« Notre dame de l'île, Terra Incognita d'elle-même, allait-elle trouver ce qu'elle cherchait ici avant qu'il ne soit trop tard ? »

L'île des beaux lendemains

Un couple de septuagénaires mal assorti. Des retrouvailles. Des regrets. Une renaissance. Il n'est jamais trop tard pour « devenir qui l'on est » (Nietzsche, citation découverte dans le dernier Flow…).

A l'occasion de ses soixante-treize ans, Jacqueline Le Gall prend conscience qu'elle n'a pas mené la vie qu'elle souhaitait. Soudain, elle décide de partir pour l'île d'Yeu, retrouver la cousine avec laquelle elle a été élevée, et qu'elle n'a pas revu depuis son propre mariage, cinquante ans plus tôt. Naturellement, en cinq décennies, les choses ont beaucoup changé, et la cousine Nane n'est plus la même. De Son côté, Marcel, le mari abandonné, va se lancer un défi un peu fou pour retrouver son épouse...

J'ai passé un agréable moment en compagnie de ces seniors qui veulent réaliser leurs rêves de jeunesse ; ils sont tous très attachants, avec leurs passions (la nage dans la Loire pour Marcel, les supernovae pour Paul, le parrainage des enfants pour Jacqueline). Nane est sans nul doute la plus authentique avec ses manière directes, son parler cru et sa chaleur humaine. Sa maison sur l'île d'Yeu constitue un refuge pour tous ceux qui en ont besoin, que ce soit pour se ressourcer, pour trouver un sens à sa vie ou remettre au jour de lointains souvenirs…

La narration est originale et poétique puisque ce sont les papillons et les vents qui comblent les blancs en communiquant entre eux, faisant le lien entre les progrès de Marcel et la retraite silencieuse de Jacqueline. En deux petits centaines de pages, ce court roman en dit long sur les petits ratés ou les occasions manquées, jusqu'au jour où...

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p. 25 « Les insectes n'ont pas le goût des révolutions, mais certains d'entre eux sont des poètes. C'est l'apanage de ceux qui savent que la vie est courte. »

p. 76 « Parce qu'il savait qu'au fond de son corps vieillissant se cachaient les supernovae, ces étoiles géantes encore plus grandes que le soleil. »

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Merci Nath, pour la découverte !