« La lumière des chandelles luisait aux fenêtres, les étoiles scintillaient au firmament et je me sentis soudain heureux, en paix avec le monde entier. » (p. 20)

 

Le Noël des masques

Il s'agit du 22ème tome de la saga de Kate Sedley alias Brenda Margaret Lilian Honeyman Clarke née en 1926 à Bristol.

1483. Les festivités de Noël approchent à Bristol et Roger le colporteur s'en réjouit, d'autant plus qu'une troupe de théâtre va donner plusieurs représentations. Confortablement installé avec femme et enfants dans une belle demeure que certains lui envient, Roger ne s'attend pas à la série de meurtres qui va s'abattre sur la ville et perturber quelque peu le bon déroulement des fêtes. Mais comme toujours, de son propre aveu, il va s'en mêler pour tenter de découvrir le coupable…

Roger est le narrateur de cette enquête agréable – en dépit des meurtres macabres qui la ponctuent-, un narrateur chaleureux qui nous convie à partager son quotidien en lui présentant les protagonistes et en les ancrant dans un contexte bien précis. Il n'hésite pas à à nous faire part des petits tracas de la vie quotidienne et ne rechigne pas à raconter ses chamailleries avec son épouse Adela, chamailleries qui, comme il se plaît à le souligner, trouvent souvent leur résolution sur l'oreiller… Une connivence s'établit donc rapidement entre narrateur et lecteur… De plus, Roger, Adela et leurs enfants respectifs forment une famille recomposée aux résonances résolument contemporaines.

Bien sûr, le charme de ce roman opère aussi grâce aux nombreuses références folkloriques. A cette époque-là, les fêtes de Noël proprement dites, loin de s'arrêter au 25 décembre au soir, duraient jusqu'à l'épiphanie… Et de fait, le récit n'est pas avare de descriptions réjouissantes ou tout simplement, intéressantes : la décoration, les bûches de Yule, les rites anciens comme les libations au pied des pommiers le jour de l'épiphanie afin de s'assurer une bonne récolte…

C'est la première fois que j'enquête en compagnie de Roger le Colporteur, mais j'ai bien l'attention de suivre ses aventures en reprenant depuis le début avec le tome 1, Le Colporteur et la mort.

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p. 21 « Adela et Elizabeth avaient tressé une magnifique couronne pour s'embrasser sous le gui. Les différents feuillages avaient été passés avec dextérité dans une forme en bouleau, précieusement conservée d'une année sur l'autre et ressortie chaque Noël. Elles avaient agrémenté cette verdure en y fixant des noeudss rouges – j'avais remarqué le matin même que ma réserve de rubans avait singulièrement diminué -, ainsi que des sachets de noix et de pétales de rose confits. De petites pommes, choisies parmi les provisions pour l'hiver, étaient piquées sur des brindilles ; des farandoles de silhouettes, découpées dans du papier chiffon et du linge empesé puis enfilées sur des cordons, entouraient le tout. On pouvait même reconnaître une étoile, une mangeoire et un joli mouton. »

Pour le challenge de Noël   Chicky Poo et Samarian

Noel 2