Irlande, années 50. La jeune Eilis suit des cours de comptabilité sans espoir de trouver un jour une place dans sa région natale. Sur les conseils de sa sœur aînée, Rose, elle se décide à embarquer pour New York où elle sera épaulée par un prêtre que Rose a rencontré au club de golf. C'est le début d'une nouvelle vie, où l'espoir et l'amour le disputent au dépaysement et à la solitude.

Brooklyn

 J'ai adoré ce récit intimiste qui, tout en inscrivant le parcours d'Eilis dans un contexte bien particulier, met l'accent sur la singularité de son destin et sur ses sentiments. Il y est question de mal du pays, du manque, des premiers émois amoureux.

C'est un roman fluide, dont les pages se tournent toutes seules. Des ellipses allègent le récit (l'arrivée à Brooklyn, l'installation à la pension sont évoqués par exemple mais pas racontés) qui se consacre de ce fait aux temps forts de l'action : les préparatifs, le voyage en bateau, le travail d'Eilis dans le grand magasin, le voyage en Irlande, etc. On s'attache vite à Eilis et à sa famille, notamment à Rose qui entoure sa sœur d'une sollicitude toute maternelle.

Le début de l'histoire dévoile avec réalisme le caractère étouffant d'une petite ville sans activité économique, où chacun est la proie des commérages d'une harpie. La seule opportunité qui s'offre aux jeunes femmes est le mariage. Aux Etats-Unis, Eilis découvre un mode de vie différent (les Américains par exemple, ne coupent pas le chauffage la nuit). L'offre d'emploi y est nettement supérieur et les promesses d'avenir plus souriantes. Eilis parviendra-t-elle à s'y adapter pour autant ?

C'est aussi l'apprentissage amoureux d'une jeune fille à peine sortie de l'adolescence et peut-être un peu immature de ce point de vue-là. Si vous l'avez lu, je ne sais pas ce que vous en pensez mais [on peut se demander si Eilis ne souffrira pas à l'avenir de son choix qui paraît plus subi(t) que réfléchi. On dirait une échappatoire plus qu'un mariage d'amour, même si Tony est  un gentil garçon plein d'attentions. Il me semble que cette incertitude est plus discrète dans le film].

Bref, un roman que je vous conseille fortement en ce mois de septembre américain !

 

 Chez Titine

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