comme dormir au rayon western, ses préférences alimentaires, ses jeux, etc.) mais aussi les événements, souvent tragiques, de son existence à elle, qui s'entrecroisent. 

Dewey n'est pas seulement un hommage rendu à ce chat attachant, c'est aussi une chronique de la vie quotidienne dans une petite commune rurale de l'Iowa, des années 80 à nos jours, les bouleversements dus à l'industrialisation de l'agriculture, menaçant pendant un moment l'avenir de Spencer. On y découvre aussi rapidement l'histoire des bibliothèques de style néo-classique Carnegie, du nom de cet industriel philanthrope qui finança aussi le célèbre Carnegie Hall à New York. Et surtout, Vicki Myron nous fait entrer dans les coulisses de sa bibliothèque, nous montrant son évolution avec l'arrivée des nouvelles technologies.

J'ai refermé le livre avec une certaine tristesse évidemment. On sait que Dewey est mort en 2006, à un âge tout à fait vénérable, grâce à la quatrième de couverture ; malgré tout, à force de lire le récit de ses aventures, on a l'impression qu'il est devenu immortel.

Un petit bémol, le récit est souvent au premier degré ; Vicki Myron rappelle à plusieurs reprises que Dewey a changé sa vie et même celle des habitants de Spencer, ce qui peut paraître exagéré pour une personne extérieure à l'histoire. Mais il faut reconnaître que nos compagnons à quatre pattes cheminent un long moment avec nous et font partie de notre histoire ; quand je pense aux chiens et chats de mon enfance, c'est toujours avec nostalgie et affection. Ma vie aurait sans doute été différente sans eux. J'arrive donc à comprendre ces élans presque lyriques qui peuvent paraître un peu mièvres.

Reste que la présence de Dewey est une expérience enrichissante ; il a rendu l'atmosphère plus chaleureuse, créé des liens entre les lecteurs, aidé des enfants à s'épanouir… Personnellement, il ne me déplairait pas de voir des animaux dans les lieux publics, plutôt que d'évoluer dans des univers aseptisés et impersonnels. Evidemment c'est plus compliqué quand on est allergique ; le problème est d'ailleurs évoqué dans le livre. Mais je me verrais bien faire cours avec un chat ronronnant sur mon bureau par exemple ! Et ça n'est pas seulement une lubie de ma part à en juger par le succès des bars à chats en ce moment…

***

p. 13 « Quelle influence un animal peut-il avoir ? Combien de vies un chat peut-il toucher ? »

p. 159 « Il voulait explorer. Escalader. Et, surtout, il voulait franchir de nouveaux obstacles. Nous qualifiâmes son état de phase Edmund Hillary, d'après le célèbre alpiniste. »

 Le site dédié à Dewey : http://deweyreadmorebooks.com/

Une vidéo parmi d'autres :

 

 Challenge animaux du monde

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14 janvier 2017

Challenge Animaux du monde

Organisé par Sharon, ce défi est l'occasion de réunir deux passions : la lecture, et nos amis les animaux (notamment les chats en ce qui me concerne). Cliquez sur le logo si vous voulez nous rejoindre. 

Challenge animaux du monde

Voilà les livres que j'aimerais présenter pour l'occasion :

Dewey, Vicky Myron

Dewey

Le froid modifie la trajectoire des poissons, Pierre Szlalowski

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20 ans avec mon chat, Mayumi Inaba

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Demain les chats, Bernard Werber, apporté par le père Noël...

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Les nuits du chat botté, Jean-Christophe Duchon-Doris, "Un sérial killer dans la Provence du XVIIIème siècle"

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Danse avec les loups, Michael Blake

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Le tigre blanc, Aravind Adiga

Couverture Le tigre blanc

Le chat dans le cercueil, Mariko Koike

Couverture Le chat dans le cercueil

Le chat qui connaissait Shakespeare, Lillian Jackson Braun

Couverture Le chat qui connaissait Shakespeare

Le lion, Joseph Kessel

Couverture Le Lion

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07 janvier 2017

Agatha Raisin tome 2, Remède de cheval, M. C. Beaton

 

Remède de cheval

 

Nous voilà de retour à Carsely où Agatha, jeune retraitée des relations publiques, s'ennuie déjà après la résolution d'un meurtre dans le premier tome. Heureusement, l'arrivée d'un séduisant vétérinaire va relancer l'intérêt d'Agatha pour le village, d'autant plus lorsque celui-ci est retrouvé mort dans l'écurie de lord Pendlebury. Accompagnée de son charmant voisin James Lacey, Agatha commence à mener l'enquête, persuadée une nouvelle fois qu'il s'agit d'un crime. Quoique poussés par des motivations différentes – James, face à l'angoisse de la page blanche, cherche n'importe quel prétexte pour différer son projet d'écriture d'une histoire militaire ; Agatha, quant à elle, l'embarque dans cette histoire avec la vague intention de lui mettre le grappin dessus – ils vont constituer un duo de choc…

 

Quel plaisir de retrouver Agatha ! Désormais, elle fait partie de mes amies intimes, au même titre qu'Isabel Dalhousie, même si c'est pour des raisons bien différentes. Autant Isabel est raffinée et cultivée, autant Agatha est rustre et égocentrique. Mais c'est bien ce qui m'amuse. Elle ne s'en laisse pas conter et n'hésite pas à écraser les autres pour parvenir à ses fins. Dans ce nouvel opus, comme elle a décidé de s'attaquer à la gent masculine, elle me fait penser à une Bridget Jones qui serait devenue amère et grincheuse… et pas très douée pour séduire ! Elle accumule les bourdes et se couvre de ridicule, pour notre plus grand plaisir ! Aux côtés du flegmatique James, Agatha fait figure de brute épaisse. Et c'est sans compter ses rivales, les autres célibataires de Carsely qui se pâment devant James. Saura—t-elle malgré tout conquérir le cœur de ce solitaire ?

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05 janvier 2017

Le challenge des 12 thèmes

Un défi stimulant pour l'année 2017 : le challenge des 12 thèmes chez A little-bit-dramatic !

Janvier : Thème « Un plaid, une cheminée, un chocolat chaud » → une lecture qui sent bon le feu de cheminée et qu'on a envie de lire en se blottissant chaudement avec un plaid et une boisson chaude. 

Je pense présenter Dewey de Vicky Myron, l'histoire vraie de ce chat qui a vécu pendant 19 ans dans une petite bibliothèque municipale de l'Iowa. A lire au coin du feu avec un chat sur les genoux bien sûr !

 

Février : Thème « Cœurs sur toi » → février, c'est le mois des amoureux. Si on lisait une romance ? Epoque, lieux, vous avez l'embarras du choix ! ! 

Un titre irrésistible, Le diable s'habille en tartan !

 

Mars : Thème « My tailor is rich » → un livre dont l'action se passe en Angleterre. 

Je n'ai pas encore choisi de livre mais je ne m'inquiète pas car j'ai des réserves de littérature british...

Peut-être La chute du British Museum de David Lodge.

 

Avril : Thème « Plume d'oie et cire à cacheter » → un classique de la littérature, française ou internationale.

Au bonheur des dames d'Emile Zola ou Les Dames vertes de George Sand, selon l'humeur du moment, ou peut-être Le temps des secrets de Marcel Pagnol...

 

Mai : Thème « Têtes couronnées » → un roman ou une biographie dont le personnage central est un roi ou une reine. 

Une biographie que j'ai hâte de lire : Mary Stuart de Stefan Zweig

 

Juin : Thème « Du Saint-Laurent au Rio Grande » → un livre dont l'action se passe en Amérique.

Un récit écologique sur l'expérience de la romancière pour adopter un mode de vie plus respectueux de la nature : Un jardin dans les Appalaches de Barbara Kingsolver.

 

Juillet : Thème « Lecture sur le sable » → un livre idéal pour la plage, que vous soyez en vacances ou non. 

Pas d'idée pour l'instant, peut-être un polar scandinave, comme chaque été pour me rafraîchir...

 

Août : Thème « Empreintes » → ce mois-ci, je vous propose de lire un roman policier. On en a tous dans notre PAL ! ! Encore une fois, le choix de l'époque, du lieu, des personnages, est libre. 

Crime par ascendant de Ruth Rendell qui attend depuis des années...

 

Septembre : Thème « Grande Découverte » → ce mois-ci, nous lirons un livre d'un auteur dont on découvre l'oeuvre. 

Pourquoi pas La fleur de l'illusion de Keigo Higashino, un polar japonais.

 

Octobre : Thème « Rose » → parce que c'est Octobre Rose, nous lirons donc un livre dont la couverture sera rose ou possédera des touches de rose.  

Un feel good qui a rejoint ma PAL pendant les vacances de Noël : Le Secret de la manufacture de chaussettes inusables, Annie Barrows

 

Novembre : Thème « Thé matcha et poivre du Sichuan » → un livre dont l'action se passe en Asie, tous pays confondus. 

Impératrice, Shan Sa

 

Décembre : Thème « Noël et ses merveilles » → un livre dont le thème central est... Noël, bien évidemment !

Rien dans ma PAL pour l'instant...

 

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01 janvier 2017

2016 s'achève... Place à 2017

Je vous souhaite une belle année à tous, pleine de découvertes et de lectures enrichissantes, mais pas seulement...

 

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Le premier janvier, c'est aussi l'occasion de faire le point. C'est la seule fois de l'année où je parcours mon blog afin de voir quelles lectures m'ont marquée sur le long terme... Si les chroniques ne sont pas aussi fréquentes que je le souhaiterais, le blog me permet tout de même de conserver une trace de mes passions et surtout, d'échanger avec d'autres lectrices compulsives...

Dernier coup de coeur en date : La mémoire des embruns, un roman australien de Karen VIggers

La mémoire des embruns

Le film Everest et le témoignage dont il est inspiré (mais pas encore chroniqué...)

 

 

 

 

Autre coup de coeur, Ma cousine Rachel de Daphné du Maurier ; en février, nous lisons L'auberge de la Jamaïque, chez Nath, j'espère qu'il me plaira autant !

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Une plongée dans l'univers des quakers, dans l'Ohio du XIXème siècle : La dernière fugitive, Tracy Chevalier

 

 

 

 

La série Agatha Raisin, découverte chez Nath : un concentré de bonne humeur british !

 

 

 

 

Un livre qui a changé mon quotidien : Zéro déchet de Bea Johnson

 

 

 

 

Une lecture pleine de soleil et de saveurs : Mille jours en Toscane

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Un thriller convaincant : Amelia de Kimberley McCreight

 

 

 

 

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28 décembre 2016

La mémoire des embruns, Karen Viggers, 2012

Cela faisait un petit moment que La mémoire des embruns me tentait, dans l'espoir de prolonger le plaisir d'Une vie entre deux océans, un autre roman australien qui m'avait beaucoup émue. Et puis il fallait être raisonnable, terminer d'abord la pile de livres qui m'attend. Mais finalement non, j'ai craqué quand j'ai découvert qu'il était sorti en poche !

 

La mémoire des embruns

Le prologue a tout pour piquer la curiosité du lecteur : Mary Mason, une dame âgée, reçoit la visite d'un homme qu'elle n'a pas vu depuis plusieurs décennies. Celui-ci lui remet une lettre susceptible de rétablir la vérité. Mais évidemment, on ne sait pas encore laquelle, tout au plus peut-on suspecter un secret de famille enfoui depuis des générations…

Suite à cette visite inattendue, Mary, en dépit de sa vulnérabilité, trouve le moyen de regagner l'île Bruny, où elle a passé de nombreuses années en compagnie de son mari Jack et de ses enfants. Mais alors qu'on pense que ce pèlerinage va lui apporter la paix, on s'aperçoit qu'en réalité, les réminiscences qui lui parviennent ramènent à la surface une réalité infiniment plus complexe…

Parallèlement, un récit à la première personne nous permet de côtoyer Tom, le fils cadet de Mary, un homme solitaire et taciturne, profondément affecté par un voyage en Antarctique fait bien des années auparavant…

Dernier coup de cœur de l'année 2016, à moins que d'ici la fin du mois, je réussisse à lire, et surtout à chroniquer un autre livre qui me ravirait autant ! J'ai un faible pour les îles, où l'homme renoue le contact avec la nature, entre en communion – ou en lutte – avec les éléments. De ce point de vue-là, l'île Bruny ne manque pas de magie : Mary s'installe dans un vieux cottage à quelques mètres de la plage, à une époque où le ressac fouette la roche déchiquetée.

L'évocation de l'Antarctique est sublime aussi ; il faut dire que depuis que j'ai vu Everest, je suis attirée par ces espaces inaccessibles et particulièrement hostiles. Pour les personnages, partir en campagne dans cette région du monde, c'est rompre totalement avec un mode de vie et la monotonie qui le caractérise. De plus, l'auteure étant vétérinaire, on sent une approche intéressante du règne animal dans cette zone particulière. J'ai aimé me dépayser dans cette région du monde si différente de la nôtre : « Derrière la maison, les hautes silhouettes des eucalyptus au bord de la rivière. Quand le vent soufflait, elle aimait se tenir sous ces arbres monumentaux qui portaient aussi le nom de gommiers blancs et regarder les longues bandes d'écorce rugueuse claquer contre les troncs tandis que leurs feuillages se balançaient tout là-haut contre le ciel » (p. 76).

Une belle réflexion aussi sur l'amour conjugal, les difficultés à préserver la flamme ; plus que la passion, une relation durable et réussie pour Mary est celle qui permet d'être ensemble le plus sereinement possible. Et du même coup, une définition du bonheur toute de simplicité et d'acceptation.

Si vous avez envie de voyager, de voir des pétrels des neiges, d'assister à une aurore boréale (p. 278), de découvrir la vie quotidienne dans un phare, n'hésitez pas, ce livre est fait pour vous !

 ***

p. 19 « Cette lettre où fusionnaient passé et avenir était comparable à un lourd fardeau. »

p. 49 « Dans cette immensité, votre cœur devenait plus grand. »

p. 81 « L'île dont la beauté solitaire était rehaussée par la proximité du continent distillait une magie indéfinissable. »

p. 219 « Le temps passé miroitait sur les feuilles, mais rien ne pouvait être changé. »

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27 décembre 2016

De l'importance d'avoir sept ans, Alexander McCall Smith

Lecture détente par excellence que ces charmantes chroniques d'Edimbourg !

De l'importance d'avoir sept ans

C'est toujours un plaisir de retrouver les habitants de Scotland Street, mais si certains d'entre eux ont déménagé pour voguer vers de nouveaux horizons. Comme Matthew par exemple, qui vient de convoler en justes noces et qui savoure son nouveau quotidien en distribuant (trop?) de petites attentions à sa jeune épouse Elspeth, qui attend un heureux événement. D'autres personnages restent malheureusement (ou heureusement pour le lecteur?) égaux à eux-mêmes : Irène, qui ne démord pas de ses principes éducatifss lamentables ou Bruce, toujours imbu de sa petite personne (et qui apparaît peu d'ailleurs dans ce tome, c'est dommage). Domenica et Angus, l'anthropologue et le peintre, eux, restent adeptes des joutes verbales à bâtons rompus et voient leur relation complice menacée par Antonia. Et bien sûr, il y a ce pauvre Bertie, qui attend toujours avec impatience ses dix-huit ans pour aller s'installer à Glasgow, loin de sa mère… Peut-être que la présence de son petit frère Ulysse, va l'aider à supporter les douze années qui le séparent de son oasis…

On sent toute l'affection ou au contraire la moquerie de l'auteur à l'égard de ses personnages. Il semble particulièrement attaché à Bertie, ce dont il s'explique dans un avant-propos touchant. Le pauvre Bertie, qui ne semble pas grandir alors qu'au contraire, le monde change autour de lui, n'est pas au bout de ses peines avec sa mère !

Dans cette série, on oscille toujours entre raffinement et incongruité : p. 21-22 « Bonnard aurait sûrement apprécié Big Lou et, s'il avait été là, l'aurait représentée en train de frotter son bar, la tête penchée en avant, absorbée par sa tâche. » La peinture et la poésie font toujours irruption dans le quotidien, tout comme dans la série que j'apprécie encore plus, Isabel Dalhousie.

On est souvent à mi-chemin entre un hommage à l'Ecosse et une observation amusée des mœurs contemporaines. On apprécierait peut-être un peu plus d'action, mais les chroniques se présentent souvent comme des tranches de vie et à ce titre, on observe les mêmes lenteurs que dans la vraie vie.

Un petit tour en librairie au début des vacances m'a permis de dénicher la suite, Le blues de Bertie, qui constitue le septième tome...

Challenge Ecosse 02

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25 décembre 2016

Au menu aujourd'hui : Noël chez les Ashley

En vacances dans ma famille, j'en profite pour me faire chouchouter et n'ai pas à cuisiner. Mais je vous propose quand même de partager le menu de Noël de Ma cousine Rachel, un roman envoûtant de Daphné du Maurier, chroniqué par ici si le coeur vous en dit...

 C'est Noël aussi chez les Ashley, dans une belle demeure anglaise surannée qui n'a rien à envier à Downton Abbey. Philip, tombé sous le charme de la veuve de son cousin, Rachel, une femme énigmatique, passe le plus beau Noël de son existence…

 Page 280 dans mon ancienne édition du Livre de poche :

« Jamais, de tous les soupers de Noël dont je gardais la mémoire, on ne nous avait servis avec une telle abondance. Oies rôties, dindes rôties, côtes de bœuf et de mouton, jambons fumés décorés de collerettes, pâtés de toutes formes et de toutes tailles, entremets gonflés de fruits confits et, parmi ces plats généreux, plateaux de pâtisseries délicates et fragiles, légères comme des duvets d'oiseaux et que Rachel avait préparées avec les filles de Barton.

Des sourires d'attente et de gourmandise éclairaient les visages des invités et le mien aussi, tandis que de grands éclats de rire s'élevaient déjà des autres tables où, plus éloignés de l'intimidante présence du « maître », les plus truculents de mes fermiers se laissaient aller jusqu'à desserrer leurs ceintures et leurs cols. »

Je goûterais bien les pâtisseries légères comme des duvets d'oiseaux, et vous ?!

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Christmas time

 

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24 décembre 2016

Sansonnets, Pierre Thiry

« Que fait ce beau cygne à l'envers ?

Il peint les nénuphars en vert,

Et la cigogne en écarlate... »

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Aujourd'hui, je vous présente un recueil de sonnets malicieux de Pierre Thiry, recueil placé d'emblée sous le « signe » du double sens et des jeux de mots, de par son titre, Sansonnets, un cygne allant vers et son sous-titre « Cent sonnets insignes allant vers... ».

Je lis peu de poésie habituellement, mais là c'est un recueil qui se savoure jour après jour, comme une boîte de bons chocolats.

On n'a pas le temps de s'ennuyer en découvrant ces sonnets, qui sont très variés tout en étant étroitement reliés entre eux par leurs sujets, leurs sonorités ou leur fantaisie.

Le genre du sonnet, qui remonte à la Renaissance, est ici renouvelé dans ses thématiques (la vie moderne) comme dans sa forme, avec des jeux de mots amusants, des néologismes (un film de kapédépé par exemple, pour n'en citer qu'un). Certaines poèmes se répondent (le mot final de chaque vers est identique dans plusieurs poèmes), ce qui montre le goût du poète pour « l'acrobatie lexicale ». Des variations sur le même thème ne sont pas sans rappeler Raymond Queneau (Le Senor Sonéklacique » et le « Bistrot de Bertillon Poldu » par exemple). Qui aurait pu dire qu'un jour, les nouvelles technologies trouveraient leur place dans un alexandrin ?

« Le numérique et l'informatique fourmillent

Dans des hypermarchés aux exquis tournoiements. » (Innovation, p. 16)

Une alliance tout à fait inattendue, celle du monde contemporain et d'un poème à forme fixe très codifié.

Hommage à la poésie classique à laquelle il donne un coup de jeune, à la beauté de la langue et à ses possibilités infinies, un livre que je vous conseille, plein d'humour, de virtuosité et de culture, qu'il est difficile de décrire en quelques lignes tant il est protéiforme et surprenant.

Et surtout, merci à Pierre Thiry, qui non seulement m'a envoyé ce recueil mais qui en outre, tisse des relations cordiales avec ses lecteurs.

 

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