La bibliothèque de Northanger

22 juillet 2017

Le Tailleur de pierre, Camilla Läckberg, 2005

Quelques mois se sont écoulés depuis le tome précédent, Le Prédicateur. Erica et Patrik sont les parents d'une petite fille, Maja. Mais tout n'est pas si Rose et Erica, en proie au baby blues, a du mal à trouver des repères pour profiter pleinement de son nouveau bonheur. Elle s'est rapprochée de Charlotte, une voisine qui va être frappée par un drame atroce : sa fille Sarah est retrouvée noyée par un pêcheur. Et pire encore, ce qui semblait être à première vue un accident s'avère être finalement un meurtre puisque c'est de l'eau douce qui est retrouvée dans les poumons de la fillette. Commence alors une enquête longue et pénible… De courts chapitres se déroulant en 1923 nous permettent également de faire la connaissance d'Agnes, une jeune fille capricieuse particulièrement antipathique qui va devenir l'épouse du fameux tailleur de pierre éponyme.

 

Le TAilleur de pierre

La quatrième de couverture ne me tentait vraiment pas car je fuis toujours les histoires où il est question du meurtre d'un enfant, mais j'avais envie de poursuivre cette série dans l'ordre. C'est encore une fois une histoire très sombre mais il faut reconnaître que Camilla Läckberg a l'art de distiller le suspense.

 La filiation occupe une place dans ce choix dans ce troisième opus, filiation souvent placée sous le signe de la douleur, de la maladie et de la séparation : les difficultés d'Erica à accueillir son bébé malgré tout l'amour qu'elle lui porte, Charlotte face aux troubles puis à la mort de Sara, Mellberg qui se découvre un fils déjà adolescent, Niclas qui a été renié par son père… La parentalité est évoquée dans toute sa variété et sa complexité, ce qui fait la richesse de cette histoire. 

Comme dans les tomes précédents, les points de vue alternent et finissent par converger. Le flash-back qui nous ramène en 1923 finit par prendre tout son sens et éclairer l'intrigue, mais seulement dans les toutes dernières pages, ce qui fait qu'on s'interroge tout au long du roman sur cette incursion dans le passé qui semble hors de propos et pourtant cruciale. 

Comme d'autres lectrices, je regrette qu'Erica soit encore en retrait cette fois, alors que c'était un personnage de premier plan dans La Princesse des glaces… Mais pour avoir lu Le Gardien de phare, je sais qu'un jour ou l'autre, elle retrouvera toute sa place dans l'intrigue...

Littérature suédoise

Merci à Nath pour cette LC ! 

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16 juillet 2017

La Maison des hautes falaises, Karen Viggers

Lex Henderson, animateur radio, vient d'acheter une maison en vue à Wallaces Point, sur la côte australienne. Les habitants des environs se demandent pourquoi ce fringant citadin a décidé de venir s'établir dans ce village perdu divisé en deux camps, les pratiquants et les autres. Mais on découvre rapidement que Lex cherche à échapper à la souffrance qui le ronge.

La maison des hautes falaises

Callista quant à elle, est native de Wallaces Point. Mais élevée par un couple de hippies, végétarienne, artiste peintre sans attaches, elle n'est pas du tout intégrée à la petite communauté. Avec son Combi Wolksvagen, elle vend des tableaux « alimentaires » sur les marchés l'été pour payer son loyer le reste de l'année et se consacrer à ce qu'elle aime vraiment. Est-ce que leurs souffrances respectives leur permettront de s'épauler l'un l'autre pour guérir ? Rien n'est moins sûr...

 

La première partie met lentement en place les éléments de l'intrigue. Le lecteur côtoie les deux protagonistes et fait leur connaissance progressivement. On sent dans ces pages le tumulte de la vraie vie, la complexité des relations de couple, les coups du sort inéluctables. Parallèlement,

c'est tout le microcosme d'un village qui est recréé avec ses tensions, ses personnalités incontournables, ses rumeurs. Les figures secondaires sont convaincantes, soit par la franche antipathie qu'elles dégagent (la mère de Lex), soit par leur mode de vie différent (Jordi, le frère de Callista), soit par leur vulnérabilité (Sarah, la mère célibataire).

 

J'avais déjà été séduite par La Mémoire des embruns, notamment pour l'évocation de la nature et des éléments. Les personnages de Karen Viggers viennent souvent chercher auprès de la nature réconfort et vérité. Ici, on en est encore plus près : on entend le ressac, le chant des baleines, on observe les huïtriers en pleine chasse, les fleurs de banksias. C'est un récit qui sent le sel marin, l'eucalyptus et le feu de camp.

S'il y a quelques longueurs – la relation entre Lex et Callista n'étant pas finalement le plus palpitant à mes yeux-, les épisodes centrés sur la nature sont un ravissement. Karen Viggers est vétérinaire et on sent une connaissance solide du règne animal et surtout un grand respect dans ses romans.

***

p. 295 « Au beau milieu de la bourbe de ses sensations meurtires et bouillonnantes, une rose nouvelle avait poussé. Et son nom était confiance. »

p. 487 « Elle comprit qu'elle avait perdu la balise de vue pendant l'averse car elle se trouvait à présent juste devant eux, œil clignotant dans les ténèbres. Comme la vie, franchement. La vérité est toujours là, sauf qu'on la perd parfois de vue dans le brouillard de nos orages internes. »

 

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15 juillet 2017

Agatha Raisin, tome 5 : Pour le meilleur et pour le pire

Pour le meilleur et pour le pire

 

Ca y est, Agatha a enfin réussi à séduire l'homme de ses rêves, son austère voisin James Lacey. Ils ont emménagé ensemble et s'apprêtent à convoler en justes noces. Mais en dépit de ses nombreuses qualités, James se révèle vite routinier et peu communicatif, ce qui déroute un peu Agatha. Et cette dernière, qui n'a pas beaucoup d'expérience de la vie conjugale, s'efface au profit de ses exigences. Enfin, le jour J arrive. Mais c'est la consternation lorsqu'au cours de la cérémonie, Jimmy Raisin, le premier mari d'Agatha, refait surface pour empêcher le mariage. James, humilié, abandonne Agatha séance tenante. Et le lendemain, lorsque Jimmy est retrouvé mort après avoir été menacé par Agatha, tous les soupçons se portent naturellement sur elle ainsi que sur James…

 

Pour le meilleur et pour le pire

C'est toujours un plaisir de s'offrir un petit séjour imaginaire dans les Cotswolds. Agatha prépare le plus beau jour de sa vie avec la maladresse et la malchance d'une Bridget Jones, ce qui est très plaisant à lire. Cependant, je trouve que la série s’essouffle un peu. L'enquête est assez linéaire dans ce tome, James et Agatha reforment leur duo pour trouver la clé du mystère, essayant de retrouver toutes les personnes ayant été en contact avec Jimmy dans un centre de remise en forme. Ils interrogent donc les suspects les uns après les autres mais le fil conducteur est relativement ténu.

Des situations qui auraient pu être croustillantes – le séjour de James et Agatha dans le centre de remise en forme en tant que couple officiel alors qu'ils sont séparés – tournent court. Et il faut reconnaître que James ne donne pas le meilleur de lui-même ; de charmant et flegmatique il est devenu cassant et brutal envers Agatha. Même si on peut comprendre sa frustration, on attendait mieux de ce gentleman... Au contraire, Agatha, qui s'habitue peu à peu aux mœurs de Carsely à tendance à s'adoucir, et c'est dommage car personnellement, je la préfère avec son franc-parler et ses mauvaises manières…

Bref, un récit amusant, léger, parfait pour l'été, mais peut-être moins drôle et moins prenant que les deux premiers tomes qui restent pour l'instant mes préférés...

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11 juillet 2017

Velvet, Mary Hooper

Velvet Groves, alias Kitty Marley, traîne un lourd fardeau familial. Obligée de gagner sa vie alors qu'elle est toute jeune, elle travaille dur dans une blanchisserie londonienne. Un beau jour, elle engagée par Madame Savoya qui, très satisfaite du soin avec lequel Velvet a entretenu son linge, souhaite faire d'elle sa dame de compagnie. Mais Madame Savoya est en réalité une spirite, qui saura se montrer généreuse et encourageante, mais aussi à l'occasion, exigeante. Une nouvelle vie commence pour Velvet, mais pas forcément plus simple... 

Velvet

 

Ce roman pour la jeunesse m'a beaucoup plu, et c'est assez rare ! Le début du récit avec l'évocation des difficiles conditions de travail à la blanchisserie m'a passionnée. Le traitement du linge est évoqué avec minutie : les produits utilisés, les techniques, les écueils et les risques qui guettent les jeunes filles qui abîmeraient malencontreusement le vêtement d'une noble dame. Les tissus eux-mêmes et les détails vestimentaires sont décrits avec soin.

Un autre sujet qui m'intéresse : le spiritisme de l'ère victorienne. Non pas que je sorte ma planche oui-ja du placard tous les samedis soirs, mais j'aime bien les histoires paranormales, ou qui baignent dans une atmosphère paranormale. A cette époque-là, les cabinets fleurissaient, rivalisant d'ingéniosité pour attirer les clients : communiquer avec les défunts bien sûr, répandre une pluie de pétales sur l'assemblée et comble du comble, faire apparaître des ectoplasmes. On croise même Conan Doyle à une de ces soirées en vogue.

Et bien sûr, j'ai aimé me promener dans les rues de Londres, des quartiers industrieux aux belles artères où les mediums ont pignon sur rue, m'écartant au passage des fiacres et admirant la Villa Darkling de Madame à Regent Park !

Cependant, malgré le soin apporté au contexte historique, on peut regretter, comme dans Waterloo Necropolis, que l'intrigue soit assez transparente, même pour de jeunes lecteurs. Mais c'est le seul bémol... 

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Chez Lou et Cryssilda 

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10 juillet 2017

La Part des flammes, Gaëlle Nohant

Paris, mai 1897. La comtesse Violaine de Raezal propose son aide au Bazar de la Grande Charité afin d'être acceptée par les grandes dames de la noblesse parisienne maintenant que son mari n'est plus là pour assurer sa protection. Pendant ce temps, la jeune Constance d'Estingel, qui a grandi au couvent et qui semble promise à un mariage heureux avec Laszlo de Nérac, renonce brutalement à ce mariage plébiscité par sa famille. Mais alors que le destin de chacun semble sur le point de se jouer, le violent incendie du Bazar va tout remettre en question… L'incendie va révéler à chacun sa vraie nature et faire tomber les masques.

 

La part des flammes

Coup de cœur pour ce magnifique roman historique qui met en lumière un événement tragique que je ne connaissais pas du tout. Le bandeau qui le décrivait comme « Downton Abbey à Paris » n'a évidemment pas été pour rien dans cet achat… Et il faut reconnaître qu'il y a quelque chose qui rappelle la série dans l'évocation de ce drame qui aplanit toutes les distinctions sociales. On découvre au premier abord un univers très codifié, aux instincts féroces qui se déploient derrière des apparences d'urbanité ; des tigresses parées de rubans, l'hypocrisie et l'ambition dissimulées sous des tissus précieux. Jusqu'au drame atroce, relaté avec un réalisme à la limite du supportable Et pourtant, le récit ne perd jamais rien de son élégance. C'est surtout l'écriture d'une grande beauté qui m'a époustouflée.

Les personnages sont charismatiques : Violaine de Raezal est à la fois touchante et agréable. On éprouve d'emblée de l'empathie pour elle, sachant qu'elle cache un secret qui l'a non seulement profondément blessée mais également mise au ban de la « bonne » société. Laszlo de Nérac quant à lui est le type même du héros romantique loyal, une sorte de Mr Darcy parisien. Enfin, Constance est une jeune femme idéaliste qui n'entend pas sacrifier sa vie pour satisfaire le snobisme de sa mère. Le lecteur rencontre des personnages de fiction bien sûr mais aussi des personnages historiques (la duchesse d'Alençon, sœur de Sissi), des aristocrates comme des roturiers, découvrant une noblesse d'esprit qui ignore les classes sociales au même titre que la mesquinerie et le culte des apparences...

On déambule dans les rues de Paris en ce siècle finissant qui n'est pas sans rappeler celui d'Au Bonheur des dames, au cœur de l'effervescence d'une cité en pleine mutation. On côtoie des aliénistes qui continuent à faire des ravages parmi les patients en les soumettant à des traitements inhumains, même si la grande époque des démonstrations publiques d'hystérie est passée.

Bref, cinq cents pages lues en un clin d’œil qui me réconcilient avec la littérature française contemporaine…

  

***

p. 422 « Elle avait besoin de marcher, de retrouver la pulsation enfiévrée de la ville sous son pas, le concert de protestations des cochers, les coups de sifflet stridents des tramways à impériale, tout ce remue-ménage de vendeurs à la sauvette qui tentaient d'arrêter la foule pressée, les bourgeois amidonnés, les petites dames élégantes traversant pour aller cher leur couturière ou s'engouffrer dans ces nouveaux temples de la consommation qui avaient pour noms le Bon Marché, la Samaritaine ou le Printemps. La vie parisienne rechargeait l'énergie de Violaine et son animation incessante opérait une transfusion de sang, rejetant ses humeurs noires dans l'eau boueuse des caniveaux. » 

p. 445 Sur le chantier du Palais de l'Industrie « Observant la progression des ouvriers sur les arêtes de pierre dénudées à vingt mètres au-dessus du sol, il songea que des hommes mourraient pour détruire ce grand vaisseau de pierre, après d'autres qui étaient morts pour l'ériger, et que la beauté des villes se bâtissait sur le sang des hommes depuis des millénaires sans que personne y trouvât rien à redire. » 

p. 459 « Il la fixa calmement, et leurs solitudes s'effleurèrent et se reconnurent. »

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02 juillet 2017

Il était une lettre, Kathryn Hughes

 

 

 

Angleterre, 1970. Tina quitte son mari alcoolique et notoirement violemment. Un jour, elle découvre dans un costume donné à la boutique caritative pour laquelle elle travaille une lettre datée de 1940. Son auteur, Billy, demande à une certaine Chrissie, qui attend leur bébé, de bien vouloir l'épouser. Mais la lettre n'a jamais été postée, encore moins lue par sa destinataire. Tina se met alors en tête de retrouver les protagonistes de cette histoire pour que le message soit enfin délivré. Puis lorsqu'elle découvre qu'elle est elle-même enceinte, Tina prend une décision surprenante...

Il était une lettre

C'est une histoire romanesque comme je les aime, avec des lettres perdues, des chassés-croisés, des non-dits, des séparations… L'intrigue est bien construite, tout s'imbrique parfaitement - même si certaines péripéties sont très prévisibles. La découverte de cette lettre jamais postée va en effet changer plusieurs vies, y compris celle de Tina qui n'a pourtant rien à voir avec Billy. Malgré tout, je n'ai pas accroché au style. C'est bien écrit, ou du moins la traduction est bonne, mais c'est assez linéaire, sans relief. Les dialogues en eux-mêmes sont assez ternes et il y a quelques redites.

De même, la psychologie est un peu survolée. Si on arrive à comprendre les agissements des différents personnages, leurs contradictions (notamment celles de Tina), leurs souffrances, l'expression des émotions est à mon goût un peu superficielle, ce qui nuit à la dramatisation d'événements pourtant douloureux. Le parallèle évident par exemple, qui se tisse entre Tina et Chrissie (qui d'ailleurs portent toutes deux le même prénom, ce qui va jouer des tours à Tina) n'est pas vraiment exploité, il est tout juste évoqué à la fin, alors que ce qui les réunit, c'est précisément leur grossesse et la manière dont elles sont traitées par des être grossiers qui ne font pas honneur à la gent masculine, chacun dans un genre différent.

Bref, je mentirais en disant que je n'ai pas pris plaisir à lire ce roman, il m'a bien changé les idées et j'avais hâte de percer le mystère, mais je pense qu'en creusant un peu, il aurait pu être plus émouvant… Un bon moment de lecture certes, mais qui s'estompe déjà...

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Chez Lou et Cryssilda 

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30 juin 2017

Ginny Moon, Benjamin Ludwig

Ginny, 13 ans, vit avec ses Parents-pour-toujours et mène une vie apparemment bien réglée par divers petits rituels et une passion insatiable pour Michael Jackson. Ginny est autiste et a besoin de points de repère solides. Elle fréquent la classe des enfants « particuliers » et est bien entourée. Mais au-delà des apparences, Ginny est très tourmentée. Retirée de la garde de sa mère à l'âge de neuf ans, Ginny est allée d'une famille d'accueil à l'autre. Et elle reste hantée par une obsession : que l'on retrouve sa Poupée, restée enfermée dans une valise chez Gloria, sa mère biologique. Malgré son aversion pour le mensonge et la dissimulation, elle met donc tout en œuvre pour retrouver Gloria et retourner vivre avec elle, en dépit de tout ce qu'elle lui a infligé. 

Ginny Moon

Ginny Moon est un roman atypique qui donne la parole à une enfant « particulière », ainsi qu'elle est désignée dans son école. C'est le point de vue de Ginny qui organise la narration ; l'intitulé des chapitres d'ailleurs indique toujours la date et l'heure précisément, détail qui a son importance pour la jeune fille. C'est passionnant de la suivre et de découvrir sa vision de la réalité. Le temps s'écoule lentement, au rythme des journées de Ginny qui observe son entourage afin de savoir quand et comment elle pourra prendre contact avec Gloria pour la retrouver. Un récit parfois monotone donc, parce que précisément, il ne se passe rien, Ginny étant dans l'expectative la plupart du temps. D'autre part, les tics de langage qui reviennent fréquemment comme Père-pour-toujours ou Cristal-avec-un-C constituent un curieux refrain mais sont évidemment plus que des tics, ils correspondent à la perception que Ginny a du monde qui l'entoure et recouvrent une réalité particulièrement significative pour elle.

C'est un roman qui évoque des thèmes importants, la maltraitance, l'adoption, l'autisme. Des thèmes complexes et bouleversants. Ginny est attachante de par son parcours terrible et sa ténacité, voire son obsession pour sa Poupée. Son quotidien est encore chamboulé par l'arrivée de bébé Wendy, l'enfant biologique de ses Parents-pour-toujours, qui va fragiliser ses relations avec Maura, sa Mère-pour-toujours. Et même si on arrive à comprendre les réactions épidermiques de Maura, on compatit d'autant plus avec Ginny quand on connaît la vérité et qu'on la sait bien intentionnée.

En tant qu'enseignante – mais pas seulement -, l'autisme est une question qui m'intéresse. C'est donc particulièrement pertinent de vivre la situation de l'intérieur et de découvrir que certaines émotions, certains gestes, certaines pensées, sont ressentis avec beaucoup de violence : « Mon cerveau va trop vite. Les images dedans bougent comme des mains qui arrivent sur ma figure. » (p. 31). Et cela est d'autant plus crédible que l'auteur, Benjamin Ludwig, a lui-même adopté une adolescente autiste et est allé à la rencontre d'autres parents d'enfants autistes. Le récit a donc une couleur authentique qui permet de mieux comprendre nos jeunes.

Merci à Babelio et aux éditions HarperCollins pour cette belle lecture ! 

Challenge des douze thèmes, un roman dont l'histoire se déroule en Amérique chez A little-bit-dramatic !

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29 juin 2017

Randonnée mortelle, Agatha Raisin, tome 4, M. C. Beaton

Le mois anglais se déroule en grande partie à Carsely pour moi cette année. Je lis actuellement le tome 5 de la saga et je suis la série diffusée sur France 3, qui est drôle et agréable, même si elle ne correspond pas tout à fait à l'idée que je me faisais des personnages – mais c'est souvent le cas lorsqu'on découvre l'adaptation après la lecture.

 

Randonnée mortelle

Pas de concours cette fois mais une randonnée potentiellement mortelle au programme.

Agatha Raisin revient à Carsely après avoir passé six mois à Londres afin d'honorer un engagement conclu dans le tome 3. Bien décidée à profiter de sa retraite, cette fois, elle retrouve ses amis et voisins et s'inscrit au club de randonnée initié par James. Mais bientôt, Agatha est sollicitée pour élucider le meurtre de Jessica, une jeune femme particulièrement antipathique, assassinée sur les terres de sir Charles Fraith. Pour les besoins de l'enquête, voilà James obligé de jouer – sans enthousiasme il faut bien le dire – au couple marié avec Agatha dans le village de Dembley, pour le meilleur et pour le pire... 

Changement de décor dans ce tome 4 ! D'autres points de vue viennent étayer l'intrigue, celui des randonneurs de Dembley, un choix judicieux pour étoffer l'enquête et donner au lecteur du grain à moudre. S'il est tout à fait logique de changer de cadre – la mortalité devenant anormalement élevée dans le village d'Agatha -, les habitants de Carsely m'ont cependant manquée. J'aime le microcosme de ce petit village british, avec ses concours de quiches et de jardinage… Et il faut reconnaître que les randonneurs ne sont ni particulièrement agréables, ni charismatiques ; je me suis assez vite désintéressée de leur sort. Le véritable point d'intérêt de ce volume réside bien sûr dans le duo Agatha/James, avec quelques scènes d'anthologie – je pense à la scène du pub par exemple. Ceci dit, la personnalité d'Agatha s'enrichit également car on la découvre plus sensible, et surtout, elle se met en quatre pour plaire à James mais on peut se demander si elle a raison de vouloir se mettre à son diapason à lui au lieu de se montrer telle qu'elle est – même si bien sûr sa personnalité haute en couleur ressurgit violemment par moments. Attention, le dénouement vaut son pesant d'or…

Donc malgré mes réserves sur cette aventure-là, le tome 5 est d'ores et déjà en cours de lecture...

Chez Lou et Cryssilda

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28 juin 2017

The Crown, série de Peter Morgan

Quoi de mieux que le mois anglais pour évoquer cette série british s'il en est ? Une série bien réalisée qui a pour ambition de raconter le règne d'Elizabeth II, de ses débuts en 1952 à nos jours. 

The crown

 Sans nourrir de passion particulière à l'égard de la famille royale, j'ai été ravie de découvrir ce pan méconnu de leur histoire.

On découvre dans les premiers épisodes une jeune femme pleine d'enthousiasme, enjouée et ouverte, un éclat qui va être un peu terni par les lourdes responsabilités qui viennent lui échoir brutalement, à la mort de son père, le roi George VI en 1952. Des responsabilités cruciales, sans doute pas pour l'avenir du pays, mais pour elle et sa famille (la question épineuse du mariage de sa sœur avec le colonel d'aviation Townsend). Difficile d'imaginer à notre époque – enfin, du moins il y a quelques décennies -, que ce soit à une sœur aînée d'accepter ou non le futur époux de sa sœur. 

A l'inverse, le prince consort est présenté comme un personnage assez antipathique ; il a certes du mal à trouver sa place face à sa royale épouse, mais il apparaît comme plutôt égocentrique et immature. Heureusement qu'à l'occasion il se montre de bon conseil pour faire évoluer une monarchie un peu sclérosée et la faire entrer dans l'ère moderne.

Et en parlant de modernité, elle fait effectivement son entrée à Buckingham grâce au téléphone qui permet de communiquer d'une pièce à l'autre – ce qui semble utile dans un palais de 690 pièces ! - mais aussi avec l'extérieur bien sûr, moyennant quelques intermédiaires ! On aperçoit au passage le décor froid mais somptueux de Buckingham. J'ai un faible pour les canapés à fleurs en schintz qui doivent être confortables à souhait ! 

Au-delà de l'anecdotique, cette série m'a permis de découvrir l'histoire d'une partie du XXème siècle que je connais mal : le Grand Smog en 1952, cette vague de pollution qui provoqua des milliers de morts à Londres; les dernières années de Churchill ; le canal de Suez. 

A l'affiche, des acteurs que j'aime beaucoup : Jeremy Northam, qui incarne le poète Randolf Ash dans un de mes films préférés, Possession ; John Lithgow, l'acteur terrifiant qui joue« Trinité » dans la saison 4 de Dexter pour ne citer qu'eux. 

D'après « mes » informations, la série pourrait durer six saisons ; le casting serait renouvelé toutes les deux saisons pour coller au vieillissement des personnages. Reste à savoir si les acteurs suivants pourront nous faire oublier le couple Claire Foy/Matt Smith...

Chez Lou et Cryssilda

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13 juin 2017

Pas de pot pour la jardinière, M.C. Beaton

Elle est égoïste, tricheuse, grossière. Qu'est-ce qui fait qu'on l'aime quand même, Agatha Raisin ?!

 

Pas de pot pour la jardinière

 

Agatha Raisin est de retour à Carsely après un long voyage à travers le monde, destiné à lui permettre d'oublier le séduisant James Lacey, son voisin. Mais le choc est rude lorsqu'elle regagne ses Cotswolds d'adoption : James semble en effet avoir succombé au charme d'une nouvelle venue, l'élégante Mary Fortune. D'abord franchement hostile à Mary, Agatha finit cependant par se lier d'amitié avec elle, tout en remarquant que sous un masque de bonhomie, se cachent parfois des remarques venimeuses. Et lorsque Mary est retrouvée « plantée » dans son propre jardin d'hiver, Agatha et James vont reformer leur duo pour découvrir l'assassin...

Moins de peps peut-être, au début de ce troisième volume, l'intrigue se mettant en place lentement. Mais c'est un plaisir renouvelé de voir nos deux enquêteurs à l’œuvre pour découvrir le fin mot de l'histoire. Mary était-elle vraiment cette charmante quarantenaire à la mise toujours impeccable, aux talents de cuisinière et de jardinière hors pair ? Ce sera l'occasion, au passage, de découvrir les divers petits secrets des habitants de Carsely.

Agatha reste égale à elle-même (et c'est ce qu'on aime) : elle ne pense qu'à elle et ne tire jamais leçon de ses erreurs. Mais curieusement, lorsqu'elle est détrônée par Mary qui elle, parvient à gagner le cœur de James, on est frustré pour elle. Heureusement, elle sait rebondir et commence à comprendre qu'elle aura plus de chances de le séduire en se montrant naturelle – avec ses défauts – qu'à jouer la femme fatale… C'est un plaisir aussi de découvrir James sous un jour nouveau, avec ses petites imperfections...

Chez Lou et Cryssilda

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