Janvier 1901. Kitty Coleman est une jolie jeune femme de la haute société anglaise qui s'ennuie dans son rôle d'épouse et de mère. Elle cherche à rendre sa vie plus pétillante, notamment par le biais des aventures amoureuses. Sa fille Maude quant à elle, adore passer du temps au cimetière avec sa nouvelle amie Lavinia Waterhouse – aucun rapport avec le peintre pré-raphaélite aux dires de sa mère. Après une phase de dépression dont la cause échappe à tout le monde, Kitty prend fait et cause pour les suffragettes, quitte à chambouler sa vie de famille et celle des autres...

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 La reine Victoria vient de mourir. La société évolue lentement, entre les codes moraux austères d'une époque révolue et l'émancipation des femmes qui s'annonce. Les mentalités commencent à changer. Et toutes ces mutations sont perceptibles au cimetière, là où les filles passent le plus clair de leur temps. Ce lieu constitue la figure centrale du roman, lieu des rencontres (celle des petites Maude et Lavinia au début), lieu des discordes et bien sûr lieu du dernier repos.

 La narration est originale puisqu'elle donne la parole à tous les personnages de l'histoire : les membres de la famille Coleman mais aussi ceux de la famille Waterhouse, la domestique Jenny, Simon, le fils du fossoyeur. Le récit habilement construit, alterne les points de vue et joue des ellipses, laissant au lecteur le soin de tirer ses propres déductions. On accompagne ainsi les personnages à un moment charnière de leur vie, de 1901 à 1910.

 Mais après des débuts délicieusement licencieux, l'action stagne rapidement. Il n'y a pas vraiment de tension dramatique dans cette succession de regards qui nous sont donnés à lire, bien qu'ils nous évoquent un panel intéressant de la condition féminine au début du XXème siècle. Les personnages sont bien dessinés mais distants. L'ensemble reste assez froid, je ne me suis pas attachée à un personnage plus qu'à un autre, à l'exception peut-être de Jenny, dont la condition difficile m'a fait de la peine. Lavinia est plutôt antipathique avec son attachement à un protocole aussi rigide que passéiste.  La dernière partie en revanche est émouvante et m'a franchement surprise, ce qui rachète à mes yeux l'ennui qui a pu me gagner de temps à autre.

Au final, je crois que sans Nath, ce livre aurait rejoint ma bibliothèque pour la deuxième fois sans être lu ! Heureusement, c'est maintenant chose faite, et je suis contente d'avoir pu échanger à nouveau sur l'univers anglais qui nous est si cher à toutes deux !