« Mma Ramotswe et lui étaient installés dans la cuisine de leur maison de Zebra Drive. Derrière eux, sur le fourneau, du potiron coupé en morceaux mikotait dans une marmite, emplissant l'air de la familière odeur crayeuse de sa chair jaune. »

Le bon mari de Zebra Drive

 

Après mon voyage en Afrique du Sud, le mois dernier, en compagnie de tannie Maria, me voici de nouveau au Botswana aux côtés de Precious Ramotswe ! J'ai lu il y a peu le premier tome de cette série d'Alexander McCall Smith, initiée à la fin des années 90. N'ayant pas trouvé le tome 2 à la bibliothèque, j'ai emprunté le tome 8 dont la couverture me paraissait tout à fait prometteuse et j'ai bien fait car j'ai passé un excellent moment, comme toujours avec cet auteur.

Le temps a passé depuis Mma Ramotswe détective ; le lecteur retrouve ici une Mma Ramotswe en pleine forme aux côtés de son époux Mr. J.L.B. Maketoni [spoiler : et de leurs enfants adoptifs.] Le vent du changement souffle sur l'Agence n°1 des dames détectives : Mma Makutsi se sent frustrée, et l'imminence de son mariage l'incite à se montrer moins sérieuse et plus exigeante envers son employeur, Mma Ramotswe ; quant à Mr. J.L.B Maketoni, il demande à mener sa propre enquête pour rompre, pense-t-il, avec la monotonie du quotidien. On sourit en voyant les deux acolytes de Precious se fier au livre qui a lui permis de faire ses premières armes dans le métier : Clovis Andersen, Les Principes de l'investigation privée. C'est amusant de penser qu'il existe un mode d'emploi pour les détectives néophytes.

Mma Ramostwe, elle, est égale à elle-même et fait toujours montre de la même chaleur humaine en dispensant sa bienveillance à ceux qui l'entourent, y compris à ceux qui ne la méritent pas...

Le bon mari de Zebra Drive est un roman très agréable à lire, dans l'univers duquel on se glisse très facilement. Il est toujours bon de prendre le temps de boire un thé avec ses héroïnes préférées, notamment un thé rouge sous la véranda pendant que le dîner mijote. Comme tous les romans de l'auteur que j'ai lus jusqu'à présent, l'intrigue est une suite d'anecdotes et de mésaventures plaisantes, liées entre elles par une enquête peu présente mais qui tient tout de même lieu de fil rouge. Ici, il s'agit d'élucider la mort mystérieuse de trois patients de l’hôpital de Mochudi, dont le décès est survenu à chaque fois un vendredi, dans le même lit...

Enfin, j'ai un petit faible pour toutes ces petites réflexions qui peuvent paraître mineures mais qui sont tellement vraies : « La façon dont une personne partageait un beignet commun représentait un test d'intégrité efficace. Quelqu'un de bien le ferait en deux parts égales. Un égoïste ou un sournois diviserait le beignet en deux morceaux, dont l'un plus gros, qu'il se réserverait. » (p. 53). J'y regarderai à deux fois maintenant !

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p. 39 «  Le pathologiste fait une autopsie et, de l'extérieur, le cœur a l'air en parfait état. Pourtant il est cassé à l'intérieur, à cause d'un chagrin. Parce que la personne est loin de chez elle, peut-être, et qu'elle pense ne jamais revoir sa famille et son bétail. Ce genre de chose peut briser un cœur... »

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 Participation au challenge des Do Douze thèmes organisé par A little bit dramatic : « un roman se déroulant en Afrique »

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Cette lecture m'a incitée à aller fouiner pour savoir si le dernier tome de la série Isabel Dalhousie était enfin sorti en traduction (il m'arrive de lire en anglais mais ça me prend beaucoup de temps et évidemment, mon niveau ne me permet pas de saisir les subtilités). Je l'ai acheté parce que je l'attendais depuis longtemps, faisant ainsi une petite entorse à mon challenge personnel (ne pas racheter de livre avant d'avoir lu les 36 que j'ai sélectionnés pour cette année). Je compte le lire très bientôt...

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