Coup de cœur pour ce roman à suspense sur fond de secrets de famille.

La maison où je suis mort autrefois

Le narrateur, un jeune universitaire spécialisé dans les sciences physiques, reçoit une demande étrange de Sayaka Kurahashi, son ancienne petite amie. Sayaka, qui vient de perdre son père, a retrouvé dans ses affaires une clé étrange, à l'effigie d'un lion, accompagnée d'un plan. Elle s'est alors rappelé que son père partait souvent pour quelques jours, sous prétexte d'aller à la pêche, mais elle le soupçonne d'avoir mené une double vie. N'ayant elle-même aucun souvenir de sa petite enfance avant l'entrée à l'école primaire, elle souhaiterait en apprendre plus sur l'histoire de sa famille. Elle décide donc de découvrir cette mystérieuse maison qui pourrait répondre à ses interrogations. Et pour cela, elle a besoin du soutien du narrateur…

En ce moment, je fais un marathon thriller pour me changer les idées. Et il faut dire que cela fonctionne à merveille.

La maison où je suis mort autrefois est un court roman (254 pages) très prenant, que l'on referme à regret seulement quand on y est obligé. La narration à la première personne pique immédiatement la curiosité du lecteur et l'invite à poursuivre. Un prologue envoûtant place la maison au cœur de l'histoire, comme le suggère le titre. « Démolition », « nostalgie » et « horreur » en sont les maîtres mots.

C'est une enquête singulière et passionnante ; Shayaka et le narrateur, dans un presque huis-clos, vont explorer une maison étrange, abandonnée, sinistre par certains côtés, dans l'espoir qu'elle finisse par révéler l'histoire – tragique - de ses habitants. La demeure, une maison à l'occidentale, est nimbée de mystère. Personne, dans les alentours, ne sait à qui elle appartient. Quasiment murée de l'intérieur, elle n'est accessible que par la cave. Les habitants semblent l'avoir quittée brutalement et toutes les pendules se sont arrêtées à onze heures dix… Autant de curiosités qui font hésiter le lecteur entre plusieurs hypothèses, de la plus plausible au surnaturel.

Les liens familiaux sont infiniment plus retors qu'on ne l'aurait imaginé, et Sayaka n'est pas la seule à mettre le doigt sur une réalité douloureuse. La maison où je suis mort autrefois est tout autant sa quête identitaire à elle que l'écho des souvenirs de son compagnon. Le personnage de Sayaka est troublant ; d'abord touchante, elle se révèle ensuite dérangeante. Même si on arrive par la suite à comprendre l'origine de ses troubles, on n'arrive pas pour autant à lui pardonner. C'est donc une relation complexe qui s'établit avec le lecteur qui est obligé de maintenir son empathie à distance.

Une lecture marquante que je vais conseiller à mes proches !