p . 214 « Et la règle d'or de tout chat de bibliothèque, valble sans limitation de durée :

 

N'oubliez jamais, et ne laissez jamais les humains oublier qu'ici, c'est chez vous ! »

Dewey

 

Le 18 janvier 1988, Vicki Myron, bibliothécaire à Spencer, découvre, dans la boîte à livres, un chaton roux transi de froid. Très vite, l'évidence s'impose : le chaton va rester à la bibliothèque et prendre le nom de Dewey, comme la classification décimale mise au point au XIXème siècle. Peu à peu, Dewey prend ses marques et attire l'attention, jusqu'à devenir célèbre dans le monde entier.

A travers une succession de chapitres thématiques, l'auteure nous raconte comment Dewey est devenu l'attraction locale. Elle évoque aussi les péripéties qui ont jalonné la vie du chat (ses petites manies comme dormir au rayon western, ses préférences alimentaires, ses jeux, etc.) mais aussi les événements, souvent tragiques, de son existence à elle, qui s'entrecroisent. 

Dewey n'est pas seulement un hommage rendu à ce chat attachant, c'est aussi une chronique de la vie quotidienne dans une petite commune rurale de l'Iowa, des années 80 à nos jours, les bouleversements dus à l'industrialisation de l'agriculture, menaçant pendant un moment l'avenir de Spencer. On y découvre aussi rapidement l'histoire des bibliothèques de style néo-classique Carnegie, du nom de cet industriel philanthrope qui finança aussi le célèbre Carnegie Hall à New York. Et surtout, Vicki Myron nous fait entrer dans les coulisses de sa bibliothèque, nous montrant son évolution avec l'arrivée des nouvelles technologies.

J'ai refermé le livre avec une certaine tristesse évidemment. On sait que Dewey est mort en 2006, à un âge tout à fait vénérable, grâce à la quatrième de couverture ; malgré tout, à force de lire le récit de ses aventures, on a l'impression qu'il est devenu immortel.

Un petit bémol, le récit est souvent au premier degré ; Vicki Myron rappelle à plusieurs reprises que Dewey a changé sa vie et même celle des habitants de Spencer, ce qui peut paraître exagéré pour une personne extérieure à l'histoire. Mais il faut reconnaître que nos compagnons à quatre pattes cheminent un long moment avec nous et font partie de notre histoire ; quand je pense aux chiens et chats de mon enfance, c'est toujours avec nostalgie et affection. Ma vie aurait sans doute été différente sans eux. J'arrive donc à comprendre ces élans presque lyriques qui peuvent paraître un peu mièvres.

Reste que la présence de Dewey est une expérience enrichissante ; il a rendu l'atmosphère plus chaleureuse, créé des liens entre les lecteurs, aidé des enfants à s'épanouir… Personnellement, il ne me déplairait pas de voir des animaux dans les lieux publics, plutôt que d'évoluer dans des univers aseptisés et impersonnels. Evidemment c'est plus compliqué quand on est allergique ; le problème est d'ailleurs évoqué dans le livre. Mais je me verrais bien faire cours avec un chat ronronnant sur mon bureau par exemple ! Et ça n'est pas seulement une lubie de ma part à en juger par le succès des bars à chats en ce moment…

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p. 13 « Quelle influence un animal peut-il avoir ? Combien de vies un chat peut-il toucher ? »

p. 159 « Il voulait explorer. Escalader. Et, surtout, il voulait franchir de nouveaux obstacles. Nous qualifiâmes son état de phase Edmund Hillary, d'après le célèbre alpiniste. »

 Le site dédié à Dewey : http://deweyreadmorebooks.com/

Une vidéo parmi d'autres :

 

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