Après avoir vu le film Everest, bouleversant et servi par une belle galerie d'acteurs, j'ai eu envie de découvrir le récit de Jon Krakauer, le journaliste et alpiniste aguerri qui a participé à l'une des expéditions du printemps 1996. Jon Krakauer est aussi connu pour Into the wild qui a été adapté au cinéma en 2007.

Everest

 

Dans une introduction émouvante, Jon Krakauer explique son besoin de raconter dans l'espoir de se délivrer d'un poids. Et de fait, le premier chapitre évoque d'emblée l'issue funeste de la saison 1996 sur l'Everest.

L'auteur est journaliste donc, et cela se ressent ; le deuxième chapitre est en effet consacré à l'histoire de la conquête du toit du monde au XXème siècle. Dans les années 90 naissent les premières expéditions commerciales, qui ont pour vocation de mener des clients au sommet. De plus, chacun des chapitres s'ouvre sur un extrait tiré de récits d'alpinistes au XXème siècle. C'est donc un récit à la fois personnel et authentifié par des recherches solides, même si le déroulé des événements en lui-même a pu être contesté par les autres membres de l'expédition. L'intitulé du chapitre qui comporte le lieu précis, la date ainsi que l'altitude permet de suivre au plus près la progression périlleuse des alpinistes.

Je ne sais pas vraiment ce qui m'a plu, dans le film comme dans le récit. Je n'ai jamais fait d'alpinisme et je ne risque pas de commencer maintenant. Mais ces personnes qui sont capables de lutter contre les éléments pour passer seulement quelques minutes sur le plus haut sommet du monde (ou même ceux qui sont moins élevés…) me fascinent. C'est presque une quête spirituelle ou en tout cas, un besoin de se dépasser, de donner un sens à sa vie. « Il m'apparut alors que, à nous soumettre ainsi, semaine après semaine, à des efforts pénibles, à l'ennui et à la douleur, nous devions être, pour la plupart – par-delà tout autre chose -, à la recherche d'une sorte d'état de grâce » (p. 153). Et en même temps, braver la zone de la mort volontairement tient de la démesure : « L'idée que je me préparais à grimper à l'altitude de croisière d'un A-300 me frappa à ce moment-là comme quelque chose grotesque, ou pire. Je sentis mes mains devenir moites. » (p. 40).

Les alpinistes, pour vivre leur passion jusqu'au bout, endurent plusieurs semaines dans des conditions terribles : un froid inimaginable, la raréfaction de l'oxygène et toutes les pathologies que cela implique.

C'est une lecture atypique dans mon parcours, moi qui suis friande de romans british douillets, mais j'ai beaucoup apprécié ce témoignage qui permet d'en apprendre beaucoup sur l'alpinisme et tout simplement aussi, la haute-montagne et le Népal. Depuis, j'ai déniché un autre récit personnel : J'ai vécu l'Everest de Pierre Paperon, que je me réserve pour cet hiver.

 

***

« Installé sur le toit du monde, un pied en Chine, un pied au Népal, j'essuyai la glace qui s'était formée sur mon masque à oxygène, me recroquevillai pour me protéger du vent et contemplai distraitement l'immense Tibet. » (p. 16)

 « Mais il apparut bien vite que lorsqu'on entre dans ce qu'on appelle la « zone de la mort », au-dessus de 7 600 mètres, le corps devient très vite vulnérable aux oedèmes pulmonaires et cérébraux, à l'hypothermie, aux gelures et à toute une série d'affections mortelles, à moins de recevoir un apport supplémentaire en oxygène. » (p. 173)

 « L'air raréfié avait une qualité cristalline et chatoyante qui faisait paraître tout proches les pics lointains. Dans la merveilleuse lumière du soleil à son zénith, la pyramide du sommet de l'Everest brillait derrière le voile intermittent des nuages. » (p. 181)

 

Chez Titine

mois américain